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l’anatomie des Mollusques, et notamment des Céphalopodes, mais leur physiologie, à l’exception des faits qui se déduisent de rinspection anatomique des parties, nous est complètement inconnue. Je me suis proposé de remplir cette lacune, et de n’abandonner le sujet que lorsque la physiologie delà sèche, que j’ai prise pour exemple, serait aussi bien connue que celle de la grenouille. Les mémoires dont je vais donner ici le résumé contiennent les résultats d’une première campagne faite dans ce but au bord de la mer.
D/f/estion. — Les deux bras dits à tort tentaculaires^ que la s*èche porte toujours em oulés dans des poches, sur les côtés de la tête, servent
la préhension de la proie et ne se déroulent qu’à ce moment.
Les glandes salivaires produisent un liquide acide. Le premier estomac est un simple gésier à parois épaisses, qui ne sécrète aucun liquide, et dans lequel cependant se fait la digestion, grâce aux sucs acides qu’y versent et les glandes salivaires et le cæcum spiral. Les aliments ne s’engagent jamais dans celui-ci, qui n’est donc qu’un réservoir sécréteur.
Le tissu du foie est fortement acide, sur le vivant même ; cette acidité est due à une substance soluble dans l’eau. 11 contient, en outre, beaucoup de sucre.
L’intestin, d’un bout à l’autre, présente une réaction acide.
Circulation. — Les veines caves, les veines efférentes branchiales, et, bien entendu, les cœurs veineux et artériels avec leurs oreillettes, sont spontanément contractiles et peuvent être excités; les artères aortiques et branchiales ne sont contractiles ni spontanément ni à l’excitation. Les mouvements vermiculaires des veines caves et branchiales sont aides par Faction de la peau qui les recouvre.
Les deux cœurs veineux battent ensemble, environ quarante fois par minute; le cœur aortique bat dans les intervalles.
La communication entre les artères et les veines se fait, dans la peau,
dans les membranes de l’os et jusque sur les parois des grands sinus vasculaires, par un réseau capillaire dont les ramifications ultimes ont environ O”™, 015 de diamètre.
Sany. — Le sang est blanc, légèrement bleuâtre, surtout dans les veines branchiales; au contact de l’air, il prend une belle teinte bleu de ciel. Ce changement de couleur est dû au sérum, qui est donc, au contraire de ce qui se passe chez les vertébrés, le siège de l’absorption oxygénée respiratoire. Ce sang donne spontanément un très-petit caillot plus lourd que le sérum; il se coagule en masse par la chaleur ou les acides. Après la coagulation par l’ébullition, il conserve sa teinte bleue, lorsqu’il a été au préalable exposé à l’air. Sa densité est environ 1010; il contient: eau, 891; matières solides, 109, dans lesquelles : fibrine et globules, 3 à û ; albumine, 31. On n’y trouve pas de plasmine.
Urine. — Chez tous les animaux, j’ai rencontré dans les sacs urinaires des agglomérations de cristaux donnant le murexide par les réactifs ordinaires. L’urine filtrée est acide ; i’ébullition y détermine un léger trouble. Je n’ai pu y trouver d’urée.
Liquides de l’œil. — Le liquide de la chambre antérieure est filant comme du blanc d’œuf ; cependant il ne se trouble ni par la chaleur, ni parles acides: il laisse hi pour 1000 de matières solides, qui ne sont presque que des sels.
L’humeur vitrée n’est point filante; elle ne contient pas non plus de matières coagulables, elle laisse 37 pour 1000 de matières solides semblables à celles du liquide de la chambre antérieure.
Gaz de l’os. — L’os frais contient des gaz qui, recueillis sous l’eau, ne m’ont donné que des traces d’acide carbonique ; le phosphore y absorbe 2 à 3 pour 100 d’oxygène: le reste est de l’azote.
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Articulation du sac locomoteur et de l'entonnoir. — L’adhérence des boutons cartilagineux du sac avec les boutonnières de l’entonnoir est due exclusivement à la pression atmosphérique; une piqûre d’épin-r gle suffit à la détruire. De petites fibres musculaires font le même effet, en abaissant énergiquement la petite saillie du sac.
Ventouses. — Chaque ventouse possède deux muscles : un longitudinal, qui aspire; un circulaire et marginal, qui fait détacher la cupule.
Conti'actilité. — Les muscles de la peau extérieure et intérieure au sac, ceux des chromatophores, les muscles des bras, de l’entonnoir, des branchies, delà poche du noir,, du pénis, du sac locomoteur, se contractent à la façon des muscles striés des vertébrés. Au contraire, les muscles du tube digestif, des glandes rénales, de la glande dite paimréatique présentent des contractions qui ne suivent pas immédiat ement l’excitation, et persistent avec propagation vermiculaire.
Les muscles du sac locomoteur ne changent pas de volume pendant la contraction.
Innervation. — Des courants électriques qui sont incapables d’agir directement sur un muscle le font contracter énergiquement quand ils sont portés sur son nerf.
Les nerfs issus des ganglions sous-œsophagiens et palléaux paraissent tout à la fois sensitifs et moteurs. La motricité nerveuse, sur l’animal qui se meurt, se perd du centre à la périphérie.
Les nerfs qui longent la grande veine pour se rendre au cœur artériel et aux cœurs branchiaux arrêtent en diastole ces organes pendant une forte excitation galvanique.
Le ganglion sus-œsophagien est insensible, et son excitation ne produit aucun mouvement. Son ablation totale ne trouble en rien ni les mouvements respiratoires, ni les mouvements de locomotion; l’animal reste sensible, se meut quand on l’excite et défend même avec ses bras
l’endroit lésé. Mais il a évidemment perdu toute spontanéité et ne manifeste plus nulle intelligence. '
La partie antérieure du ganglion sous-œsophagien (ganglion en patte d’oie) est le centre principal de l’accommodation des mouvements des bras à des usages d’ensemble. Les petits ganglions situés à la base de chaque bras et reliés par un nerf circulaire sont aussi les centres d’actions réflexes d’un bras sur un autre; enfin, les nerfs de chaque bras, <jui contiennent des cellules nerveuses, sont le lieu d’actions réflexes bornées à ce bras. ' '
Le ganglion sous-œsophagien est sensible et excitable; sa partie postérieure est le centre des mouvements respiratoires; elle enlevée, ces mouvements s’arrêtent aussitôt. L’excitation d’un des nerfs palléaux a pour conséquence, grâce à l’action réflexe sur cette moitié du ganglion , un mouvement dans la branchie, la nageoire et le muscle du sac du côté opposé.
Je n’ai jamais pu obtenir d’actions réflexes dans les gros ganglions étoilés; mais ils jouent le rôle de centres de renforcement. Un courant électrique très-faible, qui ne donne aucune contraction quand on le porte sur le nerf palléal, fait agir le manteau quand on le porte sur le ganglion étoilé. Lorsque l’animal est mort, on peut obtenir des paouvements en excitant le ganglion étoilé bien après que le nerf palléal est devenu inexcitable.
Mort. — Dans la mort par simple exposition à l’air, l’action volontaire disparaît la première ; les fonctions réflexes des centres ne durent guère qu’un quart d’heure; puis disparaît en une demi-heure la motricité nerveuse, du centre à la périphérie, comme il a été dit, avec conservation, pendant quelques minutes, dans les ganglions étoilés. Les ■cœurs battent pendant deux heures environ ; enfin la contractilité dure de trois à quatre heures, se perdant d’abord aux viscères, et en dernier lieu à la peau. Les cellules chromatophores se meuvent pendant une vingtaine d’heures (température de 20 à 2â degrés).
l.a phosphorescence ne survient que de trente-six à quarante-huit heures après la mort, à moins d’orage ; elle n’a lieu que pour la peau, les muscles, les cartilages, la sclérotique, tandis que la peau qui recouvre les viscères, les centres nerveux, les branchies, le foie, le testicule, l’intestin, le cristallin, exposés à l’air, ne deviennent jamais phosphorescents.
Mort par la chaleur, — Les sèches naissantes périssent par l’immersion durant deux minutes dans l’eau de 38 à 39 degrés. Elles sont encore contractiles, et leurs chromatophores sont très-excitables. Sur une sèche adulte, il est facile de voir que la chaleur abolit successivement l’action des centres nerveux, les battements du cœur, la motricité nerveuse, puis la contractilité musculaire. Le muscle prend alors une réaction acide. Le sang bleuit encore à l’air.
Mort par l eau douce. — Immergée dans l’eau douce, une sèche s’agite violemment et meurt en dix minutes environ. Leschromatophoi-es sont paralysés en diastole, les muscles de la peau immobilisés, les cœurs branchiaux arrêtés ; mais les muscles du sac et leurs nerfs sont à peu près intacts.
Poisons. — La strychnine et le curare agissent sur les sèches de la même manière que sur les vertébrés. Seulement il faut, pour les tuer, une dose énorme de curare, tandis qu’elles sont extrêmement sensibles à l’action de la strychnine.
21 . Résistance à l’asphyxie des animaux à. sang chaud nouveau-nés,
{Bulletin de la Société philomathique, 1864.)
Celte résistance n’est pas due, comme on l’enseigne partout, à la
persistance des voies circulatoires fœtales; en effet: 1“ on observe, chez les rats âgés de quelques jours, un moment où ces voies sont oblitérées, et où les jeunes animaux résistent encore longtemps à l’asphyxie; 2* chez un canard qui vient d’éclore, ces voies sont encore perméables, et cependant la mort par asphyxie survient beaucoup plus vite(l"’ 1/2) que chez les adultes (10 à 15 minutes).
22. Résistance à 1‘ asphyxie par submersion de diverses espèces d'animaux
à sang chaud.
{Bulletin de la Société philomathique, 1864.)
Énumération d’expériences faites sur une trentaine d’espèces. Parmi les oiseaux, les canards se placent au premier rang pour la résistance (10 à Ib"), puis les râles (â“), et ensuite, les grèbes (2 à 3“) qui paraissent, cependant, si bien organisés pour l’acte du plonger.
23. Des Mammifères plongés dans Peau attirent-ils le liquide par aspiration dans leurs poumons ?
{Bulletin de la Société philomathique, 1864.)
Preuves multiples que l’eau pénètre dans les poumons. Réfutation des idées de Beau sur l’influence des nerfsde la cinquième paire; division delà submersion en trois périodes: l’une pendant laquelle l’animal, ayant conscience de sa situation, cesse volontairement tout mouvement respiratoire; la seconde, pendant laquelle, la volonté ayant disparu, surviennent des mouvements respiratoires inconscients, qui amènent l’eau dans les poumons; la troisième, pendant laquelle tout mouvement respiratoire a cessé, le cœur battant encore. L’eau introduite dans les poumons s’y absorbe avec une rapidité extraordinaire. Dans le traitement des noyés il convient d’insister plus qu’on ne le fait depuis l’iniro-
duction dans la pratique de la respiration artiûcielle, sur les procédés (frictions, réchauffement), qui activent la circulation et hâtent l’absorption de l’eau entrée dans le poumon.
Différences préseniées par l’ asphyxie- dans X acide carbonique et dans l’azote^ par des rnamniifères nouveau-nés.
{Bulletin de la Société philomathique, 186i.)
Dans l’azote et l’hydrogène, la mort est beaucoup plus lente à survenir que dans l’acide carbonique ; ce dernier gaz possède donc une véritable action toxique, fait très-important pour la théorie de la respiration et de l’asphyxie.
25. Asphyxie dans une atmosphère confinée des vertébrés à respiration
aérienne.
{Bulletin de la Société philomathique, 1859.)
1“ Air atmosphérique. — Les oiseaux laissent dans l’air où ils ont succombé de 2 à 5 p. 100 d’oxygène; les mammifères et surtout les rongeurs en laissent moins encore (dans un cas, présenté par un rat, seulement 0,25 p. 100). Les reptiles, en été, épuisent beaucoup moins l’oxygène de l’atmosphère.
2" Atmosphère suroxygénée. — Les- animaux à sang chaud y meurent après avoir formé de 25 à liO p. tOO d’acide carbonique. Les reptiles, quand ils en ont formé de 15 à 18 p. 100 seulement.
Les reptiles redoutent donc beaucoup plus l’acide carbonique que les animaux à sang chaud. Remarques paléontologlques à ce sujet.