‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 32 sur 39 · II. Anatomie pathologique des Animaux · texte numérisé non relu

II. Anatomie pathologique des Animaux

231. Déformation des pattes consistant en une hypertrophie considérable du derme et de la couche épidermique des pattes chez un oiseau vivant à l'état sauvage (Picus leuconotus).

L’oiseau sur lequel j'ai trouvé l’altération dont il s’agit est un individu femelle du Picus leuconotus , espèce propre aux forêts de l’Allemagne, de la Hongrie surtout, et qu’on ne trouve qu’exceptionnellement dans la France orientale. Les tarses de cet oiseau, comparés àceux d’un autre individu de la même espèce, ont un volume cinq fois, au moins, plus considérable ; la surface estraboteuse, noueuse et mamelonnée. A la patte droite et en dehors, il existe une grosse tubérosité qui rappelle les fortes saillies des vieux arbres mal émondés. Sur les deux pattes et près des ongles, les tubérosités se recourbent en avant sur la base unguéale et ressemblent à de petites cornes mousses. Chaque mamelon noueux répond, sur la partie supérieure du tarse, aux grandes plaques normales de cette région. En dessous du tarse, à la place où les écailles sont petites, l’hypertrophie est plus lisse et moins bosselée. Les ongles, sans avoir

pris un développement très considérable, sont néanmoins hypertrophiés.

Examinées au microscope, les parties hypertrophiées ontété trouvées composées exclusivement par des lamelles épidermiques serrées et aplaties, très reconnaissables après macération dans l’eau et addition d’acide acétique. Le noyau est petit relativement au volume des cellules épithéliales. Les tissus sousjacents à l’épiderme sont notablement hypertrophiés et rappellent l’épaississement morbide des éléments du derme humain dans l’ichthyose.

Cette ichthyose spéciale est due au Sarcoptes mutans Charles Robin. 11 s’agit d’une galedes pattes, contagieuse, remarquable.

232. Œuf de poule monstrueux renfermant à la fois un jaune ordinaire et une vésicule ovarienne.

Description d’un corps étranger inclus dans un gros œuf de poule de la race de Houdan. J’ai prouvé que ce corps étranger, très bizarre à cause d’un appendice saillant au gros bout de l’œuf, n’était qu’une vésicule ovarienne non rompue et qui s’était détachée de l’ovaire. Davaine a reproduit ma description dans son Mémoire sur les anomalies de l’œuf, et il a donné la figure dessinée par moi d’après nature, que je lui avais communiquée (Mém. de la Société de biologie, 3" série, t. H, p. 246, et pl. 2, fig. vm, A, B). Davaine s’est servi de mon travail pour prouver que Cleyerus avait eu sous les yeux un fait semblable ; le prétendu fruit de l’arbousier, renfermé dans un œuf décrit par cet auteur et représenté dans la Collection académique (partie étrangère, t. III, p. 459, pl. 14, fig. 5), n’est certainement qu’une vésicule ovarienne pédiculée.

La poule qui a pondu l’œuf monstrueux que j’ai fait connaî-

tre, a vécu fort longtemps et a continué à pondre un grand nombre d’œufs ordinaires.

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