‹ Notice sur les travaux scientifiques, avril 1892Chapitre 13 sur 24 · Sur quelques espèces critiques du genre Lutjanus · texte numérisé non relu

Sur quelques espèces critiques du genre Lutjanus

(Bull. Soc. philomathique de Paris, 6“ série, t. XI, p. 43 ; 23 mai 1874.)

L’examen des types conservés dans les galeries du Muséum me porte à regarder comme fondée la distinction établie par Cuvier et Valenciennes entre les Lutjanus unimaculatus, Q, et G., L. caudalis, C. V., L.Johnii , Bl., espèces différemment comprises parles auteurs. M. Günther, réunissant la première et la troisième, n en admet que deux, M. Bleeker n’en fait qu’une seule d’elles toutes.

L’étude des dents linguales chez de nombreux exemplaires du Lutjanus unimaculatus Q. et G., dont huit de grande taille, montre que, si chez l’animal jeune elles manquent, chez l’adulte elles forment toujours une plaque ovoïde, médiane, très nette, sur les premières pièces hyoïdiennes. Chez le Lutjanus Johnii jeune, aucun caractère ne peut servir à distinguer cette espèce de la précédente; mais arrivé à une certaine taille, ce Poisson a la langue comme pavée, sur les côtés, de petites plaques dentaires, sans grande plaque médiane. Cette particularité semble suffisante pour servir de câraCté-

ristique distinctive, et, si les petits individus peuvent être confondus, c’est que les différences entre les êtres d’un même type s’accentuant avec les progrès du développement, pour reconnaître les caractères spécifiques, c’est-à-dire ceux de l’ordre le moins élevé, il importe de comparer des individus arrivés à leur état le plus parfait. On remarquera que ce fait anatomique de la disposition des dents linguales, qui dans ce genre Lutjanm est invoqué simplement pour des distinctions’ spécifiques, est regardé dans des groupes voisins comme susceptible de caractériser des genres, par exemple les Labrax en face des Perça et des La tes.

Quant au Lutjanus caudalis C. V., la forme arrondie de sa caudale le différencie suffisamment des autres espèces.

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