‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 34 sur 47 · Rev. génér. Sc., 15 janvier · texte numérisé non relu

Rev. génér. Sc., 15 janvier

; M. Bouchard.

permis de montrer que ce produit s’élimine far l’intestin, en lésant les parois. — Ces expériences mettent en lumière le rôle éliminateur de cetintestin-, de plus, elles révèlent la signification des entérites, du moins de quelques-unes, survenant chez des personnes prenant du mercure. Or, il y a peu d’années, ces entérites ont malheureusement été attribuées, surtout chez des puerpérales, aux processus septicémiques ; de là de graves erreurs (').

Produits toxiques et température. — Nul n’ignore que les oscillations thermiques exercent sur Vactivité des cellules vivantes une influence marquée. — Désireux d’établir, entre les règnes vivant et minéral, des liens de plus en plus nombreux, tout au moins des comparaisons, je me suis appliqué à préciser l’action favorable, défavorable ou mille, subie par un poison déterminé, quand on le soumet d diverses températures (’).

C’est encore en vue de multiplier oes rapprochements entre le monde animé et le monde inerte que j’ai poursuivi ou fait poursuivre, par mon élève Modinos, des recherches sur les Associations toxiques (’). L’expérimentation montre, en effet, que, suivant les corps, ces associations exaltent, restreignent ou maintiennent la toxicité do chacun des éléments ; c’est, d’ailleurs, ce qu’on observe pour les bactéries. — 11 n’est pas difficile, en dehors de l’intérêt théorique, de saisir la portée pratique de ces expériences.

Influence des lésions des tissus sur leur aptitude à fixer les substances dissoutes. — La lésion appelle le microbe ; il suffit, par exemple, de détériorer une valvule cardiaque pour voir les germes se déposer en abondance à ce niveau et j’ai, d’ailleurs, enregistré ces mêmes effets au cours de mes recherches sur la révulsion. — Il m’a paru intéressant de savoir si cette lésion appelle aussi le poison.

Dans ce but, des lapins ont, pendant une ou deux semaines, été contraints d’ingérer du plomb-, l’un d’eux portait une arthrite droite; un second était atteint de tubermlose pulmonaire-, un troisième de péritonite. — A l’autopsie, le plomb était plus abondant dans le genou droit que dans le gauche : la coloration en

noir, par l’action de l’hydrogène sulfure, était aussi beaucoup plus aecenluie au niveau des Usions pulmonaires ou péritonéales.

Il me semble que ces résultats, si singuliers au premier abord, s’expliquent assez simplement. 11 suffit de rappeler que, dans les territoires congestionnes ou enflammés, le sang circule en plus grande quantité; à ce niveau les capillaires sont, en partie, dépourvus de fibres contractiles. Or, me circulation plus riche, plus lente, sans parler du transport possible par les leucocytes attirés dans ces zones, doit déposer plus de poison.

Quoi qu’il en soit, on comprend, dans ces conditions, pourquoi la malléine,, la luhereuhrte se rendent de préférence dans les points oü siègent des granulations morveuses ou hacillaires, pourquoi également, du moins en partie, l’urate de soude tend à se fixer dans des tissus traumatisés : le rôle du traumatisme, des lésions préexistantes, s’éclaire d’un jour tout nouveau. — La thérapeutique elle-même bénéficie, comme je l’ai dit ailleurs, de ces recherches qui font espérer qu’un médicament ira reconnaître le mal anatomiquement constitué^).

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