EN HÉMOGLOBINE
Nous avons pratiqué des lésions des différentes parties du Système nerveux chez le chien et nous avons dosé l’hémoglobine des muscles correspondants par rapport à celle des mêmes musclés sains.
Section du nerf mixte. — Un mois après section du nerf sciatique le triceps sural du côté de la section comparé à celui du côté sain pèse 1/3
Cinq jours après la section on ne remarque pas de différence notable ni dans la teneur des deux muscles en hémoglobine, ni dans le poids de
Quinze jours après la section du sciatique, le muscle du côté sectionné donne 1/3 en moins d’hémoglobine à poids égal què celui du côté sain. Le poids absolu de ce dernier est seulement de 1/9 supérieur au premier.
Section des racines antérieures. — Cette section a porté sur trois racines antérieures après ouverture du canal rachidien sur une grande étendue. L’animal a été sacrifié quinze jours apres 1 opération, les muscles du côié opéré contenaient 2/S en moins d’hémoglobine que les muscles du côté opposé.
Section des racines postérieures d’un côté entre le ganglion et la périphérie. — Les muscles des deux côtés examinés comparativement ne présentaient pas une teneur en hémoglobine différente.
Hémisection de la moelle. — Le triceps sural du côté opéré pesait moins lourd que celui du côté sain, mais la teneur de ces deux muscles en hémoglobine était (à poids égal) sensiblement identique.
Nous avons remarqué chez les animaux sur lesquels nous avons pratiqué des opérations sur le rachis que d’une façon générale les muscles, aussi bien 'du côté sain que du côté de la lésion, contenaient moins d’hémoglobine que les muscles d’un animal normal. Ceci tient, suivant nous, à l’irritation méningée, même aseptique, qui suit l’opération et à des lésions consécutives des racines antérieures de la région, lésions qui peuvent être simplement histologiques, sans s’accompagner de signes
Nos recherches sont intéressantes à rapprocher des expériences relatives à l'influence de la section des nerfs sur la teneur des muscles en glycogène. Nous avons vu en résumé que la richesse du muscle en hémoglobine dépend avant tout de l’intégrité du neurone moteur périphérique et que„ dans le cas de lésion nerveuse, l’atrophie musculaire et la richesse en. hémoglobine ne sont pas en rapport constant.
3° Hypohémoglobinie musculaire.
La pâleur anormale des muscles peut être expliquée de deux manières : elle peut dépendre : 1° d’une diminution de l’apport sanguin ou-de modifications qualitatives du sang; 2“ d’une diminution dans la teneur du muscle en hémoglobine, car on sait que le muscle contient de l’hémoglobine propre comme le globule sanguin. De ces deux états, le premier a été étudié à plusieurs reprises, le second n’avait pas avant ces recherches été envisagé indépendamment des modifications sanguines.
De nos recherches, nous concluons : 1° qu’il existe une hypohémoglobinie musculaire; 2“ que cette hypohémoglobinie ne dépend ni directement, ni immédiatement de la teneur du sang en hémoglobine; 3" que cette hypohémoglobinie semble dépendre surtout de l’état général du sujet; l’anémie sanguine n’agirait qu’indirectement dans sa production, ou s’observerait simplement en concomitance avec l’hypohémoglobinie musculaire, .les deux phénomènes étant alors sous la dépendance de la
4“ Hypohémoglobinie cardiaque.
Nous avons appelé hypohémoglobinie cardiaque la diminution de la teneur en hémoglobine de la fibre musculaire cardiaque.
Nous avons conclu à l’existence d’une hypohémoglobinie cardiaque quelquefois spontanée mais qu'on réussit à provoquer chez le chien.
Cette hypohémoglobinie cardiaque ne semble pas dépendre directement ni immédiatement de la richesse sanguine, mais plutôt être sous la dépendance des modifications de l’état général. Elle est indépendante, non proportionnelle à l’hypohémoglobinie des autres muscles.
3 f M N 1É tOGLOBINE MUSCULAIRE PAR L’uRINE.
Hémoglobinurie d’origine musculaire. (En collaboration avec M. Ph. Paoniez.)
— C. R. Académie des Sciences, 11 août 1902.
Hémoglobinurie musculaire. (En collaboration avec M. Ph. Paoniez.) — C. R.
Académie des Sciences, 1“ décembre 1902,
Hémoglobinurie musculaire. — In Thèse inaugurale. Naiid- éditeur 1903, pp.
Les injections d’extrait de raie, de foie, ne nous ont pas donné d'hémoglobinurie à des doses beaucoup, plus fortes que celles du suc musculaire.
Les solutions d’hémoglobine globulaire n’ont occasionné d’hémoglobinurie qu’à de hautes doses (1/S7 é du poids du sang environ), tandis que des doses comparativement insignifiantes, d’hémoglobine musculaire nous ont toujours donné de l’hémoglobinurie.
Hémoglobinurie expérimentale par ' action directe sur les muscles. — ün obtient de l’hémoglobinurie par injection d’eau distillée dans les masses musculaires, alors que des quantités plus considérables injectées dans les veines donnent de l’hémoglobinémie sans hémoglobinurie. Les mêmes résultats comparatifs ont été fournis par des injections de glycérine.
Des contractions fibrillaires des muscles sont apparues dans les deux cas.
M. Lucet, qui a constaté chez le cheval des lésions musculaires dans l’hémoglobinurié, nous a envoyé des détails qui confirment ab-olumeiit: notre découverte expérimentale et la palhogénie que nous avons proposée.
Ses observations reunies à nos expériences semblent prouver jusqu’à l’évidence l’existence d’une hémoglobinurie musculaire, tout au moins
Albuminurie musculaire. — Bastianelli a observé à la suite de la marche des crises d’hémoglobinurie pouvant alterner avec de simples ■ accès d’albuminurie; Rai.fe a publié des faits analogues. M. Chauffard a vu chez un hémoglobinurique une crise caractéristique dans laquelle il n’y eut que de l’albuminurie. Ces faits permettent de considérer certaines albuminuries de fatigue ou bien a frigore comme de même nature que l’hémoglobinurie. Nous rappellerons que dans nos expériences exposées dans ce chapitre, nous avons vu, dans des cas d’hémoglobinurie musculaire, l’albuminurie précéder l’apparition de l’hémoglobine dans l’urine.