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IV. — Carte au 1 /lOO 000' du Soudan

Pendant la mise au net de ces travaux à Paris, le capitaine Monteil construisit, au moyen des documents nouveaux rapportés par sa mission et en utilisant les travaux de reconnaissance des officiers qui servaient au Soudan à cette époque, une grande carte au i /1 oo ooo' en vingt feuilles dont le tableau d’assemblage et quelques spécimens sont déposés (1) pour compléterj les cartes Bonnier, alors seules susceptibles d’être utilisées. Ce’travail n’a pas été imprimé, mais seulement tiré à six exemplaires sur papier au ferro-prussiate. 11 a servi pour la campagne'du colonel Frey ( i885-86) en vue de laquelle il avait surtout été préparé.

(r) Section de géographie et de navigation (1897).

V. — Carte au l/7b0 000' des établissements français DU Sénégal (1).

Une autre grande publication confiée au capitaine Monteil était en effet à ce moment en cours d’exécution : c’est la carte des établissements français du Sénégal (quatre feuilles grand colombier) qui parut en 1886, plus maniable et susceptible de donner en même temps une idée d’ensemble de nos possessions, elle rendait inutile, vu l’échelle relativement faible qui fut adoptée, 1/750,000', la publication de cet immense travail

Cette carte a servi à différentes reprises d’instrument diplomatique (délimitation de la Gambie et des rivières du Sud.)

Si les travaux du commandant Régnault de Lannoy de Bissy, mis par l’auteur avec le plus parfait désintéressement scientifique à la disposition du capitaine Monteil, ont été pour celui-ci de la plus grande utilité, il convient d’ajouter que, par ses connaissances acquises sur place, ce dernier a considérablement augmenté et complété les données géographiques jusqu’alors existantes. Outre ses propres itinéraires de voyage;, et les résultats de sa mission topographique, le capitaine Monteil, qui connaissait presque en totalité les régions représen^, tées sur la carte, a pu étudier et rapprocher quantité de travaux intéressants et inédits, accumulés soit à la Direction dçs;

affaires politiques au Sénégal, soit dans les archives du Ministère.

A cette carte, une notice destinée à en faciliter l’étude était jointe, dans laquelle était étudiée à un point de vue qui n’avait pas été considéré jusqu’alors l’hydrographie des rivières des régions tropicales (1).

Ces divers travaux, ci-dessus cités, valurent au capitaine Monteil sur le rapport de M. le docteur Hamy, à l’issue du Congrès des Sociétés savantes de France en 1886, les palmes d’officier d’académie.

VI. — Voyage D’exploration de Saint-Louis a Tripoli PAR LE LAC Tchad ( 1).

En 1890, le capitaine Monteil fut chargé par M. Etienne, sous-secrétaire d’État au colonies, de reconnaître entre Say (Niger) et Barroua (lac Tchad) la ligne de délimitation des zônes d’influence française et anglaise définies par l’arrangement du 6 août 1890.

Pour l’accomplissement de cette mission, le capitaine Monteil réalisa la traversée du Soudan, de la côte de l’Atlantique au lac Tchad, et, le premier Français après l’illustre René Caillé, mais par une autre route franchit l’immense étendue du Sahara, du lac Tchad à la Méditerranée.

(i) Ces documents sont déposés à 1 1-Académie, 1897.

géographie et navigation de

Au cours de cette exploration qui dura vingt-sept mois cent sei^e positions géographiques furent fixées, qui nécessitèrent environ six cents observations astronomiques. Sauf trente qui sont estimées d’après le levé de route, toutes les latitudes sont observées à une minute près. Les longitudes sont moins certaines à cause des difficultés d’emploi des chronomètres (montres de torpilleur), des irrégularités de marche de ces instruments qui étaient portés à dos d’âne ou de chameau, enfin des incertitudes inhérentes aux observations spéciales pour le calcul des distances lunaires.

Le levé entier de la route fut exécuté et mis au net chaque jour sur le journal de voyage. De même les observations furent calculées en cours de route, mais l’ont été à nouveau, au retour du chef de mission, par les soins du service géographique de l’armée (M. de Villedeuil).

Au point de vue géographique, les pays reconnus et relevés pour la première fois sont :

De Ségou à San. En ce point, l’itinéraire emprunte celui de René Caillé jusqu’à Kouoro. De ce point à Kinian et de là à Sikasso.

De Sikasso àWhagadougou, capitale du Mossi, l’explorateur suit la même route que le regretté docteur Crozat., <

De Whagadougou à Dori, le voyageur traverse des con-' trées jusqu’alors inexplorées. Plus tard, de Zebbah à Ouro Gueladgio, quoique traversant des régions précédemrhent explorées par Barth, la route suivie est plus méridionale que celle du grand voyageur allemand.

De Say à Sokkoto, c’est une exploration de contrées ignorées jusqu’alors. De Sokkoto à Kano, la route suivie est

différente de celle des autres explorateurs; de même aussi celle de Kano à Kouka, capitale du Bornou, par Hadeidja. Soit au total plus de 2000 kilomètres d’itinéraires nouveaux.

La relation de ce voyage, publiée sous le titre De Saint- Louis d Tripoli par le lac Tchad (d), présente un certain nombre d’études intéressantes.

Au CHAPITRE 1", c’est la définition du but de l’expédition de Stanley au secours d’Emin-Pacha. Cette étude montre sous son véritable jour la question d’Égypte.

Au CHAPITRE 111, la vie au pays noir.

Au CHAPITRE IV, les coutumes des Bobos.

Au CHAPITRE V, une notice sur le Mossi.

Au CHAPITRE VII, fétichistes et musulmans, où il est fait une étude complète et vécue du mouvement de propagande de l’islamisme en Afrique.

Au CHAPITRE Vin, géographie physique et politique de la région entre Niger et Mayo Kebbi. — Ce qu’on entend par Dalhol. — Cette étude donne une théorie nouvelle de l’évacuation de la mer saharienne, théorie vérifiée sur les lieux, tant au Soudan que dans le Sahara (2).

Au CHAPITRE IX, étude ethnographique de la race peulh. C’est une monographie complète de la race peulh ou Poul ou

Foulbé .qui occupe le sommet de l’échelle humaine au continent noir.

La ligne de partage d’eaux des bassins du Niger et du Tchad.

Au CHAPITRE X, K.ano,m.étropole commerciale du Soudan, — Monographie du kola. — La captivité au Soudan, étude complète et documentée de cette importante question.

Au CHAPITRE XI, hyphème et mer saharienne.

Au CHAPITRE XII, l’hospitalité au Bornou. — Rabbah et le Baghirmi, — Influence de la femme au Bornou.

Au CHAPITRE XIII, Barroua. — Aux bords du Tchad. — La Tintoumma. — Considérations générales sur les routes du Sahara. — Les dunes. — L’oasis du Kaouar. — Récolte du sel.

Au CHAPITRE XIV, les Oulad-Sliman. — Les Senoussis.

Au CHAPITRE XV, les meurtriers de Tinné. — Le massacre de la mission Flatters.

Les travaux du commandant Monteil au cours de son voyage sont aujourd’hui consacrés, soit sur le terrain géographique, soit sur le terrain politique, par les brillantes explorations des commandants Toutée, Decœur, Destenave, Hourst, des lieutenants Baiid, Vermersh, etc., etc. Tous ces officiers ont affirmé la parfaite exactitude de sa relation et reconnu que partout où il avait passé, bon accueil avait été assuré à ses successeurs.

Au retour de ce voyage, le commandant Monteil a fait une série nombreuse de conférences s’y rattachant, dans lesquelles il a développé, suivant les milieux auxquels il s’adres-

sait, les résuhats de ses travaux, soit au point de- vue géographique, soit au point de vue économique,, soit au point de vue de la colonisation.

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