Chapitre IV
BACTÉRIOLOGIE — PARASITOLOGIE
56. — Note sur l’emploi des filtres en terre poreuse pour la stérilisation à froid des liquides organiques.
(En collaboration avec M. Bourquelot)
(Société de Biologie, 1883)
Dans un but très différent, M. Bourquelot et moi, avions cherché à stériliser à froid les liquides organiques. J’étais convaincu depuis longtemps dé la pénétrabilité des barrières opposées aux microbes, et, depuis 1883, je cherchais à en donner une démonstration. A cette époque, nous avions fait usage de vases en terre poreuse, employés pour les piles, en leur donnant une disposition analogue à celle de l’appareil décrit par M. Duclaux. Ces appareils fonctionnaient à l’aide d’une trompe, ou d’une machine pneumatique.
Nous n’avons pas tardé à nous apercevoir, que des liquides que nous estimions devoir être stérilisés, perdaient leur transparence, après un certain nombre de jours.
Le filtre Pasteur ne nous donna pas non plus, les résultats que nous en attendions.
Nous nous sommes également servis de la bougie Chamberland, comme d’un filtre en terre poreuse, et nous l’avons introduite dans un appareil à filtration par le vide, reproduisant exactement, sauf le volume plus considérable, le filtre Klebs et Tiegel ou de Pasteur. Il résulte de nos expériences, qu’il y a entre les bougies Chamberland livrées au commerce, de très notables différences, s’accusant à la fois dans la facilité plus ou moins grande, avec laquelle elles laissent passer le liquide et dans la perfection de la filtration. En second lieu, nous avons constaté, que les bougies ne nous ont pas permis de stériliser à froid, des liquides organiques (salive, urine, matières fécales). Après une temps variable, ces liquides se peuplaient de microorganismes.
Bien plus, nous avons soumis à la filtration dans les mêmes conditions un liquide nutritif, renfermant en suspension des spores du Pénicillium glaucum , et, au bout de quelques semaines, nous avons vu apparaître sur la paroi