OPTIQUE PHYSIOLOGIQUE
Pouvoir séparateur de l'oeil. — So
Élude e.\perimeiilale des diverses causes qui limitent le pouvoir sepiiraleur de rœil et comparaison des diverses radiations lumineuses à cet
L'ombre pupillaire.
Ikoue yeuémle <i« Sciences puces et appliquées, 1891, Société de Physuiue, Ei juin 1891.
La démonstration que j ai donnée en 1891 du phénomène de l’ombre pupillaire est celle qui est adoptée aujourd’hui dans tous les ouvrages qui ont traité cette question.
Pour appuyer ma démonstration théorique sur des preuves expérimentales, j’ai fait deux sortes d’expériences.
En premier lieu, au lieu de me servir d’un ophtalmoscope percé d’un trou, que l’on fait osciller pour voir apparaître l’ombre pupillaire, j’ai monté dans un support un miroir dont j’avais gratté l’argenture sur une petite bande horizontale. Dès lors, observant l’œil d’un sujet, et déplaçant le mien le long de la fente du miroir, j’ai pu vérifier que le laisceau lumineux sorlant de l’œil observé a bien la constitution que lui assignait ma théorie. Je pouvais ensuite par gradation déplacer angulairement le miroii’ et faire de nouvelles observations, en un mot, suivre dans une expérience ce que la théorie sur le papier me faisait prévoir.
En second lieu, j’ai fait un grand œil artificiel représentant l’œil observé auquel je pouvais à volonté conférer l’emmétvopie, la myopie et l’hypermétropie. L’œil observateur était représenté par un système optique, le l.ableaii de projection figurant la retiiie de cet observateur. Enlin. un
Amplitude d’accommodation. — Annales il'oadktique, i89ô.
Quand l’œil, que nous supposerons emmétrope, pour simplifier, regarde un objet rapproché, il aceommode, c’est-à-dire qu’il augmente de puissance. On peut pratiquement remplacer cette accommodation par un artifice, consistant à ajouter devant l’œil une lentille convergente. On a l’habitude de désigner la valeur de l’accommodation parla puissance de la lentille convergente produisant le même elîel, au point de vue de la vision nette des objets.
Mais l’effet de cette lentille varie avec la position qu’on lui assigne devant l’œil, et par suite, pour produire un même effet, on devra employer une lentille de puissance différente suivant l’endroit où on la suppose placée.
Or, avec les diverses positions que l’on a proposé d’adopter, et en admettant 1 ancienne définition de la puissance des systèmes optiques, on était amené à un résultat singulier: la lentille,pouvant remplacer l’accommodation et seivant à l’évaluer en dioptries, n avait pas une puissance égale à l’augmentation depuissancede l’œil.Cela eslévidemment irratronnel, et dire que l’œil fait une accommodation de 10 dioptries devrait signifier que sa puissance augmente de 10 dioptries.
Ce n’est qu’avec la définition de la puissance que j’ai donnée, et avec les règles que j’ai proposées, que celte condition est satisfaite. Ainsi, si un œil emmétrope veut regarder à 0'”,10 en avant de son plan principal, il faut que la puissance de l’œil, évaluée avec ma définition, croisse de 10 dioptries; et une lentille idéale placée au plan principal, ayant 10 dioptries, produirait le même effet; elle donnerait la vision nette en augmentant de 10 dioptries la puissance du système optique.
Avec toutes les autres méthodes ce résultat simple et rationnel n’est pas obtenu. Ainsi, pour citer un exemple frappant, si l’on évalue l’accommodation par le procécé le plus répandu, c’est-à-dire en lui attribuant comme valeur la puissance de la lentille, qui, placée au foyer antérieur de l’œil, donne la vision nette, la puissance de celte lentille n’est nullement égale
lepre ente ce que l’œil a en excès ou ce qui lui manque, et ramène la puissance de l’œil à sa valeur normale d’œil emmétrope.
Mesure de la puissance des systèmes centrés.
Si l’on place au foyer d’un système optique un objet de grandeur C, l’image de cet objet sera à l’infini et son diamètre apparent sera-y.-
Si l’on regarde cette image avec une lunette réglée sur l’infini, la grandeur de l’image se formant au plan focal de l’objectif de la lunette sera proportionnelle à j , c’est-à-dire, si C est constant, proportionnelle à la puissance du système optique étudié.
J’ai installé un appareil basé sur ce principe et permettant par une simple lecture de connaître immédiatement la puissance d’un système optique. Une lunette est réglée sur l’infini; on place devant son objectif le système optique dont on veut mesurer la puissance ; au delà de ce système optique se trouve un objet linéaire, perpendiculaire à l’axe de visée, que l’on rapproche ou éloigne jusqu’au moment où l’image vue à travers la lunette est nette. A ce moment l’objet est au foyer-du système étudié; on lit la grandeur de l’image sur une échelle divisée se trouvant dans le plan focal de l’objectif de la lunette, que l’on observe à travers l’oculaire. Le chiffre lu donne la puissance, si l’appareil a été étalonné au préalable.
Si la dimension de l’objet d’épreuve est une division décimale du mètre, ainsi que la distance focale de l’objectif de la lunette, et si l’échelle est graduée en fractions décimales du mètre, la lecture se fait immédiatement en dioptries; il suffit de bien placer la virgule dans le nombre lu.
Celte méthode est très précise et très rapide, elle s’applique en particulier avec avantage aux systèmes à petite distance focale, par suite très puissants, comme les objectifs microscopiques. J’ai fait construire dans ce but un petit modèle de mon appareil, pouvant se mettre à la place d’un oculaire de microscope, et permettant ainsi de déterminer rapidement la
puissance d’un de ces oculaires. Dans ce modèle, au lieu de lire la puissance sur une division, on amène un réticule, successivement aux deux extrémités de l’image, .è l’aide d’une vis micrométrique, et on lit la puissance sur un petit tambour gradué.
Mesure des indices de réfraction. — Journal de Phymiue, 1897.
Ma méthode de mesure des puissances peut servir à la détermination rapide des indices de réfraction des liquides. Pour cela j’ai fait construire une petite cuve formée par deux lentilles plan convexes, dont la convexité est tournée vers l’interieur de la petite cuve, les cotes plans formant l’extérieur et étant parallèles entre eux. Si I on place une goutte du liquide à étudier entre les deux lentilles et que l’on mesure la puissance du système, il est aisé de voir que celte puissance est donnée pai¬
re étant l’indice cherche. » celui des lentilles. Il, R' les rayons de courbure des faces internes de ces lentilles.
On tire de là
n' —n = Aj).
C’est-à-dire que connaissant k, on a par une simple lecture l’excès de l’indice des lentilles sur celui du liquide, si on connaît l’un d’eiitre eux on a l’autre. .4. se détermine une fois pour toutes en faisant une mesure sur l’eau distillée dont on connaît l’indice. Ce procédé est très propre aux mesures d’indices des liquides dont on ne peut avoir qu’une faible quantité, par exemple des liquides de l’œil : une petite goutte suffit. .
Si l’on voulait faire des déterminations sur des liquides à indice supérieur à celui du verre, ce qui est rare, il faudrait faire faire une petite cuve spéciale avec des lentilles plan concaves.
C’est pour ces raisons qu’un sujet astigmate est surtout frappé par le manque de netteté des images qui se forment sur sa rétine, tandis que si l’on regarde les images se formant par réflexion sur sa cornée elles paraissent nettes mais déformées.
Sur l’aberration de sphéricité de l’œil.
Comptes rendus de l'Âcadémie des Sciences, 16 janvier 1902.
J’ai dit dans la première partie de l’exposé en quoi consistait mon observation et quelle était l’explication que j’en avais donnée.