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I. — Voyage d’exploration au Sénégal (d

Ce voyage a étéexécutéenl879. L’auteur, alors lieutenant d’infanterie de marine chargé de la direction des affaires politiques au Sénégal, fut désigné par le gouverneur, colonel Brière de l’Isle, pour reconnaître le plateau situé entre Sénégal et Gambie en vue du tracé ultérieur d’un chemin de fer destiné à relier Saint-Louis à Bakel. Cette exploration, qui eut un plein succès, fut féconde en résultats. Le Djoloff fut exploré, une importante région habitée — le Ferlo — fut reconnue, qui était jusqu’alors ignorée, et la mention portée sur les cartes : Ferlo ou désert sans eau, disparut.

Au cours de cette exploration, le lieutenant Monteil put définir un point intéressant de l’hydrographie du Sénégal, celui qui a trait au régime du lac de Guiers et de la Taouey. 11 montra commentée lac est un réservoir qui fait l’office de régulateur pour le cours inférieur du fleuve. Aux hautes eaux

(saison de pluies), le lac de Guiers reçoit partie du trop plein du fleuve et le courant se dirige du Sénégal par le Taouey vers, le lac ; aux basses eaux (saison sèche), au contraire, le lac se déverse dans le fleuve par le canal de la Taouey.

Au cours de ce même voyage, M. Monteil eut l’occasion d’étudier, pendant la traversée de la grande forêt de gommiers qui s’étend entre le Djoloff et le Ferlo, l’influence des termites sur la production des gommiers.

Ces deux études spéciales se trouvent dans la relation de son voyage : Un Voyage d’exploration au Sénégal.

H. — Vade-Mecum de l’Officier d'Infanterie de Marine (1884, Baudouin, éditeur) (1).

En 1884, le capitaine Monteil publia le Vade-Mecum de l’Officier d’infanterie de Marine. Cel ouvrage représente à la fois une compilation abondante de documents de toute nature pouvant intéresser l’officier d’infanterie de marine et un ensemble d’études personnelles. La deuxième partie traite des positions diverses que peut être appelé à occuper l’officier d’infanterie de marine aux colonies. Elle constitue une œuvre entièrement nouvelle pour l’époque qui a comblé une lacune importante en vulgarisant les méthodes de colonisation et d’administration destinées à permettre le développe-

ment rationnel des rapports sociaux et économiques entre l’autorité française et les populations indigènes.

L’auteur y expose ensuite les procédés à mettre en œuvre pour réaliser des explorations fructueuses aussi bien pour la reconnaissance géographique et topographique des régions inexplorées quepourla découverte des produits et des richesses de toute nature qu’elles peuvent recéler, produits et richesses dont la connaissance doit ouvrir des débouchés utiles pour le commerce et l’industrie nationale.

Le chapitre IV traite de l’organisation matérielle, d’un voyage d’exploration des moyens de transport, de l’escorte, des approvisionnements ; le chapitre V, du levé de la route au moyen des instruments de levé rapide. Le chapitre Vil indique comment les observations astronomiques prises de distance en distance permettent de donner une valeur scientifique aux résultats géographiques obtenus par les procédés rudimentaires de levé de terrain exposés au chapitre V. Ce chapitre donne en vingt-trois pages de texte toute la théorie du point et les modèles de calculs s’y rapportant, mais surtout précise les éléments qu’il est essentiel de rapporter pour calculer les observations.

11 est bon de rappeler que l’ouvrage cité remonte déjà à dix-neuf années, c’est-à-dire qu’il est antérieur à tous les ouvrages similaires.

La cinquième partie, sous le titre de.Transport par mer, traite des opérations combinées de l’armée de terre et de l’armée de mer. Cette question, importante au point de vue des expéditions coloniales, n’avait pas été traitée jusqu’alors dans les ouvrages militaires ou maritimes français. L’initiative de

l’auteur a eu pour effet que cette étude a pris place dans l’enseignement de l’École supérieure de guerre et y fait aujourd’hui l’objet d’un cours spécial.

Cette partie comporte un deuxième chapitre traitant des colonnes expéditionnaires aux colonies et un troisième relatif à Vhygiène coloniale.

La sixième partie comprend des notices historiques, géographiques, économiques et administratives sur les colonies françaises. La notice du Sénégal est en presque totalité l’œuvre personnelle de l’auteur; de même aussi celle relative aux établissements français de l’Océanie. — Dans cette dernière se trouve une étude de la formation géologique des îles madréporiques du Pacifique. Elle est le résultat des recherches faites sur place par l’auteur au cours de ses voyages à Taïti, aux Tuamotu, aux Gambier, aux îles Marquises et à la Nouvelle-Calédonie (p. 218, 219, 220).

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