‹ Notice sur les travaux scientifiques (volume 2)Chapitre 11 sur 34 · Catwer du mésentère observé sur une vieille femme · texte numérisé non relu

Catwer du mésentère observé sur une vieille femme

Comptes rendus de la SocUti de biologie, 2* sdrie, I. I, p. 9, 1854.

Masses cancéreuses variant entre elles pour la grosseur et disséminées sur toute l’étendue du péritoine. La surface convexe des intestins duodénum et iléon en présente une trèsgrande quantité, principalement sur le bord adhérent. Elles sont plus rares sur le bord libre arrondi, mais existent néanmoins en assez grand nombre. Le gros intestin, le cæcum et le colon, dans ses diverses parties, en sont parsemés.

33. Cancer du rein gauche; tumem' rénale; hématurie habituelle ; caillot encéphaloïdc dans la veine cave et la veine rénale gauches.

Femme de soixante-deux ans ayant le teint jaunâtre et de l’ascite. Tumeur peu mobile dans le côté gauche de l’abdomen. — A l’autopsie la tumeur gauche rénale est enveloppée de ganglions cancéreux. Membrane extérieure du rein trèsépaissie. Tissu propre du rein envahi par des mases encéphaloïdes, et ressemblant à une éponge criblée de trous. Veine

rénale renfermant dans toute son étendue un caillot mou de tissu encéphaloïde. Veine cave oblitérée ainsi que les veine? iliaque gauche et crurale gauche.

34. Caneroïde de la joue et des lèvres, ganglions som-mamllaires engorgés, etc.

Le malade avait un épithélioma de la lèvre supérieure el de la commissure labiale qui fut opéré par Laugier. La tumeur, examinée à l’œil nu et au microscope, n’offrait que la structure des productions épithéliales. La rapidité du développement et la vaste étendue des parties indurées constituaient des conditions propres à favoriser la récidive après l’ablation complète ; les ganglions étaient déjà engorgés sous la mâchoire ; ces circonstances expliquent la facilité et la promptitude avec lesquelles la récidive s’est effectuée. Le malade, rentré dans le service de M. Maisonneuve, à l’hôpital Cochin, fut soumis à une grande mutilation et succomba. L’autopsie démontra que la production épithéliale était bornée à la face et qu’il n’existait aucune tumeur viscérale.

L’engorgement ganglionnaire accompagnant le développement du caneroïde rend cette observation très-remarquable, pour l’époque surtout où elle a été publiée, et M. Broca, dans le rapport qu’il a fait sur elle (loc. eit., p. 379), en a fait ressortir l’importance.

35. î)u liquide renfermé dans l’articulation du genou, pendant le eowrs du rhumatisme blennorrhagique.

Les altérations articulaires du rhumatisme aigu ont déjà été étudiées. Il a été constaté que les cartilages, longtemps

regardés comme inertes, offrent à la surface libre un développement plus considérable de leurs espaces cellulaires (chondroplastes) ainsi qu’un accroissement et une multiplication des éléments propres à ce tissu. Les capsules et les cellules cartilagineuses, prenant un volume de plus en plus considérable, se rompent, et alors on trouve que les surfaces articulaires ont perdu leur aspect lisse habituel, et sont dépolies, iou même un peu villeuses.

Il y a déjà plusieurs années, j’ai pu vérifier très-nettement ce processus morbide ayant lieu dans les cartilages articulaires chez une femme atteinte, à l’hôpi.tal Saint-Antoine, de rhumatisme polyarticulaire avec complication cérébrale, ayant amené une mort rapide.

De même les altérations des synoviales articulaires ont été décrites depuis le beau travail de M. le professeur Richet, publié dans le tome XVII des Mémoires de cette Académie. Dans la synovite, après la dilatation persistante des capillaires, les éléments du tissu conjonctif, oulamineux, s’hypertrôpihient, et il y a production des exsudats et surtout des matières transsudées, ainsi que je l’ai indiqué dans mes Recherches sur les affections pseudo-membraneuses.

Enfin le liquide remplissant les articulations atteintes de rhumatisme articulaire a été examiné un grand nombre de fois; mais, avant ces dernières années, on l’observait surtout au moment de la nécroscopie. 11 était rare qu’on eût l’occasion d’étudier le liquide pendant la vie du malade, les ponctions pratiquées dans les cavités articulaires avec le bistouri, ou le trocart, n’étant point d’un usage habituel.

Aujourd’hui, grûce aux appareils aspirateurs, inventés par M. Jules Guérin et modifiés récemment de diverses manières, pour' peu qu’un liquide renfermé dans une articulation soit abondant, il peut être extrait sans causer de vives souffrances au malade et avec innocuité. Aussi des travaux ont-ils commencé à paraître sur ce sujet, entre autres celui de M. le docteur Dieulafoy, inséré dans U Ôazetié hebdomadaire de médecine et de chirurgie.

Dans la plupart des observations publiées, le liquide provient d’articulations atteintes d’hydarthrose à la suite de rhumatisme ordinaire, ou bien d’arthrites résultant d’un traumatisme. — Une seule ponction suffit rarement pour débarrasser le malade, et il en faut plusieurs, qui sonttoujours bien supportées. — Le liquide est tantôt citrin, tantôt d’un aspect louche ou purulent, et l’analyse de ce liquide n’est point présentée d’une manière complète.

Mais dans le fait que j’ai l’honneur de soumettre à l’Académie et qui sert de base à ce travail, il s’agit, si je ne me trompe, d’une chose nouvelle, car j’ai pu observer le liquide renfermé dans l’articulation du genou chez un malade atteint de rhumatisme monoarticulaire blennorrhagiqne.

■Voici dans quelles conditions j’ai pu extraire ce liquide :

Observation. — Un jeune homme de 21 ans, employé d’administration, est entré dans mon service à l’hôpital Necker le 23 juin. Il était malade depuis huit jours. Il a d’abord éprouvé des douleurs modérées à l’épaule droite, disparues le lendemain pour se porter au genou gauche. Deux jours après, les douleurs se localisent exclusivement au genou droit, qui augmente rapidement de volume et devient le siège de battements douloureux.

Ce jeune homme est robuste ; il n’a jamais eu antérieurement de rhumatisme, de douleur articulaire ou musculaire, ni de battements de cœur. Il a supporté le froid aux tranchées durant l’hiver de 1870-1871 sans devenir malade; ses parents sont bien portants. Pas d’antécédents syphilitiques. Il affirme n’avoir jamais eu de chancres ou de blennorrhagie.

Quand je l’examine pour la première fois, il n’existe de douleur que dans le genou droit, qui est augmenté de volume et très-chaud à la main. Je perçois une fluctuation manifeste. La douleur éprouvée par le malade est continue, lancinante, et elle s’exaspère par la pression. Après avoir découvert le gland et en pressant sur le canal de bas en haut, je fais sourdre par le méat une goutte purulente, épaisse, de matière

blennorrhagique. Il existe un peu de balanite concomitante.

L’état général est assez bon, peu de fièvre, la langue est blanche, élargie, l’appétit un peu diminué. Il n’existe rien d’anormal au cœur ou aux poumons ; le foie n’est pas augmenté de volume.

Le 28 juin, le genou étant toujours aussi douloureux, un peu plus tendu et chaud à la main, je pratique avec l’appareil aspirateur à aiguille modifiée par mon collègue et ami le docteur Potain, une ponction capillaire. Issue immédiate d’un liquide jaune citrin légèrement visqueux. Des grumeaux obstruent à trois reprises la lumière de la canule aspiratrice ; ils sont facilement refoulés et le liquide s’écoule parfaitement. Je fais ensuite appliquer sur tout le membre inférieur droit un bandage routé, légèrement compressif.

Le liquide est examiné de suite au microscope; il contient de nombreux leucocytes purulents, dont un grand nombre offrent des mouvements amiboïdes, ils présentent une forme irrégulière et des prolongements sur leur contour. Un coagulum fibrineux, d’apparence gélatineuse, s’est rapidement

L’analyse chimique a été faite par M. le docteur Méhu, pharmacien en chef de l’hôpital Necker :

« Réaction nettement alcaline.

« Le poids du liquide est de. 92 grammes.

« Le liquide est jaune clair; le pus ne forme guère que 5 pour 100, en poids, de la masse totale.

« Résidu sec rapporté au kilogramme du

liquide filtré. 73 gram. 30.

dont matières minérales anhydres. 7 gram. 30.

Le 29 juin, même état, peu de soulagement et pas de sommeil. Le 30 juin, le bandage est enlevé et le genou découvert. Le liquide s’est reproduit, mais en moins grande quantité; la fluctuation est manifeste. On applique de nouveau le bandage

Le 6 juillet, la quantité du liquide ayant augmenté, je pratique une nouvelle aspiration avec le trocart de moyen calibre. J’obtiens l’issue facile d’un liquide visqueux, purulent et très-chargé de matière fibrineuse sous forme de tractus mollasses. Je fais appliquer le bandage compressif. L’examen microscopique pratiqué immédiatement montre, comme la première fois, de nombreux globules de pus. Les portions coagulées du liquide sont exclusivement constituées par des fibrilles de fibrine, très-nettes et d’un millième de millimètre d’épaisseur. Les leucocytes ont des expansions amiboldes très-marquées; il existe aussi des hématies, ou globules rouges du sang, en notable quantité.

Analyse du tiquidepar M. le docteur Miku :

« Réaction alcaline.

« Poids. 10b gram.'

« Densité. 1,023 à 20» de temp.

« Résidu sec par kilog. de liquide. 79 gram. 04.

dont matières minér. anhydres. 8 gram. 60.

« Sang en quantité notable, pus abondant. »

La journée du 6 juillet se passa fort bien, ainsi que celle du lendemain. Le 8 juillet, le bandage est enlevé, et je constate que le liquide ne s’est pas reproduit. Le 10 juillet, le genou est découvert et je trouve une petite quantité de liquide. Du reste, les douleurs sont beaucoup moindres, et je fais continuer l’application du bandage roulé.

Actuellement, le liquide a disparu, et l’articulation n’est plus douloureuse. Le traitement approprié à l’état du malade est continué, parce que j’ai constamment trouvé une goutte de pus blennorrhagique, quand j’ai comprimé avec soin la moitié antérieure du canal uréthral, d’arrière en avant.

Le 6 juillet, aussitôt après l’extraction du liquide, j’en ai instillé plusieurs gouttes dans l’œil d’un lapin et j’ai placé un

-fragment fibrineux entre les paupières de cet animal. Le jour même et le lendemain je n’ai pu constater qu’un peu de rpu- ,geur dans l’œil ; les jours suivants cette rougeur s’est disipée, et il n’est survenu aucune trace d’ophthalmie purulente.

11 me reste à préciser les analogies et les différences qui existent entre le liquide que je viens de faire connaître et ceux qu’on trouve dans le cas d’épanchement simple de synovie, de rhumatisme articulaire ordinaire et, enfin, d’arthrite traumatique.

1" Je dois à M. Méhu, de pouvoir donner l’analyse chimique d’un liquide renfermé dans l’articulation du genou, après la fatigue exagérée de l’articulation tibio-fémorale.

Ce liquide, clair, filant et alcalin, renfermait :

« Résidu sec par kilogramme de liquide. . S8 gram. 20. dont matières minérales anhydres . . 8 gram.

« La quantité de mucine extraite dans ce cas de production exagérée de synovie a été rapportée au kilogramme de liquide. Elle est de. 46 gram.

« Cette mucine offrait les caractères suivants ; non coagulable par la chaleur, se précipitant par l’alcool, et surtout par l’acide acétique, et se disolvant dans l’eau distillée, après sa précipitation par l’alcool. »

On voit, par conséquent, que la mucine est abondante dans un liquide synovial.

2“ Dans un cas de rhumatisme polyarticulaire, où j’ai pratiqué successivement, en septembre et en octobre 1871, la ponction des deux genoux droit et gauche, le liquide offraÿ les caractères suivants ;

« 7 septembre 1871. — Liquide du genou droit :

« Poids. 32 gram. bO.

« Résidu sec par kilog. de liquide .... b6 gram. 46. dont matières minérales anhydres . . 8 gram. 60.

« Ce liquide citrin s’est pris en masse au bout de quelques heures, comme lé liquide d’une pleurésie aiguë. Au bout de' six'Heures, le dépôt fibrineux correspondait à 1 gramme 20' par kilogramme de liquide.

« Après cette première séparation, j’ai constaté un nouveau dépôt dans les vingt-quatre heures suivantes, mais il était d’un poids très-faible.

«' L’acide acétique précipitait abondamment ce liquide; le' précipité avait les caractères de la mucine.

« Le liquide acidifié par l’acide acétique se coagulait nettement par la chaleur. '

O Le liquide brut était précipité par l’acide azotique.

« Résumé : Ce liquide offrait un mélange de liquide naturel de l’articulation du genou (synovie), avec un liquide sérofibrineux dû à une inflammation rhumatismale.

« La proportion des éléments dissous est à peu près celle des liquides pleurétiques aigus, et n’en diffère que par la présence de la mucine.

« 8 octobre 1871. — Liquide du genou gauche :

« Poids. 44 gram.

«' Résidu sec par kilog. de liquide. ... 6b gram. 63. dont matières minérales anhydres . . 8 gram. 20.

« Ce liquide s’est pris en masse par coagulation de la fibrine ; un accident a empêché de connaître la proportion exacte de cette fibrine, mais elle était au moins égale à cellè du liquide extrait le 7 septembre dernier du genou droit. »

3» Enfin, dans les cas d’arthrite traumatique, on trouve les éléments du pus en quantité notable.

Pour en donner une idée exacte, je vais rapporter l’observation sommaire d’une arthrite du genou, pour laquelle M. le professeur Gosselin à extrait le liquide épanché, et qui a été recueilli par mon élève, M. Caubet, interne distingué des hôpitaux.

Observation. — Une femme dé ‘2b ans, couturière, entre, le 31 décembre 1869, dans le service de M. fiosselin, salle Sainte-Catherine, n“ 4. Cette femme a fait un chute du haut de son lit; la tête et le dos seuls ont frappé le sol, car elle a été retenue par son mari, qui l’a saisie au genou droit.

Dans la nuit du lendemain, le genou droit devient douloureux ; celui-ci avait été tordu, au dire de la malade, pendant l’accident. Elle a boité pendant une semaine, puis la semaine suivante s’est passée sans douleur ni claudication ; mais les douleurs ont reparu dans la troisième semaine. La malade s’est alitée et elle a eu le genou enflé.

État actuel au 1" janvier 1870 ; Cette femme est pâle et un peu lymphatique, le genou droit est douloureux, tuméfié; pas de rougeur, mais fluctuation manifeste. Légers mouvements de latéralité de l’articulation, fièvre modérée, 100 pulsations.

Ponction avec l’aspirateur de Dieulafoy : issue de 120 grammes d’un liquide très-louche et purulent. On constate, au microscope, la présence de nombreux globules de pus.

On applique un bandage roulé, puis le liquide ayant reparu, M. Gosselin fait poser, le 8 janvier, un vésicatoire volant et puis un second vésicatoire le 12 janvier. Le 24 janvier la guérison est complète.

Je puis donner l’analyse chimique d’un liquide extrait par mon collègue de l’hôpital Necker, M. le docteur Désormeaux, dans un cas d’arthrue traumatique du genou :

« 31 mai 1871. — Première ponction :

« Poids du liquide. 4b gram.

« Résidu sec par kilog. de liquide. ... 67 gram. 48. dont matières minérales anhydres . . 8 gram. 37.

« Liquide d’un jaune blanchâtre, séreux, sans fibrine. Il ne contient pas de mucine, mais un peu de sang, et surtout une matière épaisse, blanchâtre, purulente.

« 24 juin 1871. — Deuxième ponction :

« Poids du liquide. IS gram.

« Résidu sec rapporté au kilog. de liquide. 64 gram. 42. dont matières minérales anhydres . . 8 gram. 6S.

« Liquide louche, purulent, offrant un dépôt nranuleux ressemblant à des grains de riz cuit et formé par des leucocytes. »

C’est à cette dernière catégorie de liquides, c’est-à-dire à la sérosité purulente des arthrites que ressemble le plus le liquide du rhumatisme blennorrhagique.

Je ferai remarquer pour terminer cette communication, combien il est utile dans les appareils aspirateurs d’employer le moyen si simple de la pompe à ventouses, pour produire le vide. Le liquide retiré est alors à l’état normal, il n’est point altéré et l’analvse chimique en est possible, ce qui ne pourrait avoir lieu quand on se sert, pour avoir le vide dans le récipient, des réactifs chimiques quels qu’ils soient.

Dans le liquide aspiré au moyen du vide obtenu par la pompe, on voit très-bien les expansions sarcodiques des leucocytes non altérés et vivants. Ces mouvements amiboïdes ont été signalés pour la première fois dans le tome second des Mémoires de la Société de biologie (p. 103,1880), par M. le docteur Davaine, et ils n’ont été mentionnés que plus tard en Allemagne.

Je ferai remarquer, enfin, que le liquide que j’ai étudié a été f)laoé dans l’œil d’un lapin, et qu’il n’a point produit d’ophthalmie purulente.

En résumé, je crois pouvoir poser les conclusions qui suivent :

1“ Le liquide renfermé dans l’articulation du genou, pendant la période d’état du rhumatisme blennorrhagique, est d’un jaune assez foncé, il est constitué par la sérosité vis-

queuse, alcaline, louche et purulente. Il ne renferme pas de mucine; il contient des globules de pus et des matières fibrino-albumineuses :

2“ Il diffère de la synovie articulaire ;

3“ Il ressemble au liquide des arthrites;

4“ La ponction aspiratrice peut être pratiquée avec avantage pour retirer ce liquide, et elle mérite d’entrer dans la pratique ordinaire.

Nota. Le malade a quitté le service dans un état très-satisfaisant. Je l’ai revu vers la fin d’octobre et la guérison ne s’était pas démentie.

ANÂ.TOMIE PATHOLOGIQUE COMPARÉE

36. Déformation des pattes consistant en une hypertrophie, considérabk du derme et de la couche épidermique des pattes chez un oiseau vivant à l’état sauvage (Picus leuconotus).

L’oiseau sur lequel j’ai trouvé l’altération dont il s’agit est un individu femelle du Picus leuconotus, espèce propre aux forêts de l’Allemagne, de la Hongrie surtout, et qu’on ne trouve qu’exceptionnellement dans la France orientale. Les tarses de cet oiseau, comparés à ceux d’un autre individu de la même espèce, ont un volume cinq fois, au moins, plus considérable ; la surface est raboteuse, noueuse et mamelonnée. A la patte droite et en dehors, il existe une grosse tubérosité qui rappelle les fortes saillies des. vieux arbres mal émondés. Sur les deux pattes et près des ongles, les tubérosités se recourbent en avant sur la base unguéale et ressemblent à de petites cornes mousses. Chaque mamelon noueux répond, sur la partie supérieure du tarse, aux grandes plaques normales de cette région. En dessous du tarse, à la place où les écailles sont petites, l’hypertrophie est plus lisse et moins bosselée. Les ongles, sans avoir pris un développement très-considérable, sont néanmoins hypertrophiés.

Examinées au microscope, les parties hypertrophiées ont été trouvées composées exclusivement par des lamelles épidermiques serrées et aplaties, très-reconnaissables après macération dans l’eau et addition d’acide acétique. Le noyau

est petit relativement au volume des cellules épithéliales. Les tissus sous-jacents à l’épiderme sont notablement hypertrophiés et rappellent l’épaississement morbide des éléments du derme humain dans l’ichthyose. ,

37. Œuf de poule monstrueux renfermant à la fois un jaune ordinaire et une vésicule ovarienne.

Description d’un corps étranger inclus dans un gros œuf de poule de la race de Houdan. J’ai prouvé que ce corps étranger, très-bizarre à cause d’un appendice saillant au gros bout de l’œuf, n’était qu’une vésicule ovarienne non rompue et qui s’était détachée de l’ovaire. M. le docteur Davaine a reproduit ma description dans son Mémoire sur les anomalies de l’œuf, et il a donné la figure dessinée par moi d’après nature, que je lui avais communiquée (Mém. de la Société de biologie, 3' série, t. II, p. 246, et pl. 2, fig vin. A, B). M. Davaine s’est servi de mon travail pour prouver que Cleyerus avait eu sous les yeux un fait semblable; le prétendu fruit de l’arbousier, renfermé dans un œuf décrit par cet auteur et représenté dans la Collection académique (partie étrangère, t. III, p. 4b9, pl. 14, fig. b), n’est certainement qu’une vésicule ovarienne pédiculée.

La poule qui a pondu l’œuf monstrueux que j’ai fait connaître, a vécu fort longtemps et a continué h pondre un grand nombre d’œufs ordinaires.

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