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INTRODUCTION

Le désir de relier entre eux des sujets variés et de montrer l’unité de

nues les faits principaux qui en dépendent : déplacement des terres et des mers, répartition et transformation des faunes fossiles, structure intime et mode de formation des roches, explication de l’architecture et de l’évolution des formes actuelles de la topographie. J’ai donc fait appel à la fois à la pétrographie et à la paléontologie pour comprendre la stratigraphie et expliquer la tectonique-, ces sciences se prêtent un mutuel appui, tout se tient, tout s’enchaîne dans le grand mouvement des

alpine, dont les cimes, comme nous l’apprennent les coupes, jalonnaient la crête septentrionale. Mais tout cet édifice a disparu, depuis l’époque carbonifère, détruit par l’action combinée du temps et des agents atmosphériques : aujourd’hui la surface de la Bretagne est aplanie, ses sommets sont abattus, et les trains circulent sur l’emplacement de ses monts nivelés. Une tranche horizontale de terrain, épaisse de plusieurs mille mètres, a été enlevée, montrant à nu dans les landes bretonnes les racines de cet ancien système montagneux, et le géologue qui regarde à ses pieds, voit les fondements cachés des montagnes.

La considération de ces fondements montagneux n’est pas seulement lumineuse pour l’histoire de la Bretagne, en ce qu’elle montre le plan de ses reliefs, elle donne en outre l’image des racines souterraines des chaînes jeunes comme les Alpes, et est pleine d’enseignements concernant le mécanisme profond de la formation des montagnes. Elle éclaire enfin la genèse des gneiss et des roches granitiques anciennes, consolidées dans les profondeurs et étalées ici, au grand jour.

Sur le plateau uniforme de la Bretagne actuelle, on ne trouve plus les témoins des montagnes disparues, qu’ensevelis dans des tranchées faillées, dans des fosses syiiclinales linéaires, étroites, serrées et profondes, sous forme d’esquilles verticales, figurées sur mes cartes, et restaurées sur mes coupes. Sur ces profils, les «reploiements des couches des montagnes aujourd'hui disparues de l’Armorique ont été reconstituées d’une façon logique, et leurs déformations, malgré leur complexité, rattachées à un système simple de failles longitudinales, dépendant du ridement d’ensemble et de la contraction de cette portion de la croûte.

La comparaison dés lignes tectoniques de la Bretagne avec celles de la Chaîne Cantabrique m’a révélé un plan uniforme de structure pour ces deux grandes presqu’îles de notre continent, et ce plan explique la figure même des contours occidentaux de l’Europe, en même temps qu’il éclaire l’histoire ancienne de la dépression atlantique, et en fait remonter le tracé à l’époque carbonifère, comme M. Marcel Bertrand en avait eu l’intuition.

Mais le stratigraphe ne se borne pas à déplacer les océans, à ressusciter les volcans, à relever les chaînes montagneuses disparues, pour dévoiler l’œuvre du temps sur le globe, expliquer la géographie et les causes des déplacements des faunes ; son plus noble travail et sa plus belle conquête ont été de découvrir quelques-unes des lois qui ont présidé à la formation du sol ; ces lois basées sur l’observation lui permettent aujourd’hui de

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