DISSOCIATION
Dissociation de l'acide iodhydrique.
Cet acide se dissocie à des températures qui se prêtent facilement à des déterminations thermométriques, et la tension de dissociation se déduit du volume d’hydrogène mis en liberté par l’action de la chaleur sur l’acide renfermé dans des tubes scellés à la lampe.
L’acide iodhydrique pur, chauffé progressivement, commence à se dissocier vers 180°, sous la pression ordinaire : la proportion du gaz dissocié atteint rapidement 2,6 pour iooà44°°> et 3,4 pour 100 à 700".
La proportion de l’acide dissocié paraît augmenter rapidement à une température donnée, avec la pression supportée par les gaz; aussi la mousse de platine, qui agit d’ordinaire en condensant les gaz, produitelle le même effet qu’une augmentation de pression.
L’hydrogène et l’iode, qui ne se combinent pas sensiblement quand ils circulent sous la pression ordinaire dans un tube chauffé, entrent en combinaison à la même température quand on les chauffe ensemble dans un vase clos, surtout si celui-ci a été fermé à basse température : la présence d’un excès d’iode exerce une remarquable influence sur la proportion d’acide formé dans de telles conditions. La connaissance de ces faits permet d’expliquer la combinaison de l’hydrogène et de Piode en présence de la mousse de platine.
p. 946. — Annales de Chimio et de Physique, 5" série, t. VU, p. 4M-
Dans plusieurs Notes, nous avons établi, M. Troost et moi, qu’il existe des composés capables de prendre naissance à une température supérieure a celle qui détermine leur décomposition complète.
Nous avons signalé cette propriété remarquable dans le protochlorure de platine, dans l’ozone, dans le sesquichlorure de silicium et dans deux composés découverts par nous, le protochlorure de silicium et le sous-fluorure de silicium.
Certains composés, que détruit une température facile à produire dans nos foyers, peuvent donc exister dans l’atmosphère du Soleil.
Sur quelques réactions inverses.
Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, t. LXIV, p. 704.
J’ai étudié la transformation de l’iodure d’argent en chlorure d’argent sous l’influence de l’acide chlorhydrique gazeux, et la transformation des iodures do plomb, de mercure et d’ammonium en chlorurés de plomb, de mercure et d'ammonium.
J’ai montré que les résultats de mes expériences sur l’iodhydrate d’ammoniaque ne permettent pas d’admettre que ce sel soit entièrement décomposé par le seul fait de sa vaporisation.
Lois de la transformation des corps vaporisables.
Nous avons observé, M. Troost et moi, que certaines vapeurs non saturées abandonnent sous forme solide un corps différant par ses propriétés de celui que peuvent fournir, à la même température, la condensation de ces mêmes vapeurs saturées. Nous avons réalisé, en utilisant cette propriété, et sans passer par une condensation préalable, un certain nombre de transformations isomériques. L’isomère formé aux dépens d’une vapeur non saturée peut se déposer, contrairement à ce que l’on observe dans la condensation des vapeurs à l’état de saturation, sur les points les plus chauds de l’enceinte.
Le dégagement de chaleur qui accompagne une transformation de ce genre est, d’après nos expériences calorimétriques, beaucoup plus grand que celui qui résulte de la simple condensation de la même
De l’étude de ces transformations isomériques ressort l’analogie des lois qui les régissent avec les lois de la dissociation, et leur analogie plus prochaine encore avec les lois de la vaporisation.
Nous avons appelé tension de transformation la tension qui limite une transformation, et nous avons réservé l’expression de tension
ou qu'il y ait production exclusive d’acide chlorhydrique 2Cl + H + 0 = HCl + Cl + 0.
Ce dernier état d’équilibre correspond bien à l’inversion des chaleurs de formation de l’eau et de l’acide chlorhydrique, fixée par M. Berthelot à 2000°.