XVIII. — Séparation du cadmium et du zinc
La séparation de ces deux métaux, si difficile à obtenir par les procédés employés jusqu’ici, peut se faire très exactement au moyen de riiyposulfite de soude ou d’ammoniaque, si la dissolution qui renferme le cadmium et le zinc ne contient pas d’autre acide libre que l’acide oxalique. Il convient d’opérerà la température d’ébullition et d’ajouter le réactif dans la liqueur acide, jusqu’à ce que le précipité orangé de sulfure de cadmium ne paraisse plus augmenter. On s’en assure en opérant sur une partie de la liqueur décantée.
Le sulfure de cadmium mêlé de soufre forme un dépôt dense et peu volumineux, facile à laver et complètement exempt de zinc. On le dissout à chaud par quelques centimètres cubes d’acide nitrique étendu, puis on évapore avec un peu d’acide sulfurique dans un petit creuset taré, on calcine au-dessous du rouge et l’on pèse le sulfate de cadmium SO*,CdO; ce composé fournit un excellent dosage du cadmium.
Le zinc resté dans la dissolution sera précipité par l’hydrogène sulfuré, après neutralisation presque complète de l’acide oxalique par l’ammoniaque et dosé de la façon ordinaire.
Si la matière à analyser renferme une très grande proportion de zinc, il faut prévoir la précipitation partielle de ce métal à l’état d’oxalate peu soluble. Ce n’est pas un inconvénient sérieux, pourvu qu’il n’y ait pas entraînement d’oxalate de cadmium avec celui du zinc.
résultat que l’on obtiendra par une addition préalable de sel ammoniac et en ayant soin de maintenir la liqueur chaude. On isolera par décantation le dépôt d’oxalate de zinc et, après calcination à l’air, on pèsera l’oxyde de zinc. Quanta la liqueur, après l’avoir étendue d’eau et chaulTéc, on y opérera, comme je viens de le dire, la précipitation successive du cadmium parl’hyposulfiteetdu zinc par l’hydrogène sulfuré. Les deux portions du zinc précipitées à l’état d’oxalate et de sulfure peuvent être réunies et converties ensemble par l’hydrogène sulfuré gazeux en sulfure anhydre ZnS.
J’ai fait observer dans le même travail que, d’après les expériences de Vortmann et les miennes, le cuivre pouvait être exactement séparé du cadmium par le procédé que Flajolot a fait connaître pour séparer le cuivre du zinc, c’est-à-dire au moyen de l’hyposulfite de soude versé dans la dissolution sulfurique ou chlorhydrique des deux métaux.
On voit qu’après élimination du cuivre par l’hyposulfite on pourra obtenir successivement la précipitation du cadmium par le même réactif après avoir rendu la liqueur oxalique, ensuite celle du zinc par l’hydrogène sulfuré dans la même solution presque neutralisée par l’ammoniaque, puis celle du nickel ou du cobalt par le même réactif après addition d’acétate d’ammoniaque, enfin celle du manganèse par le sulfbydrate d’ammoniaque.
L’analyse dos alliages des différents métaux solubles dans l’ammoniaque se trouve donc extrêmement simplifiée par l’emploi de ces nouvelles méthodes. {Comptes rendus, i .5 et 22 mars 1886.)