Êlade synthétique sur les maladies endémiques
Dans ce travail, l’auteur envisage les maladies endémiques au point de vue de la nosologie; il en propose une classification nouvelle, basée sur l’étiologie, et il s’efforce de faire justice d’un grand nombre d’affections qu’on persiste à comprendre dans ce groupe et qui n’ont pas le droit d’y figurer comme espèce dislincte.
15. Histoire de la chirurgie française au dix-neuvième siècle. — Étude historique et critique sur ies progrès faits en chirurgie et dans les sciences qui s’y rapportent, depuis la suppression de l’Académie de chirurgie jusqu'à f époque actuelle.
Cet ouvrage est l’exposé critique de tout ce qui s’est fait en chirurgie et dans les sciences qui s’en rapprochent, depuis la lin du siècle dernier. L’auteur s’est efforcé de faire ressortir l’élroite solidarité qui unit entre elles toutes les branches de l’art de guérir, de démontrer, par la succession et l’enchaînement des faits, que toutes les conquêtes de la chirurgie ont été la conséquence des progrès préalablement accomplis en anatomie, en physiologie, dans les sciences naturelles et même dans les institutions médicales. 11 a divisé son livre en quatre périodes : La première commence au moment où l’Académie de chirurgie vient de disparaître, où toutes les institutions sont écroulées. Elle assiste ù la restauration des écoles, à l’essor scientifique qui a signalé l’apparition du dix-neuvième siècle; elle traverse l’épopée militaire qui en illustra les premières années, et se termine à la chute de l’Empire (1792-1814). — La deuxième s’ouvre à l’avènement de Dupuytren et finit à sa mort. Pendant ces vingt années et tandis que l’art semble se résumer en lui, des hommes encore obscurs lancent la chirurgie dans des voies nouvelles, la médecine réalise sa plus grande conquête par la découverte de Laennec, et traverse son plus grand orage avec la doctrine de Broussais (1814-1835). — La troisième commence ù la mort de Dupuytren et s’étend jusqu’à la découverte des anesihésiques. Elle ne se signale par aucune découverte de premier
ordre, mais elle porle la lumière sur presque tous les poinis de la science et prépare la grande évolution que la chirurgie va subir (1835-1847). — La quatrième s’ouvre avec l’apparition des anesthésiques et s’étend jusqu’à l’époque actuelle (1847-1875). Cette partie, qui occupe environ la moitié de l’ouvrage, est celle qui embrasse le plus de sujels et comprend le plus de détails.
Chacune de ces périodes est subdivisée en un certain nombre de chapitres, consacrés à la biographie des chirurgiens qui l’ont illustrée, aux progrès faits, pendant sa durée, dans l’étude des maladies chirurgicales, au mouvement scientifique qui en a signalé le cours.
Le livre se termine par des vues d’ensemble dans lesquelles l’auteur expose ses idées personnelles sur les tendances de la chirurgie moderne et sur la direction dans laquelle elle doit marcher.
17. Rapport à l’Académie de médecine sur les recherches qu'il reste à faire pour élucider les points obscurs que présente encore fhistoire de la peste.
Ce mémoire a été rédigé, en 1880, à l’époque où une épidémie de peste venait de régner sur les bords du Volga, dans le district d’Astrakan. L’Europe s’était émue de ce retour offensif d’un fléau dont elle se croyait pour toujours débarrassée. L’Académie de médecine, frappée des lacunes sans nombre que présentait encore l’histoire de la peste, nomma une commission de huit membres pour lui présenter un programmé d’études sur ce sujet. Cette commission me confia les fonctions de rapporteur, et M. Pasteur, qui en faisait partie, voulut bien compléter mon travail en y ajoutant une note très détaillée sur les rechercbes micro-biologiques que comportait le sujet. Le rapport a été lu à l’Académie dans les séances des 13, 20 et 27 avril 1880.
18. Communication a 1 Académie de médecine sur le traitement des abcès du foie par fouverture large et directe, combinée avec la méthode antiseptique.
Cette communication a eu pour but de faire connattre en France la méthode hardie que suivent les médecins anglais de Shang-Haï, dans le
traitement des abcès du foie et par laquelle ils obtiennent des guérisons remarquables. La lecture faite par l’auteur a appelé l’attention sur elle. Quelques chirurgiens français ont imité leurs confrères de Shang-Haï, ont réussi comme eux et ont envoyé leurs observations à l’auteur. Il est revenu, à diverses reprises, sur cette question, à la tribune de l’Académie, et la méthode qu’il a fait connaître est entrée aujourd’hui dans la pratique.
19. Rapport à l'Académie de médecine sur la prophylaxie de la fièvre typhoïde.
La fin de l’année 1882 fut signalée par une véritable épidémie de fièvre typhoïde. La mortalité par cette cause s’éleva jusqu’à deux cent cinquante décès dans la première semaine du mois de novembre et il y eut mille entrées aux hôpitaux. Une discussion importante s’éleva sur ce sujet à l’Académie de médecine. L’auteur y prit une part active et soumit à la compagnie une série de conclusions qu’elle confia à l’examen d’une commission de cinq membres. Il en fut nommé rapporteur et, après un long débat, ses conclusions furent adoptées.
21. Rapport à la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle sur la construction des hôpitaux.
Au mois d’avril 1883, le conseil municipal de Vichy consulta la Société au sujet des règles d’hygiène qu’il convenait de suivre dans la construction d’un hôpital qu’il allait faire bâtir. La société nomma une commission de vingt-trois membres pour étudier la question. Cette commission prit le parti de l’aborder d’une manière générale et de tracer un programme net, précis et complet, des conditions d’hygiène hospitalière que tout établissement nosocomial doit remplir. Le soin de rédiger ces instructions me fut confié. Mon travail fut soumis à une discussion approfondie, modifié sur beaucoup de points et définitivement adopté. 11 a été l’objet d’un tirage à part et sert aujourd’hui de guide hygiénique aux architectes qui ont mission de construire des hôpitaux et aux admininisfrateurs chargés de les gérer.
25. La valeur économique de la vie humaine (conférence faite au Congrès de La Ha^e).
L’auteur s’est efforcé de recherclier dans ce mémoire quel est le capital que représente une existence humaine, en dehors de sa valeur morale et intellectuelle qu’il est impossible d’évaluer. 11 a fait ses calculs au point de vue de la France, et il est arrivé à établir d’une manière approximative sa dime mortuaire et celle qu’elle paye à la maladie. En les réunissant toutes deux on arrive à près de deux milliards (1,649,107,027 francs). Le reste du travail est destiné à prouver qu'à l’aide de mesures d’hygiène bien entendues, on pourrait facilement diminuer cette somme colossale dans de très fortes proportions et que, ne la réduisit-on que d’un dixième, les 165 millions d’économie qui en résulteraient suffiraient et au delà pour acquitter les dépenses que les mesures prises pour l’assainissement du pays auraient nécessitées.
26. Rapport présenté au ministre du commerce, au nom de la Commission extra-parlementaire chargée de la révision de la législation des eaux minérales (Imprimerie nationale, 1884).
Le ministre du commerce, préoccupé des réclamations incessantes des médecins consultants des eaux minérales et lié par l’engagement qu’il avait pris envers les Chambres de proposer à bref délai une révision de la loi du 14 juillet 1856 et du décret du 28 janvier 1860, institua, par un arrêté en date du 4 avril 1883, une commission extra-parlementaire qu’il chargea de préparer cette révision. Cqtte commission se composait de douze membres pris en nombre égal, dans le Sénat, la Chambre des députés, le Conseil d’État et le Comité consultatif d’hygiène publique. Je fus appelé à y siéger comme membre de ce dernier conseil et les fonctions de rapporteur me furent confiées. Les travaux de la Commission durèrent près d’un an. Mon rapport, après avoir été discuté, fut adopté et remis au ministre dü commerce. 11 a été souvent invoqué, depuis, lorsque la question a été soulevée de nouveau, et ses conclusions ont été en partie adoptées.
33. /.a dépopulation de la France. Conférence faite à la Sorbonne le 22 février i8S7.
Ce travail a eu pour but d’appeler l’attention snr un des plus grands dangers qui menacent notre pays. Les statistiques démontrent que l’excédent des naissances sur les décès va sans cesse en diminuant. En 1887, il n’était déjà plus que de 2,85 p. 1000, tandis qu’il s’élève à 10 p. 1000 en Allemagne et à 13 p. 1000 en Angleterre.
Ce n’est pas à l’augmentation du nombre des décès qu’il faut attribuer ce triste résultat, car la mortalité va toujours en décroissant ; c’est la diminution du nombre des naissances qu’il faut en accuser. Pas une nation n’a aussi peu d’enfants que nous.
Je me suis attaché, dans cette conférence, à faire comprendre l’étendue de ce péril social, en montrant la France tombant peu à peu du rang dos grandes nations à celui des petits États avec lesquels on ne compte plus, perdant, avec sa puissance, son caractère national et son unité, par l’invasion de plus en plus irrésistible de l’élément étranger qui nous submerge de tous les côtés. Nous avons déjà plus d’étrangers sur notre sol que toutes les autres nations de l’Europe réunies. Le chiffre approche d’un million et demi. En suivant cette progression, avant nn demi-siècle, la France comptera dix millions d’étrangers.
J’ai recherché les causes do cette déchéance et j’ai exposé les moyens de l’arrêter, en m’attachant surtout à ceux qui sont du ressort de l’hygiène. Ce travail a été l’objet d’un tirage à part de mille exemplaires qui ont été distribués par les soins de l'Association française pour l’avancement des
34. L'avenir de l’hygiène. Discours d’ouverture du Congrès de Toulouse.
Lorsque j’ai été appelé ,à présider l’Association française pour l’avancement des sciences, elle venait de se réunir à l’Association scientifique fondée on 1864 par Le 'Verrier, et je prenais le premier la parole devant l’assemblée résultant de cette fusion. Je choisis le sujet de mon discours dans la science que je représentais au sein de l’Association et je m’attachai à tracer le programme des connaissances qu’embrasse aujourd’hui
l’hygiène, à préciser la marche qu’elle doit suivre et les ménagements qu’elle doit garder, pour remplir dans les sociétés modernes le rôle important auquel elle est appelée.
Je lerminai en indiquant les desiderata sans nombre que présente encore l’hygiène dans notre pays, et en démontrant la nécessité d’en dresser d’abord le cadastre sanitaire, pour effectuer ensuilc peu à peu les travaux reconnus nécessaires à l’assainissement des localités, dans l’ordre de leur urgence et dans la mesure des ressources disponibles.