‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 56 sur 57 · CXXXI. — Théorie générale (quan te c q le ! Mémoire · texte numérisé non relu

CXXXI. — Théorie générale (quan te c q le ! Mémoire

Sur les hydrates de strontiane.

Ce second Mémoire n’a été indiqué que par le titre général : Sur les hydrates alcalins.

Son intérêt n’est pourtant pas inférieur à celui des hydrates dé baryte. M. Maumené prouve que l’hydrate ordinaire de strontiane n’a pas la composition de l’hydrate analogue de baryte, comme on voulait le croire, malgré de grandes divergences dans les résultats obtenus par divers chimistes : il est formé de deux hydrates combinés ; il est du second ordre.

Les hydrates de strontiane s’accordent absolument avec les indications de la Théorie générale.

ÇXXXII. — Présence du manganèse dans les vins et dans les plantes. Son rôle dans la vie animale.

Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. XCVII, p. 845, et XCVIII, p. n>56.

M. Maumené a présenté, sur ce sujet, deux Mémoires qui peuvent être réunis. Le point de départ des recherches très étendues dont il a soumis les résultats à l’Académie a été le résidu d’un vin du Beaujolais, qui devenait d’un vert intense par une calcination au rouge. Des vins, ces recherches ont été étendues aux plantes : on connaissait l’existence du manganèse dans un certain nombre de végétaux, mais en petit nombre; on ignorait la quantité réelle et on la croyait presque inappréciable. Ce n’est pas la réalité. Dans le thé, le manganèse, même métallique, ne s’élève pas à moins de M. Maumené se trouvait en présence d’une question importante. Les animaux, l’homme lui-même, absorbent, par les végétaux, des quantités de manganèse très notables; que devient le métal? est-il assimilé comme le fer, dont il se rapproche sous quelques rapports?

L’expérience prouve une différence capitale entre les deux métaux ; le manganèse n’est pas apte à former un élément sanguin comme le fer, il est rejeté de tous les organes, il est sans cesse éliminé avec l’excrément solide, seule matière où On le trouve en abondance.

Le Travail de M. Maumené peut donner à la Botanique des indications très utiles, comme à la Médecine et à la Zoologie.

CXXXIJJ. — Théorie générale (quarante-sixième Mémoire). Sur les hy drates de potasse et de soude.

Comptes rendus de l’Académie dos Scionces, t. XCIX, p. 63i.

C’est le troisième Mémoire sur les hydrates alcalins'. Il achève de prouver le rigoureux accord de la Théorie générale avec une constitution des hydrates très différente, par cola même, de celle qu’on admettait, d’après d’innombrables études, en apparence inaccessibles au doute; M. Maumené fait connaître n hydrates, 5 de potasse et 6 de soude, tous cristallisés. Aucun de ces hydrates ne possède la composition que lui attribuaient divers chimistes, presque toujours des plus habiles. Nous citerons seulement l’hydrate normal de chaque alcali.

L’hydrate normal de KO est

(KO) 9 (HO)" ou KO(HO)*» 111 —.

L’hydrate normal de NaO est

(NaO) 9 (HO)>' ou NaO(HO)*;“*-.

Un chimiste attribuait aux deux oxydes la même composition.

Les autres hydrates, desséchés par la méthode Maumené, ou même par l’acide sulfurique dans l’air, présentent des résultats absolument conformes aux indications de la Théorie générale.

Aucun ne possède la composition KO.HO ni NaO.HO.

Ces résultats, joints à ceux des hydrates de baryte et de strontiane, ont une extrême importance, extrême, car a-t-elle été égalée depuis Lavoisier? M. Maumené est forcé de le demander.

CXXX1V. — Théorie générale (quarante-septième Mémoire).

Sur la décomposition de l’oxyde de cuivre par la chaleur.

Ce dernier Travail donne une des preuves les plus éclatantes, non seulement de la puissance de la Théorie générale, mais, en même temps, de Terreur à laquelle aucune donnée classique ne peut échapper sans elle.

La décomposition du hioxyde CuO, par la chaleur, avait été soigneusement étudiée par Favre (devenu membre de l’Académie) et par moi. Nous avons soumis nos résultats à l’Académie, le 8 avril 1844, et les Comptes rendus en contiennent l’Extrait cité (ï). ,

Comme on Ta vu, nous crûmes pouvoir déduire de nos expériences la tormuleCu s O J . En fait, nous trouvions une perte d’oxygêne égale, en moyenne, aux du poids de bioxyde, et l’oxyde Cu ! O 3 est formé avec une perte de 8,0.

Récemment, M. Schützenberger crut avoir une formule plus exacte, Cu’O*.

MM. Debray et Joannis ont espéré trancher la difficulté par l’emploi des. mesures de la tension de dissociation. Cette méthode, vraiment fallacieuse, a montré son défaut d’une manière éclatante. MM. Debray et Joannis en avaient déduit une conséquence des plus graves. Suivant eux, les deux oxydes CuO et Cu 2 0 ne formaient pas de combinaison, et il devait en être de même pour tous les autres oxydes d’un même

M. Maumené a dû rappeler des faits contenus dans le Mémoire établi

Les deux oxydes forment une combinaison réelle, car, après chauffage et perte des JL d’oxygène, le résidu se dissout dans les acides avec une couleur brune des plus intenses : tandis que CuO donne une solution verte ou bleue, et Cu 2 0 une solution incolore. Le résidu fondu avec du verre lui fait prendre la magnifique nuance rouge des vitraux de nos antiques cathédrales, tandis que CuO donne un verre vert, et Cu 2 0 un verre sans couleur.

La dissociation, comme toutes les autres armes classiques, est un instrument d’erreur : M. Maumené en avait donné d’autres preuves.

De l’exposé qui précède, M. Maumené doit présenter, à l’appui de sa candidature, deux conséquences très nettes :

i° Il offre aux membres de l’Académie, comme titre de candidat à un fauteuil dans la Section d’Économie rurale, les travaux suivants :

I. Examen des perdreaux tués par les grains de semence chaulés à l’arsenic. La profusion de ce corps dans les campagnes était un danger public ; ce danger a cessé.

II. Procédé d’analyse des huiles (par le dégagement de chaleur avec l’acide sulfurique). — La purification des huiles et les transactions commerciales, les recherches de laboratoire tirent un grand parti de ce procédé.

III. Traité du travail des vins. — Ce Livre a reçu les approbations les plus chaleureuses de Dumas et d’une foule de personnes. Il est le premier qui ait fait connaître les vins mousseux et apporté de grands perfectionnements à leur fabrication. La troisième édition est sous presse.

IV. Traité de la fabrication du sucre. — Comme le précédent, ce Traité, en deux Volumes, a été l’objet des plus vives marques d’estime en France et à l’étranger.

M. Maumené peut se faire honneur de la part qu’il a prise dans les études chimiques du sucre, et tout le monde s’accorde à le considérer comme l’auteur principal de la méthode de fabrication suivie partout depuis près de trente ans.

V. Études du suint et fondation de VIndustrie des potasses de suint. (En commun avec V. Rogelet.)

Les études de Vauquclin et du vénérable M. Chevreul n’avaient fait pressentir en rien la possibilité d’extraire du suint une quantité de potasse assez grande pour établir une industrie rémunératrice.

MM. Maumené et Rogelet ont donné, les premiers, des nombres et montré que la partie du suint soluble dans l’eau, desséchée à ioo°,

fournit, par calcination, 48 pour 100 do carbonate de potasse ; en outre, que cette potasse est pure de soude. Us ont établi, eux-mêmes, l’industrie qui se pratique dans le monde entier.

L’hygiène des moutons peut être mieux réglée depuis leur travail.

VI. Étude sur le manganèse dam les plantes et dans l'homme. — M. Maumené, par ses recherches, a montré que le manganèse joue dans la végétation un rôle plus grand que celui qui lui était attribué : presque tous les végétaux en absorbent; le thé peut en offrir jusqu’à 5 « r (métal ) par kilogramme, pris dans l’état ordinaire. Le tabac en contient au moins autant. D’ailleurs l’opposition entre les végétaux et les animaux, si fréquente en d’autres cas, est ici des plus nettes. Les animaux, l’homme au moins, ne peuvent que difficilement tolérer le manganèse, et le rejettent d’une manière absolue. Les expériences de M. Maumené le prouvent nettement.

VIL Les conseils donnés pour la destruction du Phylloxéra par la culture latérale d’une plante. Ce conseil est logique : on met à côté de la vigne un agent durable, sans aucun danger pour la vie des ouvriers, pour la vigne, ni pour les habitations (incendie).

L’idée en est si manifestement juste que Dumas lui-même a proposé de faire végétersurla vigne un champignon. C’était un abus de la méthode Maumené, abus contre lequel M. Blanchard a dû protester séance tenante.

On a vu (CV 1 II) que le conseil de M. Maumené peut être appliqué non seulement sans dépense, mais avec profit pour notre plus riche culture.

VIII. La méthode nouvelle d’alcoométrie par distillation des vins alcalisés (CVII). La plus grande précision obtenue par cette méthode est un progrès évident pour l’économie rurale.

IV. L’étude de Vabsorption de l'eau par les bois. — Cette étude apporte un élément précis aux études de culture et aux applications des bois. Il est vraiment regrettable qu’elle n’ait été insérée, malgré la demande de M. Maumené, ni dans les Annales de Chimie et de Physique, ni dans le Bulletin de la Société d'Encouragement.

2 0 A ces titres spéciaux, M. Maumené doit joindre tous les travaux dont le résumé vient d’être donné dans cette Notice.

L’Académie s’est plusieurs fois montrée disposée, d’ailleurs, à tenir compte aux candidats de leurs titres exceptionnels.

M. Maumené lui présente, avec la plus grande confiance, sa Théorie générale de l’action chimique.

La Théorie nouvelle, dont je crois pouvoir me faire le plus sérieux titre à son estime, a été littéralement étouffée par la routine. La conservation des pseudothéories désignées par les noms do Théorie des substitutions, théorie des types chimiques, théorie de l'atomicité, s’est trouvée, bien malgré moi, changée, pour mes confrères, en une affaire d’amour-propre. Ces vues, que des chimistes illustres, en tête desquels on trouve Berzelius, Gay-Lussac, M. Chevreul et d’autres, avaient combattues très vivement, n’aVâient pas été complètement abandonnées, parce que les éminents contradicteurs dont je viens de parler ne leur opposaient que des négations, très fondées, il est vrai, mais dénuées de la force d’une véritable Théorie, affirmative et incontestable.

Cette Théorie, j’ai été assez heureux pour la trouver. Dans le premier Mémoire, celui dont on a lu le résumé, j’ai établi la Loi des actions de contact. Dans le septième, je suis parvenu à déduire la Loi des actions de. mélange, et ces deux lois comprennent tous les phénomènes chi-, iniques, sans aucune exception.

Ainsi complétée et établie sur une base incontestable (ce qui m’a été confirmé par mon illustre maître Mathias Pouillet, membre de l'Académie, entre autres), la Théorie m’a permis de démontrer que les vues de MM. Dumas, Laurent, Gerhardt, Hoffmann, Wurtz, Kekulé, etc., n’ont pas de fondement sérieux. Ce sont de pures hypothèses manquant de base scientifique.

Loin de se rendre à la vérité, dont j’ai donné des preuves nombreuses, mes confrères n’ont pu supporter cette lumière offusquante. J’ai essayé, vingt fois, d’amener ces illustres chimistes à des sentiments plus justes et à la vérité, mais sans réussir.

Dans les Comptes rendus, les extraits faits de mes Mémoires n’ont presque jamais reproduit exactement ma pensée. Une lecture des plus importantes a été rappelée sans indiquer même son titre ('). Dans les Annales, on ne m’a plus donné asile, après mon premier Mémoire, aussitôt que je me suis permis, dans le second, de montrer le vide et' l’erreur de la funeste hypothèse des substitutions.

Je signale ces résistances, qui ont duré plus de vingt ans : je les rappelle sans amertume aujourd’hui, car elles cessent presque toutes de se produire.

Aujourd’hui les chimistes ne peuvent plus contester les points sui-

I. La base de la Théorie est l’axiome fondamental : action et réaction ne font qu’un.

II. La Théorie n’a besoin d’aucune hypothèse auxiliaire. Les équivalents chimiques suffisent à tous ses calculs.

III. Elle fait disparaître, comme par enchantement, toutes les hypothèses extra-scientifiques dont se contentaient les chimistes. Pour elle il

Ni état naissant : elle montre que les faits attribués à ce chimérique état, s’expliquent, tout naturellement, par Vétat liquide, ou l 'état solide, des corps dont on supposait l’action produite à l’état gazeux;

, Ni actions inverses : elle prouve que ces actions ne le sont jamais et se produisent dans des conditions absolument différentes;

Ni force catalytique : la Théorie prouve que les actions chimiques ne sont jamais dues à une force unique, mais à la résultante de forces nombreuses, résultante catalytique, suivant les cas ;

Ni actions de présence : la Théorie, sans manquer de respect à l’auteur de cette hypothèse, ne peut que sourire et penser à la « vertu dormi-

Ni substitutions, dont il est impossible d’admettre le rêve : au lieu de voir dans l’action de deux corps, dont l’un, composé, et l’autre simple, celui-ci prendre la place d’un autre, quoiqu’ils n’aient aucune ressemblance, il faudrait accorder au second corps le même sole qu’au premier. La Théorie générale repousse ces rêveries inutiles: elle voit un simple remplacement dans toutes les actions chimiques, comme on le voyait auparavant, parce qu’il n’y a jamais autre chose. Et elle fait ce que n’ont jamais essayé, même, les partisans de ces hypothèses : elle dit comment ont lieu les remplacements, pourquoi dans certains cas ils sont partiels et, dans d’autres, complets; elle soumet à un calcul rigoureux ce qui ne pouvait être bien établi, sans elle, mèmè par de longues, difficiles et minutieuses expériences.

Ni types chimiques : la Théorie prouve l’impossibilité de cette hypo-

té doit être exclusive:

>re. Lorsqu’un corps atomes étrangers, né implèter l’objectit ei orie ne supporte pa reine à ne pas les qui

érale n’a d’ailleurs a 'aider en quoi que c is chimiques, même 1 e laisser aucun détail icision mathématiqut inglemps, mais vaine te action, des équatii nations applicables ue, à laquelle on puis surtout pour les appl

La recherche des tensions de dissociation n’est qu’un simple corollaire de la Théorie générale; je l’ai fait remarquer depuis longues .années, notamment dans la lettre que j’ai eu l’honneur d’adresser à tous les Membres de l’Académie individuellement le i® novembre 1871.

La Thermochimie n’est pas davantage. On a cru, bien à tort, pouvoir expliqua les actions chimiques, c’est-à-dire des mouvements moléculaires, par la seule mesure de la chaleur dégagée; mais cela suppose implicitement deux conditions, qui n’ont été remplies ni l’une ni

La première, c’est que la chaleur dégagée ( -t- ou — ) peut être évaluée d’une manière précise et partagée, sans erreur, entre les éléments, souvent nombreux, de sa production. Sur ce point, les études ne sont pas encore autre chose que des ébauches, pour la plupart très impar-

La seconde condition, qui n’a jamais été remplie, ni même essayée, malgré la nécessité bien évidente de son usage, c’est l’établissement rigoureux des équations vraies et complètes des actions chimiques; c’est, en un mot, l’application de la Théorie générale.

Dans l’avenir, la Thermochimie pourra être un secours précieux pour l’étude des actions chimiques, mais c’est à un point de vue qui ne semble pas s’être offert à la pensée des chercheurs.

Nous n’avons aucune idée de la force chimique. Nous ne savons à aucun degré comment cette force constitue de l’oxygène, du chlore, de l’argent, du potassium, etc., dont les atomes pèsent invariablement 8, 35 , 5 , 108, 3 9 , etc.

Et certes, la Chimie a le plus grand intérêt à le savoir, car la force

Quand les études de Thermochimie seront capables de nous donner l’évaluation certaine de la chaleur mise en jeu dans les actions chimiques, nous pouvons espérer d’en obtenir des notions d’un grand prix sur ce sujet capital.

Aujourd’hui, la Thermochimie s’égare en s’obstinant à ne voir que les détails séparés des actions chimiques, et jamais ces actions en-

i ébauche,

Elle ne

peut sortir de cette voie, et cesser d sous les Lois de la Théorie générale.

Par une fatalité dont je ne veux pas chercher les causes, les chimistes ont éprouvé, depuis plus de vingt ans, envers cette Théorie, des sentiments inexplicables. La conspiration du silence est devenue, tacitement, leur idéal. En vain M. Maumené leur a offert un exposé, très développé, de cette Théorie dans deux Ouvrages :

i° Les Mondes, de feu l’abbé Moigno, dans lesquels, d’abord sous le titre de Petites Annales, puis sous celui de Chimie vraie, se trouvent expliqués tous les faits incomplètement observés pendant une longue période;

2° La Théorie générale de l'action chimique. Ouvrage plus méthodique, où l’on trouve ;

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