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Notice sur les travaux agricoles

Tonte la partie du territoire de la France située le long des côtes de rOcéan, entre la Gironde et l’Adour, présentait, il y a quelques années encore, une immense étendue de 800 000 hectares de terrains incultes et inhabités, connue sous le nom de Landes.

De nombreuses tentatives de mise en culture, auxquelles avaient été consacrées des sommes considérables ^ avaient toutes échoué devant l’opiniâtre aridité du sol et son insalubrité.

En 1842, M. Chambrelent se consacra d’une manière spéciale aux études agricoles nécessaires pour arriver à la solution du problème d’assainissement et de mise en culture de toutes les terres incultes qui* couvraient cette partie du sol de la France. M. Chambrelent se livra d’abord, pendant plusieurs années, à une étude patiente et raisonnée de la conbguration et de la constitution du sol des Landes. Voici le résumé

du compte rendu de ces études, publié dans le Mémoire ci-dessus indiqué :

• Les Landes de Gascogne forment un vaste plateau, presque entiè-

■ rement horizontal, placé à une hauteur de 8o à loo mètres au-dessus

■ de la mer.

> Le terrain qui le forme est composé d’un sol maigre et sablonneux,

> sans aucune trace d’argile et de calcaire, d’une épaisseur moyenne

• de o“,6o à o“,8o, reposant sur un sous-sol imperméable.

» Ce sous-sol imperméable, qui présente une épaisseur moyenne de

> o'”, 3 o à o“, 4 o, et qui est connu dans le pays sous le nom d’alios,

• est composé d’un sable ordinaire agglutiné par des matières végé- » taies qui forment une sorte de ciment organique.

• Il n’existe sur le plateau aucune source, aucune trace d’eau à la » surface pendant l’été; mais en hiver, au contraire, les eaux pluviales,

> si abondantes sur ces côtes de l’Océan, s’abattent pendant plus de six » mois sur ce plateau, et n’y trouvent ni écoulement intérieur ni écou-

> lement superficiel : elles y restent stagnantes jusqu’à ce qu’elles aient

• été évaporées par les chaleurs de l’été. Ainsi l’inondation perma-

> nente l’hiver, la sécheresse absolue d’un sable brûlant l’été, tel est

> le caractère principal du terrain.

> Qu’on se figure maintenant l’effet de ce passage continuel d’une

• inondation de six mois à une longue sécheresse, et on aura l'idée de

• la stérilité du sol pour toute culture et de son insalubrité pour les aui-

■ maux et les malheureux habitants qui y travaillent. On comprendra . quels mécomptes devaient accompagner tous les essais tentés avant

> qu’on ait pensé à y faire disparaître ces deux causes, si nuisibles à » tout développement agricole quelconque.

• L’assainissement préalable n’était donc pas seulement une amélio- . ration utile pour les Landes, c’était une condition indispensable de » leur mise en culture, et l’on peut dire sans hésiter que la cause prin- . cipale qui a fait échouer jusqu’ici tant d’entreprises dans ce pays,

> c’est de n’avoir pas reconnu cette indispensable nécessité d’assurer,

> avant tout essai de culture, l’écoulement des eaux superficielles.

• comme ayant par lui-même si peu de valeur, et qu’en général les

procédés de dessèchement d’un te

rrain marécageux nécessitent des

dépenses si co

nsidérables, que jusqu’ici même ceux qui avaient pu

supposer la n

écessité du dessèchement avaient reculé devant les

dépenses à fàii

» On ne saun

ait penser, du reste

, pour peu qu’on y réfléchisse, à

appliquer à ce

s terrains le drainage

; proprement dit avec des conduits

a faible valeur des I

jandes relativement au prix élevé

du drainage, 1

'impossibilité de trc

•uver des terres argileuses dans le

■ coûteux. Sur tout le plateau il existe, depuis le faîte jusqu’au versant » des vallées, dans les deux sens perpendiculaires, une pente générale » excessivement régulière; sur aucun point le terrain ne forme cuvette • de manière à nécessiter des travaux spéciaux pour l’écoulement des

> eaux. Cette pente est tellement faible, que les moindres accidents, ou

> plutôt les simples irrégularités du terrain, la contrarient et empêchent

■ ainsi 1 écoulement, n ont jamais plus de o“, 3 o à o”, 4 o de hauteur

> maximum, de telle sorte que, si, sur un point quelconque de la Lande,

> on ouvre un fossé de o“, 4 o à o”, 5 o de profondeur, dont le plafond . soit dressé suivant un plan bien parallèle à la pente générale du ter-

> rain, on est certain que ce fossé pourra être exécuté dans toute son

> étendue sans nécessiter des déblais de plus de o'“,6o à o", 70 de pro-

grand travail

im Mémoire qui porte ce titre :

Mémoire sur les travaux de dessèchement, d’irrigation et de mise

en culture des marais du littoral de l’Océan situés entre Vembouchure de la Gironde et le bassin d’Arcachon.

Après avoir reconnu qu’il serait facile d’assurer le libre écoulement des eaux sur tout le plateau des I<andes, par l’ouverture de simples fossés très-peu coûteux, M. Chambrelent affecta ses ressources personnelles à mettre en pratique lui-même le système qu’il avait étudié pendant sept ans. Il acheta en conséquence 600 hectares de landes sur lesquelles, dès l’hiver de 1849, '' ‘l®* travaux d’assainissement

et d’ensemencement qui, d’après lui, devaient pouvoir être faits avec succès sur toute la surface des Landes.

Au printemps de i85o, il fit, sur ces terrains assainis, des semis de pins et de chênes.

La végétation qui se développa dans ces semis fut aussi remarquable qu’on pouvait l’espérer.

En i854, la Société d’Agriculture de la Gironde vint les visiter, et décerna à M. Chambrelent les deux premiers prix qu’elle avait créés pour ensemencement de pins et de chênes dans les Landes.

En i855, M. Chambrelent présenta à l’Exposition universelle des sujets de pins et de chênes provenant de ces semis de t85o, et qui avaient jusqu’à 4 mètres de hauteur sur o”, i o de diamètre.

Voici d’ailleurs comment M. Chambrelent expliquait les résultats qu’il avait obtenus dans un second Mémoire publié sous ce titre :

Assainissement et culture forestière des Landes de la Gironde.

• Ces résultats si remarquables, quelque surprenants qu’ils pa- > raissent aujourd’hui, s’expliquent cependant facilement, et devaient . être la conséquence naturelle de l’assainissement que nous avons opéré.

> Les Landes sont formées, en effet, d’un sol sablonneux très-pro-

» Ces eaux de pluie restant toujours stagnantes suite de Timperniéabilité du sous-sol et de l’horizc

» un sol léger et irès-divisé, se trouveront assez profondes et assez fortes

> pour résister au soleil et pouvoir reprendre chaque année, dès les » premiers jours de printemps, leur active végétation (voir la Note . page i5).

» Un fait qui s’est présenté d’une manière remarquable après Tassai-

> nissement, et qu’il était du reste facile de prévoir, c’est que dans ces

> parties basses où le pin lui-même ne pouvait venir parce que la graine 3 y était noyée, la végétation s’est développée ensuite avec une activité » bien plus grande encore que sur les autres points. Les eaux y avaient » entraîné, en effet, chaque hiver, tous les détritus végétaux et ani-

■ toute cette vaste étendue de terrains incultes des résultats aussi > féconds. •

En i856, il fut présenté encore à l’Exposition universelle d’agriculture de nouveaux produits des semis de M. Ghambrelent, qui avaient continué à se développer d’une manière aussi remarquable et sur les-, quels le Jury présenta encore un Kapport favorable.

A la suite de ces constatations, faites en i854 par la Société d’Agriculture de la Gironde, en i855 par le Jury international de l’Exposition universelle de Paris, et en i856 par celui de l’Exposition universelle d’agriculture , M. Ghambrelent adressa au Ministre des travaux |)ublics, au mois de septembre i856, un Mémoire publié sous ce titre :

Mémoire sur les trwaux d’ensemble à faire immédiatement et les mesures à prendre pour Vassainissement et la mise en valeur des Landes de Gascogne.

L’année suivante, le 19 juin 1857, le Gorps législatif vota une loi qui ordonnait l’assainissement et la mise en valeur de toutes les landes communales Situées dans les deux départements de la Gironde et des

Dans la discussion de cette loi au Gorps législatif, la Gommission chargée d’en faire le Rapport cita les résultats obtenus par les travaux agricoles de M. Ghambrelent et la faible dépense de ces travaux,'pour justifier l’opportunité de la loi.

Depuis le vote de cette loi, M. Ghambrelent fait exécuter pour le compte de toutes les communes des landes du département de la Gironde, d’après les bases de ces principes qu’il avait pratiqués en 1849, tous les travaux d'assaimssement et d’ensemencement nécessaires pour la mise en valeur des bindes communales du département, La dépense de ces travaux est payée par le produit de la vente d’une partie des

Dans son Rapport au Gonseil général du département, dans sa session de l’année dernière, M. le Préfet de la Gironde a rendu compte du ré-

qui s’étendent sur une surface de i3o ooo hectares, une étendue encore plus grande de laudes appartenant à des particuliers a été l’objet de tra¬

vaux semblables dans la Gironde, exécutés d’après les mêmes principes et donnant les mêmes résultats.

Bien què la loi de 1857 ait donné un délai de 12 ans pour l’entière mise en culture de toutes les landes communales, l’opération sera terminée avant ce délai. D’ici à trois ans, c’est-à-dire en 1865, toutes les landes auront disparu sous des forêts de pins et de chênes parfaitement assainies et qui feront de ce pays, anciennement le plus pauvre, un des plus riches du territoire.

Mémoire sur ta création et l’exploitation de la propriété de Saint-Alban dans les Landes de la Gironde.

Tout en dirigeant ces grands travaux agricoles des landes communales, où il ne convenait de développer principalement, pour le moment, que des cultures forestières, M. Chambrelent a continué à s’occuper, pour son compte personnel, de la direction et de l’exploitation

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