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Expériences de greffe animale

'liulletin de la Société philomathique, 1864, eXRulletin de la Société de biologie, 1864.)

7. Recherches expérimentales pour servir à T histoire de la vitalité propre des tissus animaux.

(Thèse pour le doctorat ès sciences naturelles, Paris, 1866, in-4, 96 p., 2 pl. Annales des sciences naturelles. Zoologie, 5® série, t. V.)

La physiologie générale est assez riche en expériences montrant l’influence des conditions de milieu sur la manifestation et l’existence de certaines propriétés des éléments anatomiques ; ce sont les propriétés d’où résulte le mouvement (contractilité, neurilité), et celles d’où résulte la formation d’un être nouveau (aptitude à féconder, à être fécondé, à se développer). On sait, par exemple, qu’un muscle de mammifère perd sa contractilité à -h 45" , que les cils vibratiles s’arrêtent temporairement par l’action de substances fortement endosmotiques

et exosmotiques, et définitivement par celle de substances acides, etc. Mais pour les propriétés de nutrition on ne savait presque rien ; l’existence de ces propriétés ne se manifeste que par des phénomènes dont l’observation doit durer longtemps, et les parties qu’il a fallu séparer du corps pour les soumettre aux agents modificateurs ne tardent guère à périr. 11 fallait trouver un procédé expérimental qui, replaçant ces parties dans des conditions de milieu semblables à celles qu’elles avaient perdues, leur permît de manifester leurs propriétés de nutrition, si ces propriétés existaient encore en elles. La greffe animale a fourni ce procédé, dont l’application a fait le sujet des travaux énoncés sous les ^§üet7.

La thèse en question contient une introduction et quatre chapitres.

Chapitre I". — De la méthode des transplantations animales. Développement des idées qui viennent d’être énoncées. — Application de la méthode à diverses questions de physiologie générale : transfusion du sang, régénération des nerfs, ostéogénie, développement des cancers, etc.

CiiAP. 11. — Résistance vitale des éléments anatomiques ; — énumération des faits connus.

Chap. 111. — Expériences personnelles.

L’animal mis en expérience a été le rat ; la partie greffée, l’extrémilé de la queue préalablement écorchée ; le lieu de la greffe, le tissu cellulaire sous-cutané du dos.

La persistance des propriétés de nutrition a été reconnue par l’un des trois critériums suivants : accroissement de la partie greffée; injection poussée par les vaisseaux de l’animal sujet et pénétrant dans ceux de la parlie greffée ; altérations pathologiques des éléments et des tissus de celle-ci.

Ce dernier critérium a été surtout employé ; il a permis de reconnaître et de décrire des faits intéressants au point de vue pathologique

sur la transformation fibreuse de la moelle des os, sur les altérations des os, des cartilages, des muscles, etc.

§ i. Transplantation immédiate. — Études des modifications morphologiques et histologiques quis’opèrent dans cette condition, soit qu’il y ait eu, soit qu’il n'y ait pas eu d’inflammation locale.

§ 2, Action prolongée de l’air confiné, influence de la température. — On a vu des parties séparées du corps continuer à vivre après sept heures et demie à la température de 30" ; après dix-sept heures, à celle de 20"; après sept jours, à celle de 10" à 12".

§ 3. Action prolongée de certains milieux gazeux ou liquides. — Je ne rappelle ici que les expériences faites avec les substances les plus intéressantes : l’oxygène se comporte comme l’air ; l’acide carbonique semble présenter une très-faible action toxique ; l’immersion dans l’eau devient mortelle au bout de quelques heures ; les solutions acides sont très- redoutables : par exemple, à 1 pour 100 les acides acétique ou phosphorique tuent, l’acide sulfurique rend malade, l’acide phénique ne fait rien; à 1 pour 1000, l’acide chromique rend malade, l’acide sulfurique ne fait rien , l’eau saturée d’acide carbonique agit à peu près comme l’eau pure. Les solutions alcalines sont bien moins dangereuses ; 2 pour 100 de potasse, 6 pour 100 de carbonates ou de chlorures alcalins ne tuent pas; 5 pour 100 d’urée, 10 pour 100 d’alcool, un tiers de glycérine, sont à peu près inoffensifs, mais 1 pour 100 de brome tue.

§ II. Action de températures élevées, humides; action de froids intenses. — La température de ■+■ 57", la température de — 18", sont insuffisantes pour détruire les propriétés de nutrition.

§ 5. Dessiccation dans le vide, en présence de l’acide sulfurique, avec ou sans l’action consécutive d’une chaleur voisine de 100 degrés. — Dix expériences; conclusions: « Nous avons retrouvé les altérations pathologiques des parties greffées et leur communication vasculaire avec l’animal-sujet ; il paraît donc difficile de nier la puissance de la

vitalité dans les éléments du tissu conjonctif et de la moelle des os

La contre-épreuve, faite avec des parties semblables desséchées, mais évidemment mortes, est favorable à l’opinion de la vitalité conservée; cependant, en présence d’un fait qui paraîtra extraordinaire, nous n’osons nous avancer jusqu’à une affirmation complète. » (P. 79-80.)

§6. Transplantation entre animaux appartenant à des espèces différentes. — De rat à surmnlot, réussite presque constante. De mulot à surmulot, réussite avec maladie. De surmulot à écureuil, suppuration. Même résultat en augmentant l’intervalle zoologique. Concordance avec les transfusions sanguines.

Chap. V. — Résumé et conséquences des expériences précédentes. — Application à la question de l’existence du principe vital organisateur et directeur : « S’il fallait rapporter à un principe, à une e.ssence, révolution morphologique d’un être entier, convenons que ce principe n’est pas un mais multiple, (ju’il existe dans chaque élément figuré et que, en ce sens, Kant a eu tort de dire que la raison de l’être vivant réside dans son ensemble; elle réside, comme celle du corps brut, dans chacune de ses parties. » (P. 93.)

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