Article Cardite
[Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, t. XII. Poris, 1871.) '
Après avoir montré, par un aperçu historique très-court, que la plupart de ceux qui ont écrit là-dessus, avant notre époque, ont confondu presque toujours l’inflammation du myocarde avec celle, des membranes séreuses, nous disons que le seul moyen de sortir d’embarras est de faire usage du microscope dans l’étude des lésions du muscle cardiaque. — Nous faisons ressortir toute l’impo.rtance de la "cardite chronique, de beaucoup la plus fréquente, et la source la plus habituelle des anévrysmes partiels du cœur. Nous remarquons aussi
qu’elle peut être la cause de troubles fonctionnels du cœur, et nous citons un cas où l’atrophie scléreuse des piliers de la mitrale avait déterminé l’insuffisance de cette valvule. — Nous résumons les travaux dcMM.Zenker, Waldeyer, Rindfleisch, Hoffman, Otto, Weber etHayem, sur la myocardite qui se développe dans le cours des pyrexies, et tout en constatant leur importance, nous montrons qu’il est difficile de se prononcer sur la nature de ce processus morbide. — Nous pensons •qu’il s’agit là surtout d’un troublé nutritif spécial et que l’inflammation n'y joue qu’un rôle tres-secondaire.
-38. Etude sur tencéphalopathie urémique et le tétanos des nouveau-nés.
Dans ce travail, qui débute par une description clinique, nous faisons une large part à l’anatomie et à la physiologie pathologiques.
Convaincu que l’âge joue un rôle capital dans la genèse des convulsions de la première enfance, et que c’est pour avoir méconnu cètte vérité, que les auteurs ont donné de ces accidents une description confuse el incomplète, nous avons cru devoir séparer les nouveaunés des enfants plus âgés, et ces derniers seuls nous ont occupé. Laissant de côté les cas dans lesquels une lésion des centres nerveux suffit à expliquer les manifestations désordonnées dont ils sont le siège, nous avons étudié seulement celles que d’ordinaire on qualifie d’essentielles ou de symptomatiques. Le nombre en est considérable.
L’analyse d'un très-grand nombre d’observations recueillies par nous, nous a appris que, d’une manière constante, le mal débute pur des troubles digestifs graves, prenant leur source dans un vice des ingesta et des circumfusa; et que les accidents nerveux, toujours deutéropathiques, en marquent le terme.
L’examen cadavérique nous a révélé des lésions multiples, pour la plupart ignorées jusqu’ici. Celles du sang, des reins, des capsules surrénales sont de ce nombre. Nous avons montré qu’elles servaient en
quelque sorte de trait d’union entre les désordres digestifs et ceux do l’innervation, et.nous avons montré toute l’importance qu’il fallait attacher à celles des reins et du sang.
Dans ce processus morbide très-complexe, l’hémodyscrasie se produit dès le début et rapidement, puis elle est aggravée par le défaut d’action des reins. Amoindri dans sa masse, altéré dans sa composi- . tion, le sang circule mal ; et par les produits excrémentitiels dont il est chargé, il affecte à la manière d’un toxique les centres nerveux, qui manifestent leur souffrance par des accidents comateux et convulsifs.
Nous avons qualifié d ’urêrkique cette encéphalopathie des nouveaunés, parce que sa cause la plus prochaine est, à noire avis, l’infection du sang par les éléments de l’urine.
Dans le cours de cette étude, nous avons eu l’occasion de montrer comment l’encéphalopathie n’est en quelque sorte qu’un incident, dans un vaste processus morbide, où les altérations organiques et fonctionnelles s’engendrent et se multiplient jusqu’à l’anéantissement de la vie. Ces manifestations pathologiques peuvent varier dans leur nombre, leur physionomie, leur marche, leur durée; elles peuvent affecter des combinaisons très-diverses, mais elles, ont une origine commune, à savoir, un trouble considérable de la nutrition. Cet arrêt du travail formateur et réparateur est la source de la maladie, c’est de là que découlent les nombreuses affections qui la constituent.; et le nom à'athrepsie que nous lui avons donné est sa'marque originelle.
Dans la seconde partie, nous avons établi: 1" que la maladie connue sous les dénominations de mal de mâchoire, de tétanos', de trismus des nouveau-nés, n’a en réalité qu’une ressemblance très-éloignée et simplement apparente avec le tétanos proprement dit, tel qu’on l’observe aux autres âgés ; 2“ qu’elle est une des formes de l’éclampsie ; qu’au point de vue des symptômes et des causes, on doit la rapprocher de l’encéphalopathie urémique, qui dans une de ses variétés, où les convulsions toniques prédominent, se confond absolument avec elle; 3“ que les termes sus-mentionnés sont vicieux, et qu’il faut les faire disparaître de la nosologie.