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Les Protoptèrcs au Muséum (l'Histoire naturelle

§ IV. - AQUICULTURE

80. — Rapports du jury international à l'Exposition universelle de 1878, à Parié. — Groupe VIII , classe 84. — Les Poissons, Crustacés et Mollusques.

Dans ce rapport, l’aquiculture maritime et l’aquiculture des eaux douces ont été examinées au point de vue scientifique et pratique, en vue de constater les résultats acquis et d’apprécier ce qu’il serait permis d’espérer pour l’avenir. La première est très avancée, en ce qui concerne l’élevage de certains Mollusques, les Huîtres surtout et les Moules. La seconde, au moins en France, malgré de nombreux efforts, ne parait pas jusqu’ici avoir donné tous les résultats qu’on serait en droit d’attendre.

L’étude des faits soumis à notre examen m’a conduit à distinguer trois modes principaux d’élevage du Poisson : VAquiculture domestique, dans laquelle les animaux, maintenus dans des espaces limités, sont surveillés et reçoivent une nourriture artificielle, mode comparable à l’élevage du bétail en stabulation;

— l'Aquiculture naturelle : les animaux sont placés dans des espaces clos, mais assez vastes pour que la nourriture, qui leur est nécessaire, s’y produise spontanément, c’est l’analogue du pacage;

— enfin l’Aquiculture sauvage, où l’on se propose de favoriser simplement la multiplication du Poisson à l'état de liberté, comme on recherche parfois la multiplication du gibier pour les Mammifères et les Oiseaux. Ace dernier mode se rattachent les essais d’empoissonnement des cours d’eaux par les alevins obtenus au moyen.de la fécondation artificielle.

Les conclusions que j’ai cru pouvoir formuler, sont les suivantes :

1" L’élevage industriel des Poissons herbivores, tel qu’il a été pratiqué de toute antiquité, donne des résultats certains; les seules améliorations désirables sembleraient devoir porter sur le nombre des espèces, peu élevé à l’hëùre actuelle et qu’on pourrait sans doute augmenter.

2” La propagation par voie de fécondation artificielle pour les espèces carnivores précieuses, telles que les. Salmonidés, présente deux ordres de considérations suivant qu’il s’agit des aquicultures domestique et naturelle ou de l’aquiculture sauvage.

a. Les premières donnent, avec les méthodes de fécondation et d’alimentation actuellement en usage, des résultats satisfaisants, comme le témoignent assez l’extension et le nombre des établissements qui se livrent aujourd hui à cette industrie.

b. L’aquiculture sauvage semble, au contraire, n’avoir donné que des résultats insignifiants ou nuis, tout ail moins aucun document numérique positif ne prouve le contraire. Ce fâcheux résultat parait provenir de ce qu’en réalité les conditions d’existence que réclament ces Poissons leur manquent dans nos cours d’eau, tels qu’ils sont aménagés.

3” Le repeuplement de nos rivières ne pourrait être obtenu qu’en restituant à celles-ci, dans les limites du possible, leurs conditions naturelles. Ce qui parait le plus indispensable serait en premier lieu de chercher à obvier aux différentes causés d’infection des eaux, puis de faciliter la propagation des petites espèces par des réserves convenablement choisies ménageant les frayères, par une réglementation du faucardage des herbes et du curage des canaux en vue de favoriser la reproduction et l’alimentation desdites

espèces ; d’an autre côté, de rendre praticable en toutes saisons et à tous moments le libre parcours dès fleuves et des ruisseaux aux Poissons migrateurs.

81. — Observations relatives à la montée de /'Anguille sur les côtes de France.

8 juillet* 889?)^™** * S Sae ’ lm ’ CIX ’ P ’ 31 ’

Rapport adressé au ministre de là marine au nom du comité consultatif des pèches maritimes sur la pêche de la montée d’ Anguille.

(Journal officiel, 27 juillet 1890.)

Remarques sur la pêche de la Bichique à [île de la Réunion.

(Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences, t. CJt, p. 93;

La question de "la pêche des Poissons à l’état de fretin, telle qu’elle se pratique dans nos pays pour la montée d’Anguille ou dans d'autres contrées éloignées, la Réunion pour la Bichique, la Martinique pour le Titiri, ces deux derniers animaux se rapportant à des espèces de Gobius , intéresse directement le repeuplement de 1 nos cours d’eau, pour savoir si l’on peut tolérer la destruction d’un aussi grand nombre de jeunes Poissons.

Le ministère de la marine ayant fait faire à ce sujet une enquête très complète, à l’occasion de réclamations formulées sur quelques points de nos côtes sud-ouest, le dossier, qui m’avait été confié, a permis d’étudier cette question d’une manière approfondie, en ce qui concerne au moins la zone maritime.

11 résulte de ces documents, que la pêche, pratiquée sur différents points de nos côtes, en particulier l’Orne, la Loire, la Gironde, l’Adour, de la jeune Anguille, connue suivant les régions sur les noms de Civelle, de Piballe, etc., n’est pas tellement intensive, qu’elle nuise d’une façon appréciable à la propagation du Poisson

adulte, car on le rencontre dans nos fleuves et nos étangs sensiblement avec la même abondance. Ceci doit être attribué à ce que l’Anguille, descendant à la mer pour y frayer dans des conditions qui nous sont inconnues, et sur des points que l’industrie humaine ne paraît pas avoir encore pu atteindre, la reproduction naturelle se fait en telle abondance, que la quantité prélevée sur le fretin dans le bas des fleuves est relativement insignifiante.

Les données, qui m’ont été fournies sur la pèche de la Bichique à la Réunion, par M. Jacob Cordomoy et M. Lantz, sur celle du Titiri à la Martinique par M. Robert, pharmacien de la marine (i), confirment ces conclusions en montrant qu’une pêche séculaire intensive sür ces deux points, n’a nullement diminué l’abondance de ces animaux.

82. — Habitat, mœurs, nourriture, reproduction de la Sardine, causes de sa disparition. — Annexe n° f du Rapport général sur la pêche de la Sardine. (En collaboration avec M. Henneguy.) — Comité consultatif des pêches maritimes.

[Journal officiel, octobre 1887.)

Les conclusions de ce rapport, tirées des documents soumis au Comité, sont les suivantes :

1” Au point de vue des mœurs, la Sardine ne doit pas être considérée, dans l’état actuel de la science, comme un poisson migrateur;

2° Quoique la reproduction de la Sardine n’ait pas été observée d’une manière précise, la connaissance de la ponte chez les poissons analogues doit faire présumer que ses œufs sont déposés sur les bas-fonds, près des côtes ;

3° La disparition de la Sardine, d’après les observations des auteurs, s’est présentée à différentes reprises. Parmi les hypothèses mises en avant pour expliquer cette disparition, celles qui paraissent les plus probables sont : l’éloignement des animaux formant la nourriture de la Sardine ; la destruction exagérée de ce poisson ; les perturbations apportées dans ses frayères.

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