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CROISIÈRE DE

La campagne de 1914 devait comprendre une première croisière dans le golfe de Gascogne, continuant et complétant la précédente, et une seconde dans le détroit de Denmark entre l’Islande et le Groenland, considéré comme particulièrement intéressant pour les biologistes.

La guerre nous surprit au retour de la première croisière.

Comme celle de 1913 cette croisière consista en une série de lacets partant de la côte et rejoignant les limites du plateau continental.

25 stations océanographiques et biologiques furent effectuées dans un relativement court espace.de temps portant ainsi à 112 les stations du Pourquoi pas? depuis 1912.

nts d’après les circonsta en 1919, et qui fonctior ; compétentes découlent i

capables d’employer tous les engins dont se servent nos pêcheurs. Ces types existent à l’étranger et je ne ferai que signaler le Goldseeker et le Michael Sars'.

« Je ferai remarquer également que bien des recherches pourraient être pratiquées à fort peu de frais à proximité des côtes en se servant des bateaux locaux ou avec les petits navires que possèdent déjà nos laboratoires maritimes. Bien des armateurs de grande pêche, comme j’ai déjà eu l’occasion de le signaler dans le récit actuel de nos campagnes, mettraient volontiers de temps à autre leurs navires à la disposition des biologistes. Enfin, nos savants « attachés » gagneraient beaucoup à aller s’instruire chez les étrangers dont les savants ne sont pas supérieurs aux nôtres mais qui, depuis des années, travaillent dans une voie que nous avons totalement délaissée.

« Mais l’emploi de bateaux locaux, l’embarquement momentané sur des navires de pêche hauturière, s’ils constituent des moyens utiles et même indispensables ne sont pas suffisants; deux navires de recherche spéciaux, je le répète, du type chalutier de préférence sont au moins nécessaires, l’un pour la

remployait

terre qui me fit construire en six semainés, suivant en partie mes plans, un croiseur auxiliaire d’un type nouveau. Ce navire avec la série qui lui succéda fut le premier de ceux', si nombreux dans la suite, que l’on construisit spécialement pour la chasse, aux sous-marins. (Qualités giratoires remarquables, étrave coupante, écouteurs* armement sérieux, vitesse, etc.) J’en reçus le commandement avec, le grade de lieutenant de vaisseau; j’eus comme second mon ancien- du Pourquoi pas? M. Fleuriais, et sous mes ordres un équipage franco-anglais dé volontaires, éont sur la demande de l’Amirauté faisaient partie tous lés hommes que j’avais pu retrouver ayant été embarqués dans

Les années de guerre que j’ai pu ainsi passer dans cette Marine où mon premier chef fut l’amiral Fournier en 1898, pendant une période où une guerre navale semblait imminente, m’ont permis, d’entrer en relation plus étroite avec des officiers supérieurs et généraux qui regrettaient, eux aussi, que les vieilles traditions scientifiques de la Marine aient été délaissées et auxquels il me fut facile de faire partager mes idées après leur avoir exposé mes projets.

Je fus promu capitaine de corvette de réserve.

ORGANISATION NOUVELLE LIAISON ENTRE LA MARINE ET L’INSTRUCTION PUBLIQUE

Ainsi qu’il a été dit précédemment, les croisières jusqu’en 1914 avaient été assurées par des subventions diverses péniblement réunies en s’adressant à différents Services et Ministères et par d’importants apports personnels. Depuis la guerre l’armement dans ces conditions, par suite de l’élévation formbdable du prix de toutes choses et des gages attribués aux équipages de commerce,

Je persiste, en effet, à considérer que la Marine a tout avantage à reprendre les traditions de son passé scientifique et que nombreux sont les officiers possédant les qualités et les connaissances nécessaires pour exploiter le vaste champ que leur offre l’océanographie. Les bénéfices qu’en tirerait la Marine ne seraient pas limités à sa large contribution au progrès de la Science française, car ces études auraient en outre une véritable valeur, non seulement au point de vue de la navigation, mais encore comme importance militaire.

Les Allemands dans leur préparation si méthodique et si minutieuse de la guerre, faisaient une large part à l’océanographie, qui n’est pas uniquement une science biologique, mais également l’étude de la physique du globe, et appliquaient les connaissances ainsi acquises à la pratique militaire. J’ai pu m’en rendre compte par moi-même en visitant le Deutsche Zeewarte de Hambourg, et j’ai pu également me rendre compte que des divisions de cette nation, après les avoir étudiées, effectuaient des tirs dans les mers entre l’Islande et le Nord de l’Écosse, notamment autour des Feroë où ils supposaient qu’ils auraient à combattre. Il est utile également de rappeler que le professeur allemand Hergesell trouva intérêt à s’immiscer dans les croisières océanographiques de S. A. S. le Prince de Monaco et que pendant la guerre il joua un

anglaise, leur rendraient aussi les plus grands services. Les pêcheurs français rencontrés dans l’Atlantique, dans la mer du Nord et en Islande ont bien à bord pour satisfaire aux exigences du règlement des cartes françaises, mais ils les conservent soigneusement roulées et n’utilisent que les cartes de pêche anglaises.

« C’est un fait qui paraîtra extraordinaire, mais jusqu’à présent, malgré le nombre considérable de nos navires, tant à voile qu’à vapeur, qui se rendent

tence indiscutée, il suffit de quelques heures pour qu’elle soit favorablement résolue alors qu’administrativement la question était pendante depuis des années. Un accord fut conclu avec l’Oifice scientifique et technique des Pêches et dans quelques semaines paraîtront les cartes de pêche de la mer du Nord en deux feuilles publiées sur mes indications et qui pouvant servir à la navigation, remplaceront avantageusement les cartes similaires étrangères qui étaient utilisées par nos pêcheurs.

Enfin le Service Hydrographique a déjà fait paraître la carte routière sur une seule feuille permettant à nos nationaux de se rendre en Islande, dont j’avais signalé la nécessité. Une carte routière inspirée du même principe comprendra sur la même feuille les cartes de France et toutes nos colonies de la côte occidentale d’Afrique.

Une série d’autres questions intéressant l’océanographie sont à l’étude, soit en liaison avec d’autres Services, soit isolément et j’expérimente notamment différents appareils.que j’ai imaginés, économiques à construire et d’un maniement très simple, destinés à permettre à nos pêcheurs de prendre des températures et des échantillons d’eau aux différentes profondeurs.

, Je cherche d’autre part, à intéresser les commandants de navires de l’État à l’océanographie et l’Académie des Sciences (Fondation Loutreuil) a bien voulu m’allouer le 22 octobre 1921 une subvention pour l’achat d’instruments à placer sur des navires de la marine en vue de recherches océanographiques.

Le laboratoire maritime constitué par le Pourquoi pas? se trouve donc maintenant à cheval sur le Service Hydrographique et le Muséum, établissant ainsi la plus heureuse et la plus profitable des liaisons entre la Marine et l’Instruction publique. Non seulement je puis consacrer à l’étude le temps que je perdais entre chaque croisière à chercher les subventions nécessaires pour assurer la suivante, mais les travaux accomplis à bord, qu’il s’agisse d’océanographie physique ou d’océanographie biologique, ont la certitude d’être mis en valeur avec toute la compétence voulue.

J’ai établi également la liaison officielle avec l’Office scientifique et technique des pêches et comme depuis 1920 cette institution est à même d’exécuter des croisières pour son propre compte sur des bâtiments qui lui sont affectés, comme la Marine sur des rapports favorables que je lui ai présentés, fait exécuter par une canonnière de la flotille de Brest les observations régulières exigées par la Commission Internationale, le Pourquoi pas? tout en participant aux missions de l’Office, se trouve plus dégagé et dans de meilleures conditions pour poursuivre des recherches de science pure.

appareils délaissés depuis 1914. Le prix excessif de toutes choses, notamment du charbon et des matières consommables, obligeaient à agir avec la plus stricte des économies.

J’étais le seul officier à bord, mais j’avais un excellent Maître Principal Pilote pour me seconder. M. Hovasse, biologiste distingué, embarqua pour la première partie de la croisière. Sur la demande de M. le Professeur Gruvel, directeur du Laboratoire Colonial de l’École des Hautes-Études, deux de ses élèves qui doivent aller faire des recherches scientifiques sur la côte occiden-

opérations habituelles et de manier eux-mêmes les instruments.

La première période de croisière consista comme lors des croisières des années d’avant la guerre dans le golfe de Gascogne, en une série de lacets à la pointe tournée vers le large jusqu’à la limite du plateau continental, comblant les lacunes des croisières précédentes. La carte ci-jointe (p. 66) montrera avec quel soin et quelle persévérance le golfe de Gascogne a été étudié par nous et les résultats que l’on peut espérer tirer de ces observations.

Dans le court espace de temps consacré à cette croisière, malgré le mauvais temps et la défectuosité des appareils, onze stations océanographiques avec dragages ont été effectuées, ainsi que seize stations de plankton avec filets verticaux et dérivants, sans compter des prises de jour comme de nuit avec les fdets de surface en cours de navigation et des recherches faites pendant les escales à la laisse de basse mer.

me tentait depuis longtemps, dans le golfe Normanno-Breton. Elle fut pour- • suivie avec succès en 1921.

1921. Les deux croisières de 1921 compteront je crois parmi les plus intéressantes et les plus productives. Les leçons tirées de l’expérience de l’année précédente n’avaient pas été perdues et nous pûmes cette fois profiter largement des excellentes conditions de l’armement. De plus la campagne, toujours grâce à cette organisation nouvelle, avait pu être longuement et minutieusement préparée, ce qui est lin facteur indispensable et un gage de succès.

La première croisière consista en ce que l’on a bien voulu appeler l’Expédition de Rockall. A environ 450 kilomètres de toute terre, en plein Atlantique, à peu près au milieu d’une ligne qui joindrait le Nord de l’Irlande à l’Ouest de l’Islande, sur le passage des cyclones, dans une des régions du globe où la mer est le plus tourmentée, se dresse le récif de Rockall. Il a 21 mètres de hauteur et sa circonférence est d’environ 100 mètres.

En 1810, puis en 1863, avec de grandes difficultés, deux marins de navires de guerre britanniques prirent pied sur Rockall et en - détachèrent quelques morceaux de roc comme souvenirs. En 1887 deux pêcheurs Feroëns auraient

Lacroix environ 80 kilog. d’échantillons recueillis dans deux débarquements effectués à quelques jours d’intervalle.

Les prévisions du Professeur A. Lacroix sur l’intérêt se rattachant à semblable récolte n’ont pas été déçues et ce savant, peu de jours après notre retour a communiqué à l’Académie des Sciences les premiers résultats de son examen

Des algues qui avec les nombreux oiseaux sont les seules choses vivant sur Rockall, furent recueillies et sont actuellement à l’étude dans le laboratoire du Professeur Mangin. De nombreuses photographies et de beaux dessins et aquarelles furent également rapportés.

maritimes très originale et que j’ai créée de toutes pièces pour étendre l’eflort scientifique de notre pays sur mer.

Le Pourquoi pas? en dehors de son activité et de ses succès scientifiques récents, toujours sous mon commandement, reste avec le petit trois-mâts qui le précéda dans l’Antarctique, le premier et le seul navire français à avoir accompli des expéditions polaires de longue haleine avec hivernage dans les glaces et également le seul à avoir franchi les deux cercles polaires (fig. 17).

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