AVANT-PROPOS
Les sujets dont je me suis occupé se rapportent, pour la plupart, à la Médecine expérimentale-, en dehors d’une série d'études qui relèvent plus particulièrement des méthodes de laboratoire, je me suis toujours efforcé de reproduire chez l’animal les phénomènes observés au lit du malade.
A l’époque où j'.n entrepris mes premières recherches, les doctrines microbiennes commençaient à ouvrir des voies nouvelles. Aussi, pendant de nombreuses années, ai-je porté mon attention sur la Bactériologie envisagée au point de vue de la Pathologie générale, c’est-à-dire sur le microbe hi-même, sur ses variations de forme ou de fonctions, plus encore sur ses sécrétions, sur ses toxines.
Néanmoins, tout en admettant la grande importance des Bactéries, j’ai été conduit par l’observation clinique à reconnaître la large part qui revient à l’organisme dans la genèse des maladies. Non seulement, en effet, il est des affections qui, du commencement à la lin. demeurent étrangères aux interventions bactériennes; mais, en outre, quand il s’agit d’accidents infectieux, le consentement de l’économie est souvent nécessaire et la pathologie cellulaire, entendue dans un sens général, joue fréquemment un rôle.
Dès lors, je devais être amène a étudier les manifestations pathologiques distinctes de l’infection, en particulier les troubles de la nutrition, les auto-intoxications, les influences héréditaires, etc. — Dans ces travaux je me suis appliqué à montrer que nos cellules, comme les microbes, sont capables d’engendrer, à l’aide des principes qu’elles fabriquent, tous les désordres qui naissent sous l’influence des agents parasitaires; autrement dit, j’ai tenté de simplifier, en les généralisant, les lois qui régissent les processus pathologiques.
Au cours de ces recherches, j’ai également eu le souci constant de pénétrer le mécanisme des phénomènes enregistrés. Cette préoccupation devait forcément me conduire à m’adresser soit à la Physiologie normale ou pathologique, soit à la Chimie biologique, soit encore à la Pathologie comparée.
J’ai poursuivi ces éludes relatives à la pathogénie, parce qu’il m’a paru que seules des connaissances concernant ce mécanisme des accidents morbides étaient capables de permettre d’instituer une Thérapeutique rationnelle, but suprême de nos efforts, dont à plusieurs points de vue j’ai tenté la réalisation. A moins, en effet, de concevoir la Médecine au rebours de toute Science, il est évident que le chercheur, qui sait comment évoluent les désordres observés, corn-
battra ces désordres plus logiquement, partant plus heureusement, que celui qui n’a d’autre guide qu’une sorte d’inspiration.
On conçoit aisément que des sujets aussi nombreux que variés doivent, à côté des analogies, offrir des différences. Aussi pour exposer le plus clairement possible mes recherches, j’ai divisé ma Notice en trois parties.
La première partie, résumé général de mes travaux, comprend neuf courts cha-
Chapitre I. — Étude du Microbe, de ses variations de forme, de son mode de nutrition, de ses modifications directes ou indirectes.
Chapitre II. — Recherches sur le mécanisme de la Maladie. — Rôle des sécrétions microbiennes dans la genèse des accidents.
Chapitre III. — Examen des conditions de l’Immunité. — Démonstration de la Vaccination par les produits solubles. .— Modifications des humeurs, du sérum.