Notice sur les travaux scientifiques
Ces travaux ont eu principalement pour objet l’exploration du sol de la France et d’une partie de l’Europe. J’ai consacré tous les loisirs dont j’ai pu disposer, depuis plus de trente ans, à étudier sur les lieux mêmes les montrées dont les descriptions étaient insuffisantes ou présentaient quelque anomalie, afin de fonder mes opinions sur des faits constatés et vérifiés par moi-même.
Voyages Eh Fkance. — J’ai employé, depuis i845, trois mois de chaque année à explorer les différentes parties de la France : soit les provinces du nord (Normandie, Bretagne. Maine et Perche, Anjou, Nivernais, Bourgogne, Champagne, Lorraine et Picardie), soit celles du sud, depuis l’Auvergne et le Plateau central jusqu’au Jura et aux Alpes du Dauphiné, depuis la Provence jusqu’aux Pyrénées. Je me suis rendu compte de la succession des couches dans les divers grands bassins naturels : celui du nord ou bassin de Paris, ceux de la Touraine, de l’Aquitaine et d’Uchaux; et j’ai pu arriver ainsi à établir
une classification rationnelle des dépôts crétacés, jurassiques et triasiques de ces différentes régions.
Voyages a l’étuanger. — Angleterre. — Quatre voyages en Angleterre, en i85i, 1864, 187a et 1875, ont eu pour but l’étude du terrain tertiaire, de la craie et d’une p.artic du terrain jurassique.
Le voyage de i85i m’a permis : i" de signaler, dans le sud de l’Angleterre, des couches de même âge que nos sables de Fontainebleau, découverte confirmée plus tard (i853) par E. Forbes; 2“ d’établir pour la première fois entre les couches tertiaires de la France et celles de l’Angleterre une comparaison qui a été justifiée successivement dans presque toutes ses parties, ainsi qu’on le verra plus loin.
Allemagne septentrionale, Scandinavie et pays adjacents. — En 1862, dans un premier voyage en Allemagne, j’ai exploré le bassin tertiaire de Mayence et le Luxembourg, puis les environs de Maêsiricht, le Limbourg et le terrain tertiaire de la Belgique.
En 1857, l’Ardenne, l’Eifel, le Hundsruck, les rives du Rbin et le Palatinat ont été parcourus à pied, et attentivement étudiés au point de vue de la succession des terrains primaires et de leurs relations avec les roches porphyriques.
En i865, troisième voyage en Allemagne, oii je me suis attaché principalement aux terrains crétacés. le les ai suivis depuis la Westphalie, le Brunswick, le Hanovre et le Hartz jusque dans le Holstein, le Danemark et la Suède, et dans les îles de la Baltique (Rûgen, Wollin).
Je suis retourné en Danemark et en Suède en 1869, pour compléter mes études relatives à la craie et au terrain jurassique de la Scanie, sur lequel j’ai publié un Mémoire étendu.
Suisse, Allemagne méridionale, Moravie, Galicie. — En 18G8, j’ai exploré l’Allemagne méridionale, la Suisse septentrionale, pour l’étude du terrain jurassique; j’ai relevé de nombreuses coupes dans le canton de Berne, en .Argovie, dans le duché de Bade, le Wurtemberg
et la Bavière, jusque sur les frontières russes en Galicie, et sur le versant septentrional des Carpathes (Inwald, Stramberg, etc.).
Tyrol et Alpes orientales. — Les mêmes études sur les terrains secondaires m’ont fait entreprendre, en 1869, un voyage dans te Tyrol et dans les .41pes du pays de Salzburg (Salzkammergut).
Hongrie, Italie septentrionale, — Enfin, en 18y6, dans un voyage de trois mois, indépendamment du Jura méridional et de ta Savoie, où j’ai pu relever sur plusieurs points la succession des assises du terrain jurassique supérieur, et reconnaître leur relation avec le terrain crétacé inférieur, j’ai successivement étudié :
1“ I..es couches fluvio-lacustres du système crétacé supérieur du district de Bakony (Hongrie);
2° Les rapports stratigraphiques des couches tertiaires de la Hongrie avec celles de l’Italie septentrionale, depuis les plus anciennes jusqu’aux assises les plus élevées du miocène.
3“ Dans les Alpes vénitiennes, les calcaires rouges du jurassique supérieur et les couches néocomiennes qui les recouvrent directement.
Les matériaux considérables que j’ai rapportés de ces voyages ont servi, jusqu’en iSSy, à constituer la collection de Géologie de l’École Normale, et,' depuis 1867, celle de la Faculté des Sciences, dont ils composent une importante partie.
Toutes les publications, dont la liste suit, ont pour base les faits recueillis dans ces explorations, toutes les fois que ces faits étaient de nature à servir aux progrès de la Science.