Notice sur les travaux scientifiques
En présentant cette notice à Messieurs les Membres de l’Académie des sciences, j’ai pour but de montrer, par l’énumération de mes divers travaux, comment j’ai poursuivi l’étude de la biologie. Sous l’impulsion d’illustres maîtres, entre autres Léon Dufour, H. Milne-Edwards, Rayer, Claude Bernard, j’en ai cherché les applications utiles à l’homme, aux animaux et à l’agriculture.
C’est ainsi que j’ai d’abord décrit une nouvelle espèce d’insecte dédiée à Léon Dufour, puis d’autres curieux insectes aériens, mais vivant sous la mer pendant une partie de leur existence (Æpus Robini, Micralymma brevipenne, Anurida maritima). J’ai voulu établir leur physiologie si curieuse, incomplètement élucidée parDuTrochet. L’anatomie et la physiologie des organismes les plus simples, m’ont fait mieux analyser la complication des organismes supérieurs et dans les questions si importantes du parasitisme , elles m’ont guidé pour apprécier le rôle réciproque du parasite par rapport à l’hôte qui lui fournit les moyens d’existence.
Pendant mon internat dans les hôpitaux, j’ai donné
une monographie des Nœvi materni et plus tard un livre sur les Affections pseudo-membraneuses ; ces travaux ont été récompensés par l’Institut.
L’un des fondateurs de la Société de biologie, j’ai constamment recherché les faits si intéressants d’anatomie et de pathologie comparées, les maladies des animaux et des plantes, les parasites nuisibles à l’agriculture. En suivant cette voie, j’ai pu faire connaître la première épidémie de Trichinose de notre pays, j’ai trouvé à Paris le Dermatophilus penetrans, et reconnu aussi la première larve vivante de Dermatobie. J’ai apprécié les ravages de la Sarcophila, et décrit divers parasites nuisibles aux récoltes de colza, à la vigne, aux oliviers, aux orangers, aux noyers, etc. En collaboration avec mon regretté ami Davaine, j'ai vu la confirmation des admirables travaux de M. Pasteur.
Dans l’enseignement comme dans mes recherches, j’ai constamment cherché la vérité; ami de tout progrès, mais voulant en constater la réalité.
Telle est la direction dans laquelle j’ai fait les travaux qu’indique cette notice a l’appui de ma candidature. J’ose espérer que mes études sur le parasitisme, les maladies des animaux et des plantes, pourront trouver de fréquentes applications à l’économie rurale.