‹ Notice sur les titres et travaux scientifiquesChapitre 1 sur 10 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Avant d’analyser mes diverses publications, je désire résumer en quelques pages les résultats principaux qu’elles renferment, en suivant l’ordre chronologique dans lequel elles ont été faites. Le lecteur aura ainsi une idée d’ensemble et pourra suivre la direction d’esprit de celui qui les a faites. Dans les premières, seul le côté théorique est pris en considération ; puis, dans les suivantes, les applications aux sciences biologiques sont examinées ; enfin, les dernières ont toutes pour but la solution pratique de questions de Médecine ou d’Hygiène. C’était bien toujours la méthode scientifique que je me proposais de suivre, mais c’était dans le but d’en déduire des règles utilisables pour combattre une maladie ou favoriser le développement normal de l’homme.

I. Dans une première série de recherches Sur la synthèse de quelques composés séléniés dans la série aromatique, j’ai étudié les analogies et les différences que le soufre et le sélénium présentent dans les composés qu’ils forment avec les produits aromatiques, et j’ai montré que les divergences entre les deux métalloïdes s’accentuent quand on passe de leurs dérivés minéraux aux composés organiques de la série grasse, et de ces derniers aux composés aromatiques que j’ai obtenus de synthèse.

Les résultats de mes expériences peuvent se résumer ainsi :

i° Le chlorure de sélénium chauffé à 200 °, en tube scellé, dans une

t des expériences pour ibstances solubles du

sang à la filtration à Eférentes fractions du

5° L’analyse chimique n’établit pas de différence caractéristique entre les néphrites chirurgicales et les autres.

6° L’état de rétention d’un rein impressionne le fonctionnement de l’autre rein.

f Les liquides de rétention rénale contiennent tous les principes de l’urine. L’albumine y existe en proportions très variables. L’urée s’y trouvé toujours en très petites quantités.

8° Il existe dans le sérum humain une substance albuminoïde non encore décrite et se rapprochant des peptones.

IV. Je passe sous silence quelques publications, dont on trouvera plus loin l’analyse rapide et dont l’étendue ou l’intérêt théorique ne sont pas assez grands pour qu’elles méritent d’être exposées dans une introduction. Telles sont mes recherches : sur la synthèse des fluosilicates d’alumine et de glucine cristallisés, sur le passage des graisses dans l’urine, sur la détermination de la nature des cristaux et des gaz qui prennent naissance dans les cultures du bacterium coli, etc.

V. J’ai publié une étude ayant pour titre : Sur la toxicité des acides lartriques stéréoisomères et sur une formule générale pour mesurer le pouvoir toxique des corps. L’idée m’est, en effet, venue de rechercher si les substances susceptibles d’exister sous plusieurs formes stéréoisomériques pouvaient présenter des toxicités différentes, selon qu’on les considérait sous une de ces formes ou sous

Je sais bien que de nombreuses déterminations des toxicités de substances isomères ont été faites, mais il ne s’agissait pas de substances stéréoisomériques, ou bien ce genre d’isomérie n’était pas nettement défini, et, en tous cas, les auteurs de ces travaux n’ont pas émis la pensée que ces équilibres chimiques très voisins ont un intérêt tout spécial dans ce genre d’expériences. On verra plus loin que les idées que j’ai émises sur les rapports de cette isomérie avec les phénomènes morbides ont bien un caractère de nouveauté, et, en m’adressant aux acides tartriques droit, gauche, racémique et inactif non dédoublable, j’étais certain d’opérer avec des corps connus à l’état de

pureté et représentant des types indiscutables de stéréoisomérie (').

Mes expériences ont été faites par le moyen d’injections de solutions aqueuses concentrées (5 et ± environ) pratiquées dans le péritoine des cobayes, et j’ai varié les conditions le plus possible.

Les vitesses des injections ont été toujours grandes et sensiblement constantes (i°° de solution en une minute environ) et l’on a pris les précautions d’asepsie nécessaires, sans toutefois stériliser les liquides par la chaleur, opération qui pouvait peut-être donner lieu à la formation d’hydrates différents de ceux qui se formaient à froid par l’action des acides tartriques sur l’eau.

Après la mort de chaque cobaye, je pratiquai l’autopsie afin de m’assurer que l’injection péritonéale avait été bien faite.

Lorsque, après avoir réuni une série de résultats, j’ai cherché à calculer quelle était la quantité de chaque acide qui était nécessaire pour tuer i k * de cobaye en une minute, j’ai obtenu des nombres qui étaient inversement proportionnels à la toxicité de chacun de ces composés.

En appelant donc æ,, æ a , ..., x a les toxicités dans chacun des n cas examinés, on peut représenter ces nombres par

Cette quantité - peut s’exprimer en fonction du poids p de substance toxique introduite, du poids P exprimé en grammes de l’animal et du temps T qu’il met à succomber. On peut écrire

La fonction /(T) peut être a priori complexe. J’ai admis, dans une première approximation, qu’on pouvait poser /(T) = T, et j’ai

J’ai fait la moyenne des nombres ~ relatifs à chaque acide et j’ai trouvé ^ f ^ ^

Pour l’acide inactif (para) æp .*' ô|oo6

Donc l’acide gauche est plus toxique que l’acide droit, qui est luimême plus toxique que l’acide racémique ; et l’acide inactif non dédoublable possède une toxicité voisine de celle du racémique et un peu plus faible encore.

On sait, depuis les mémorables travaux de M. Pasteur, datant de 1860 , que les spores de pénicillium, mêlées à une solution d’acide tartrique racémique, le dédoublent en acide droit qu’elles détruisent et en acide gauche qu’elles respectent, au moins pendant quelque temps. Il résulte de cela et de mes expériences qu’une solution peu toxique est devenue plus toxique sous l’influence de microrganismes, sans qu’il se soit produit de composé chimique d’une espèce nouvelle. Ce serait une intoxication sans toxine, si le phénomène se passait dans un organisme animal.

Ce qui revient à dire que l’effet d’un microbe pourrait être la cause d’une maladie, non pas en introduisant un poison nouveau dans le torrent circulatoire, mais en rendant toxique pour l’économie des substances qui ne le sont pas ordinairement, et cela sans 'changer leur nature chimique, mais simplement en modifiant l’orientation des atomes dans leur molécule. Au lieu d’une faible quantité d’une toxine très

état stéréoisomérique différent. L’expérience seule pouvait montrer ce. qu’il fallait en croire.

On se rappelle que le pouvoir rotatoire de la sérum-albumine d’exsudats pleurétiques humains a une valeur variable d’un individu à un autre, comme l’a établi Starke, en concluant de ses déterminations que ce pouvoir oscille entre — 62°, 6 et — 64 °,5g, ce qui peut être considéré comme un commencement de vérification des idées que j’âi énoncées. M. Bouchard m’a encouragé autrefois à faire des expériences qui me semblent démontrer de la manière la plus indiscutable que les substances albuminoïdes normales du sérum sanguin de l’homme malade peuvent avoir des pouvoirs rotatoires très différents les uns des autres. Je ferai tout de suite remarquer que les nombres que j’ai obtenus n’ont pas la valeur de mesures bien prises. L’opacité et la coloration du sérum sanguin rendent les déterminations polarimétriques très peu exactes. La faible quantité de sang sur laquelle je devais opérer rend également le dosage de la matière albuminoïde coagulable peu satisfaisant. Ces expériences n’ont de valeur que parce que les grandes variations dans les nombres trouvés sont toutefois très supérieures aux inexactitudes d’expériences.

Si l’on admet, en effet, que le pouvoir rotatoire du sérum soit principalement dû à la matière albuminoïde coagulable par la chaleur qu’il renferme, on aura la valeur relative des pouvoirs rotatoires dus à cette matière dans chacun des cas examinés en divisant la déviation observée par la quantité de cette substance contenue dans l’unité de volume de ces sérums.

J’ai obtenu ainsi des nombres très différents, que je n’ose pas encore citer, craignant d’être victime de quelque imperfection expérimentale ; mais je puis dire qu’ils vérifient par leurs grandes différences les idées qui m’ont fait entreprendre ces recherches. Elles ont porté sur les pouvoirs rotatoires du sérum de personnes atteintes de tuberculose, de pneumonie, d’insuffisance aortique et de néphrite albumineuse.

On voit donc que la différence delà toxicité de ces sérums peut bien avoir pour cause les changements moléculaires survenus dans les substances albuminoïdes qu’ils renferment, changements dont nous avons la preuve par l’examen des propriétés optiques. Nous avons démontré

d’une manière rigoureuse qu’aux changements optiques correspondaient des différences dans la toxicité d’un même composé ; le bien-fondé de mes hypothèses est donc établi.

VI. J’ai publié Un livre intitulé : Les phénomènes chimiques de l’ossification. Dans ce Volume, qui faisait suite à un Mémoire paru dans les Annales de Chimie et de Physique sous le titre de Transformations chimiques de la substance fondamentale du cartilage pendant Vossification, j’ai étudié d’une manière aussi complète que possible la suite des ac tes chimiques qui accompagnent la formation des os. Au point de vue physiologique, j’ai proposé une méthode destinée à servir de guide dans la recherche des phénomènes chimiques de l’histogénèse. Elle consiste à comparer la composition chimique de deux substances qui dans l’évolution des tissus se substituent l’une à l’autre. Les différences constatées entre ces substances représentent les apports et les pertes des éléments qui les constituent. L’interprétation de ces différences transformées en groupements chimiques connus peut conduire à découvrir les lois de la métamorphose des tissus. Appliquée â l’étude des phénomènes chimiques de l’évolution, cette méthode m’a Dp onné des résultats intéressants que l’on peut résumer en quelques lignes : i°La transformation de la substance fondamentale du cartilage én substance fondamentale osseuse correspond à des réactions chimiques dont les principales sont les suivantes : unè substitution du groupe AzH 2 à OH et une oxydation; j’ai montré que cette métamorphose peut s’accomplir sous l’influence de l’ammoniaque ou des sels ammoniacaux, en milieu alcalin, agissant sur cette substance, et cette réaction ne peut pas se faire dans un milieu rendu acide par l’acide lactique ; 2" Cette substitution, réalisable au laboratoire par l’action des sels ammoniacaux sur la chondrine, paraît se faire dans l’organisme par l’intermédiaire de l’urée, facilement transformable dans les cellules en sels ammoniacaux, dont elle peut être, à la fois, le générateur et le produit. Ces faits, tous démontrés par des expériences de Chimie et de ' Physiologie, m’ont amené à conclure que l’ossification était favorisée surtout par la production intra-organique de l’urée charriée par le sang. J’ai constaté sur de jeunes chiens que la croissance des os longs était

présence de ces composés dans les os ostéomalaciques. Enfin, on sait que, dans ces os, une grande partie de la chaux est remplacée par la magnésie. Cela se comprend si l’on réfléchit que la fixation de l’acide carbonique par la lécithine, qui a pour effet dans le cas normal de précipiter les sels de chaux et pas ceux de magnésie, ne peut plus sc faire en milieu acide, etqu’alors les sels de chaux et de magnésie se trouvent dans des conditions analogues de'solubilité ou d’insolubilité.

Ces considérations et ces faits paraissent établir l’influence du premier ordre des globules de sang et de la teneur en urée de ce liquide dans les actes chimiques de l’ossification, et nous font comprendre pourquoi, dans les maladies par ralentissement de la nutrition, le squelette est si souvent menacé. Ils apportent; d’une manière plus générale, une contribution à l’étude de la fixation du phosphore sur les éléments anatomiques, puisqu’ils montrent que ce n’est pas le phosphore des phosphates qui se dépose sans l’aide des composés organiques phosphorés, mais que c’est le phosphore organique qui précipite le phosphore minéral.

Je me suis demandé si, dans la -sclérose des vaisseaux, le processus d’envahissement de la substance organique par la substance minérale n’est pas analogue.

Ce travail me paraît présenter, en Biologie générale, un double intérêt. Il montre, en effet, que la transformation du cartilage en os .ne tient pas à l’effet de forces plus ou moins mystérieuses qui obligeraient en quelque sorte .le cartilage à Subir cette métamorphose, puisque deux séries de faits dont la réalité chimique paraît bien démontrée suffisent à expliquer la genèse du tissu osseux. Il montre aussi qu’il y a une raison accessible à l’expérience qui fait comprendre pourquoi un cartilage est ossifiable et pourquoi Un autre ne l’est pas; c’èst là un fait tout à fait nouveau. Ce sont les principales remarques que l’on peut faire à propos de ce travail. J’attirerai cependant l’attention sur les conséquences que j’ai exposées relativement à la patbogénie- des maladies des os, et sur les applications

cystine que j’ai exposés dans deux Mémoires -réunis ensuite en une brochure ayant pour titre : Sur la cystine, d’après les expériences de synthèse que j’ai entreprises et les observations que j’ai faites sur les calculs et les urines des cystinuriques qui sont relatés dans cette publication, j’ai cru pouvoir tirer les conclusions suivantes :

i° Le procédé de Lassaigne pour retirer la cystine dés calculs ést bon; il n’altère pas sensiblement ce composé et permet de l’obtenir en totalité.

La formule proposée par Baumann est conforme aux résultats de l’analyse de divers échantillons de cystine pure; elle est déplus fondée sur des réactions bien étudiées. On peut donc la considérer comme définitive-, et regarder la cystine comme le produit de la combinaison de deux molécules de cystéine unies par perte d’eau par le fait d’une oxydation.

La cystéine est l’acide amino. 2-propane-thiol. 2-oïque ou acide a-amiddthiolactique.

On peut obtenir de synthèse un produit possédant, comme la cystine, un atome de carbone lié à la fois à un groupe sulfuré, à un reste d’ammoniaque et à un groupe hydrocarboné. Ainsi j’ai obtenu par l’action de l’hydrogène sulfuré, sur l’aldéhyde-ammoniaque, en présence de l'éther, un produit dont la formule développée est la sui-

sulfuré, et le produit de le la production de la cy in acide amidé qui s< H 2 CO* H.

lation pancréatique de 1:

les pressions osmotiques des milieux étaient entre elles comme 1 esta 10.

X. En plus des travaux précités, qui sont de nature à la fois théorique et expérimentale, j’ai fait un certain nombre de publications qui sont de simples monographies ou des analyses d’Ouvrages scientifiques. C’est ainsi que j’ai fait une conférence au Laboratoire de Chimie organique de la Faculté des Sciences sur les Relations entre la composition chimique et les tensions superficielles des corps, qui a été publiée depuis. J’ai aussi, comme collaborateur au second Supplément du Dictionnaire de Chimie de Würtz, publié quelques monographies.

Enfin, j’ai été appelé à faire partie, comme collaborateur, de diverses publications scientifiques importantes, dont je citerai seulement celle dont l’intérêt scientifique est le plus général : VAnnée biologiq ue.

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