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MÉTHODES D’ANALYSE MINÉRALE

I. — Recherche qualitative et dosage pondéral ou volumétrique du potassium au moyen des sels de bismuth.

En étudiant les composés du bismuth, mon attention s’est fixée sur des sels doubles de ce métal, qui n’avaient pa^ encore été signalés et qui sont doués de quelques propriétés remarquables, les hyposulfites.

Un mélange en proportions convenables de chlorure de bismuth et d’hyposulfite de sodium peut être additionné d’eau sans qu’il y ait précipitation du bismuth, ou bien additionné d’alcool sans qu’il y ait précipitation de l’hyposulfite, contrairement à ce qui a lieu pour le sel de bismuth et pour l’hyposulfite de sodium, lorsqu’ils sont isolés. Les mêmes propriétés se retrouvent dans les sels analogues de bismuth et d’ammonium, de lithium, de calcium, de magnésium, etc. Ceux de baryum et de strontium forment des précipités blancs, gélatineux, très pou solubles dans l’eau et dans l’alcool. L’hyposulfite double de bismuth et de potassium et celui de bismuth et de rubidium sont, au contraire, très solubles dans l’eau, mais insolubles dans l’alcool suffisammentconcentré; le précipité est jauneserin, d’autant plus cristallin qu’il est produit plus lentement; il peutmêmeêtre obtenu en aiguilles bien distinctes, d’un jaune verdâtre, sur les membranes d’un dialyseur permettant le mélange graduel de l’alcool et de la solution aqueuse d’hyposulfite double.

La composition de l’hyposulfite de bismuth et de potassium répond à la formule

Bi’O», 3KO, eS’O’-eaHO.

La formation de ce précipité jaune, très abondant pour la quantité de bismuth contenu, fournit un caractère très sùret très sensible pour reconnaître la présence du potassium, même en quantité minime, dans un mélange de sels; le rubidium seul pourrait été confondu avec lui, mais on sait combien ce métal est rare; quant au baryum et au

üit facile de les éli-

slrontium, s’ils existaient dans la solution, il miner avant de chercher le potassium.

Les réactifs nécessaires pour cette recherche sont : une dissolution alcoolique de chlorure de bismuth et une dissolution aqueuse concentrée d’hyposulfite de sodium ou de calcium. Ces deux réactifs doivent être conservés à part : on les mêle en proportions convenables et on y ajoute lo parties d’alcool à Si l’on verse alors quelques gouttes du liquide renfermant le sel de potassium et qu’on agite, il se fait aussitôt un précipité jaune.

Pour découvrir une quantité minime de sel de potassium dans une dissolution, on commencera par en évaporer à sec une partie et on reprendra par quelques gouttes d’eau pour faire l’essai précédent; ou bien on déposera, à plusieurs reprises, quelques gouttes de la dissolution sur un petit morceau de papier à filtrer, qu’on trempera ensuite dans le réactif alcoolique, pour faire apparaître la couleur jaune sur les bords du papier.

La recherche qualitative du potassium est devenue facile par ce moyen, tandis qu’elle était auparavant lonuue et délicate, surtout en présence de sels ammoniacaux. On peut, par le même moyen, faire la détermination quantitative de la potasse, soit par pesée, soit au moyen

Pour le dosage pondéral, après avoir formé le précipité jaune d’hyposulfite double de bismuth et de potassium, il faut le recevoir sur un filtre, le bien laver à l’alcool, puis le redissoudre dans l’eau froide et faire : soit la précipitation du bismuth par le sulfhydrate d’ammoniaque et la pesée du sulfure, qui permettra de calculer le potassium ; soit l’élimination du bismuth par ébullition et l’évaporation de la liqueur, qui laissera pour résidu le sulfate de potasse :

Bi‘0’, 3KO, 6S’0’ = Bi’S>4-S’-h3SO*-i-3KOSO'.

Le dosage volumétrique, beaucoup plus rapide, est fondé sur l’évaluation de l’acide hyposulfureux. Il se fait au moyen d’une solution titrée d’iode, qui donne lieu à la réaction suivante :

Bi’O*, 3KO, 6S’0=-^3I = Bi’I‘-^3KOS‘0‘.

Le terme exact de la réaction est marqué par un changement brusque

de coloration en présence d’empois d’amidon. L’opération est rapide et exacte; elle n’exige la séparation préalable d’aucune des bases qui se rencontrent ordinairement avec la potasse, telles que soude, lithine, ammoniaque, chaux, magnésie, oxydes de fer, de manganèse, etc. ; elle s’applique indifféremment aux chlorures, aux nitrates, aux carbonates, aux phosphates. Elle peut même s’employer eh présence de sulfates; mais alors, pour éviter la précipitation de sulfate de potasse, très peu soluble dans l’alcool, à côté de l’hyposulfite double, il faut ajouter du chlorure ou employer de l’hyposulfite de calcium, afin de former du sulfate de chaux insoluble qui ne gêne pas le dosage.

Cette méthode de recherche et de dosage volumétrique de la potasse est adoptée aujourd’hui dans un certain nombre de laboratoires pour l’examen des engrais potassiques, des terres végétales, des cendres de plantes, enfin des minéraux ou des roches qui peuvent renfermer cet alcali particulièrement utile à l’agriculture.

{Comptes rendus de l’Académie des Sciences, juillet et août 1876, juin et juillet 1877, février 1878. — Congrès des stations agronomiques, 1880.)

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