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L'ÉLECTROLYSE

Les recherches que j’ai failes sur l’électrolyse ont été publiées dans :

Contribution à l’étude de rÉiectrophysiologie.

Thèse de doctoral en médecine, 1889.

Électrolyse des muscles. — Société de Biol, 28 mars 1896.

Polarisation et Entrainement.

Soc. de Biol, 20 juin 1896 et Société de Phijsique, 5 juillet 1896.

Électrolyse des tissus vivants. — Arch. d'Êlectricité médicale, 1897.

La diminuuon rapide de la hauteur des secousses d’un muscle, quand ces secousses sont provoquées par la fermeture d’un courant continu les traversant, fut le point de départ de mes recherches sur l’électrolyse interpolaire. Au premier abord, il semblait simplement que le muscle se fatiguait. Mais cette fatigue était d’une nature très particulière. En effet, quand un muscle est relié .à un myographe, que l’on pratique l’excitation comme il vient d’être dit, et que la hauteur de la'secousse a notablement baissé, si l'on inverse le sens du courant excitateur, on voit la hauteur de la secousse remonter à sa valeur primitive, si toutefois l’action première n’a pas été trop prolongée.

Ce phénomène est connu sous le nom d’alternatives voltianes, mais les auteurs qui le citaient ne savaient à quoi l’attribuer, et le considéraient comme un exemple remarquable de variations de l’excitabilité.

Je multipliai mes expériences sur ces prétendues variations de l’excita-

bilité et sur la fatigue apparente du muscle, et bientôt j’établis deux faits fondamentaux.

1. Si la hauteur de la secousse est tombée à la suite d’excitations électriques produites par la fermeture d un courant continu traversant toujours le muscle dans le même sens, on peut attendre plusieurs heures sans voir cetle fatigue apparente se réparer. Il n’en est pas de même si le muscle a été épuisé à la suite de secousses provoquées par des excitations alternées.

2. Si l’on fait passer dans le muscle un courant assez faible pour ne pas provoquer de secousse, et qu’on l’explore de temps en temps, la hauteur de la secousse que ce muscle est capable de donner diminue peu à peu. Un opérant sur un amm.al vivant, après un ou deux jours de repos, le muscle ne s'est pas réparé.

Si au lieu d’attendre un ou deux jours, on laisse vivre l’animal surlequel on a expérimenté, non seulement le muscle ne recouvre pas ses propriétés premières, mais il s’atrophie de plus en plus.

Dans le mémoire que j’ai publié en 1897 dans les Archives d’éleetrüité médicale, je donne un dessin à la chambre claire de la coupe en travers du gastrocnémien normal d’une srrenouille rousse, et comparativement la coupe du même muscle du côté opposé du corps, lequel avait été soumis quatre-vingts jours auparavant pendant quatre minutes à un courant de quatre milliampères. On voit sur ces coupes que la section du muscle clectrolysé s’est réduite au moins de moitié, cette atrophie me donna l’idée de suivrè au microscope les modifications du muscle accompagnant l’action du courant continu.

Si, quelques jours après une éleclrolyse analogue à celle que je viens de citer, on fixe le muscle par du bichromate de potasse par exemple, et que l’on fasse des préparations histologiques, on constate que le tissu conjonctif est gonflé, contenant beaucoup de noyaux ; au milieu de fibres d’apparence normale d’autres ont perdu leur situation. Dans la suite, on voit ces mêmes libres présenter un aspect d’abord finement granuleux, puis se fragmenter et disparaître peu à peu. Bref le muscle s’altère sur tout le trajet du passage du courant. Sur un cobaye l’action fut tellement intense,” après

sur des coupes convenablement faites, l’étendue de la région altérée au voisinage de l’aiguille, on constate que le résultat est très sensiblement le même pour une même quantité d’électricité débitée, quelle que soit l’intensité du courant et la durée’de l’action.

Mais il n’en est plus ainsi pour l’électrolyse interpolaire. Ici les effets croissent très rapidement avec l’intensite du courant. Un cour.nnt très faible peut être applique impunément pendant un temps fort long sans donner lieu à des altérations graves dans le trajet interpolaire; mois à mesure que l’intensité s’élève, on a beau réduire le temps de façon à faire agir la même quantité d’électricité, la gravité des lésions va en croissant. Cela explique pourquoi, avec des courants très intenses comme ceux que l’on rencontre dans l’industrie, il suffit d’un contact très court, ne donnant lieu qu’au passage d une quantité d’électricité en apparence tolérable, pour produire des accideuts redoutables, comme ceux que nous trouvons dans la tbèse de M. de Oliveira Néry.

Celte électrolyse en dehors des points d’application des électrodes peut s’expliquer par le fait que le muscle n’est pas un conducteur bomogene. et l’on peut montrer sur un schéma que, dans ce cas, le courant donne lieu à des modifications au point de contact de deux liquides ou masses gélatineuses n’ayant pas la même constitution chimique.

Prenons un tube en U. au fond duquel nous versons de la gélatine fondue dans de l’eau et colorée par du tournesol. Quand la prise est faite, versons encore dans chaque branche la meme solution a laquelle nous aurons ajouté un peu de chlorure de sodium. Puis faisons passer un courant, une électrode en platine se trouvant dans la branche de droite, l’autre dans la branche de gauche. Aussitôt, on verra le tournesol virer au rouge à l’électrode positive et au bleu à l’électrode négative, mais en plus, ce même phénomène se produira à la surface de séparation de la gélatine salée et de la gélatine non salée. Le bleu apparaît au point de passage du courant de la gélatine salée à la gélatine non salée, le rouge à l’autre surface de séparation.

' Quand on décompose une solution par le courant, on observe le phénomène bien connu de la polarisation des électrodes, due à la mise en

liberté à la surface de ces électrodes des produits de décomposition. Cette polarisation se manifeste par une force électromotrice de sens inverse à celle qui produit le courant. Je me demandai si les effets que j’avais observés dans l’électrolyse interpolaire étaient aussi accompagnés d’une polarisation, ce qui établirait bien leur analogie avec les effets chimiques qui se'passent aux électrodes. Divers auteurs, du Bois Reymond, entre autres avaient déjà cherché celte polarisation sans la trouver. Après

JK N-

avoir essaye différents procédés d’exploration, je m’arrêtai à une méthode imaginée par Chaperon et que je modifiai convenablement.

la figure 2, montre comment l’expérience doit être disposée. Deux cristallisoirs A, B, contiennent de l’eau salée

critallisoirs, on y fait passer le courant fourni par une pile P. Le galvanomètre G donne l’intensité du courant. Abaissons la clef C, le courant est rompu. L’objet électrolysé se trouve maintenant dans le circuit

de charge d’un condensateur K. M et N étant des électrodes impolarisables, le condensateur prendra une charge proportionnelle à la force électro¬

motrice de polarisation des tissus. Au besoin, on donnera quatre ou cinq petits coups sur la clef C pour charger le condensateur K à refus. Ceci fait, on laisse remonter la clef C et on presse sur C', le condensateur se

déchargé à Iraveis un galvanomètie balistique G', dont l’élongation est proportionnelle à la force électro-motrice de polarisation cherchée. On peut donc facilement evaluci la polarisation d’un tissu traversé par un cou-

rant d’intensilé connue, el cela en dehors de ce qui se passe aux électrodes.

Je trouvai ainsi que les muscles se polarisent sur tout le trajet du courant, celte polarisation étant, pour une même intensité proportionnelle, à la longueur du muscle. Elle diminue quand la section du muscle augmente. Ce tissu se comporte donc comme s’il était composé de petites particules se polarisant et formant de petits accumulateurs disposés en séries de

Au cours des mêmes recherches, désirant étudier les divers phénomènes que peut produire le courant continu en passant è travers l’organisme, je vis que des courants extrêmement faibles donnaient lieu à des entraînements de matière faciles à mettre en évidence. Je m’adressai pour cela aux couleuis d’amlinc dont on suit facilement la trace. Je coulai de la gélatine dans un tube en U, et j imprégnai un anneau de cette gélatine avec diverses matières colorantes. Un courant de 1/25 de milliampère, passant dans un tube de un centimètre carré de section, suffisait pour donner lieu à un entraînement de la matière colorante de 6-7 centimètres par jour. Mais ce qui fut surtout remarquable, c’est que les couleurs basiques comme le bleu de méthylène, la vésuvine, le violet de Paris, etc., se déplaçaient dans le sens du courant, allant du pôle positif vers le pôle négatif, tandis que les couleurs acides, l’orangé, la fuchsine, l’éosine, allaient en remontant le courant du pôle négatif vers le pôle positif.

Sur une expérience de L. Hermann. — Soc. de Biol, 19 fiSv. 1898.

Si l’on place un petit nerf dans de l’eau distillée et que l’on fasse passer un courant dans le liquide, dans le sens de la longueur du nerf, on voit le bout du nerf tourné vers l’anode se gonfler et les cylindre-axes se développer comme les tentacules d’une actinie qui s’ouvre. Le renversement du courant produit le mouvement inverse. Ce phénomène ne se passe pas dans l’eau salée, et Hermann en cherche la cause. 11 s’agit ici d’électrolyse interpolaire se produisant à la surface de séparation du nerf et de l’eau distillée. Si l’on prend de l’eau salée, le courant passe mal par le nerf plus résistant que le milieu dans lequel il est plongé.

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