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Observations faites sur des suppliciés

(Gazette médicale de Paris, 1851.)

Ces expériences ont été faites en collaboration avec MM. les docteurs Duval et L.-A. Petit, sur des forçats exécutés au bagne de Brest et qui nous ont été livrés de cinq à sept minutes après la décapitation, l’échafaud se trouvant tout près de l’amphithéâtre d anatomie. Grâce a ces conditions exceptionnellement favorables, nous avons été témoins de phénomènes qui n’avaient pas encore été constatés chez l’homme. Sur deux de nos sujets, nous avons vu le cœur battre, dans la poitrine, après l’ablation du plastron sterno-costal et l’ouverture du péricarde. Chez l’un d’eux, les mouvements ont persisté pendant cinq quarts d’heure, en l’absence de toute excitation et même après l’ablation des autres viscères; nous avons pu en observer à loisir le rythme et l’ordre de succession. Nous avons également constaté la contraction rapide de la pupille, sous l’influence de l’excitation électrique du nerf moteur oculaire commun, opérée à l’intérieur du crâne, après l’ablation du cerveau. Nous avons étudié les contractions de l’estomac, des tuniques intestinales, de l’uretère, etc.

5. De l'influence de la navigation et des pays chauds sur la marche et le développement de la phthisie pulmonaire.

En 1853, l’Académie de médecine avait mis au concours, pour le prix à décerner en 1855, la question suivante ; Déterminer, par des faits précis, le degré d’influence que les changements de heu. tels que l’émigration dans les pays chauds et les voyages sur mer, exercent sur la marche de la tuberculisation pulmonaire.

L’auteur, se basant sur les observations qu’il avait eu l’occasion de

faire pendant le cours de ses voyages et sur l’expérience de ses collègues de la marine, a mis à profit les documents que lui offraient les archives des écoles de médecine navale, pour rédiger un mémoire que l’Académie a couronné. Dans ce travail, il s’applique à démontrer, à l’aide de la statistique et des faits, que la navigation est le plus souvent nuisible aux tuberculeux, que le séjour des pays chauds leur est également préjudiciable, et que la phthisie y marche plus vite vers sa terminaison fatale que sous les climats tempérés. Cette opinion, contraire aux idées reçues, rencontra, dans le monde médical, une vive opposition. La polémique qui s’ensuivit a eu pour résultat d’élucider la quesiion et de ramener un grand nombre de médecins à la manière devoir de l'auleur.

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