SI
Marine une Commission supérieure pour la prophylaxie des maladies infectieuses et la surveillance des eaux d'alimentation de la marine (I).
Mais il reste encore à surveiller et réglementer les captages d’eau des usiniers (v. 2”), ceux des écoles (puits souvent dangereux) par le ministère de l’Instruction publique, ceux des gares et stations des chemins de fer et
latrines ou à des fumiers) par le ministère**des Travaux publics. ^
Enfin tout ce qui concerne l'emplacement des cimetières ; l’incinération des ordures ménagères; la crémation des morts (indispensable); le tout èl’égout (qui empoisonne les rivières) ; la pratique de Tépandage (absolument funeste dans les terrains fissurés). Pour y parvenir, il faudra faire front contre des libertés, des préjugés, des habitudes, des réputations fâcheusement cristallisés, etc., etc.
En attendant, un résultat est déjà obtenu : avec ce qu’on a déjà fait, grâce aux découverlcs et progrès de la bactériologie et de l’hydrologie sanitaire salutairement alliées, la moutalité ttpheoue en France a dimjncé de moitié de 1891-95 (34 décès pour 100 000 hab.) â 1908 (17 décès pour 100 000) (2). —
C. — Géographie physique. — Géologie générale. — Minéralogie.
Origine des abîmes ou puits naturels. — Vorigine des abimes ou puits naturels, caractérisés avant tout par leur verticalité souvent absolue, avait donné lieu aux plus vives controverses.
Mes recherches ont conduit à cette conclusion irréfutable, qu’il faut les considérer en principe comme de colossales maimites de géant, formées de haut en bas par l’action chimique et mécanique d'eaux violemment engouffrées dans de grandes diaclases verticales (I, 11, III, 4, 13, 18, 19, 21; V, IX, XIV, 26, 41, 65, 67, 68. 104, 106, 124, 161, etc.). Souvent ces marmites sont superposées en plusieurs étages, réunis par des couloirs piatiqués dans des joints de stratification (fig. 26)
La théorie des orgues géologiques, qui voyait, dans les puits naturels, des entonnoii's de décalcification, uniquement dus à la corrosion chimique, est, sous celte forme absolue, inexacte ; il fout, pour être applicable, qu’elle laisse (comme dans toutes les cavernes) â l’érosion mécanique la part considérable due â cette dernière. Dans la craie, cependant, elle trouve de justes applications (Etretat, Maestricht, Poitiers, etc.).
Quant à la théorie geysérienne (d’Omalius d’Halloy, Sc. Gras, Marins Bouvier, Lenthéric, etc.), considérant les ahlmes comme des cheminées d’éruptions geysériennes, d’éjaculations argilo-sidérolithiques, il faut l’abandonner complètement.
En Belgique encore, en 1871, à la mine d’Engis, M. Harzé relevait, à l’étage do 205
et publications ultérieures de MM. Boule, Fournier, Thévenin, Nègre, etc. 11 est dé-
Trop d’auteurs ont considéré l’épaisseur et la hauteur des stalagmites comme susceptibles d’une évaluation chronologique. Cependant Desnoyers (1847), Boyd Dawkins (1874) en Angleterre, Claussen au Brésil, avaient déjà reconnu l’irrégularité de leur formation. J’ai montré (99) que toute évaluation est matériellement impossible à cause des conditions infiniment variées (topographiques, météorologiques, hydrologiques, physiques, chimiques même) qui les régissent.
On a vu des stalactites de 0",60 à 0'",80 de longueur se construire en vingtdeux ans à la voûte des réservoirs d’eau potable de Bayreuth. Certaines mesures semblent indiquer que des milliers d’années, au contraire, ont été nécessaires pour l’édification de grandes stalagmites. De très minces revêtements peuvent être fort anciens, d’autres, très épais, tout à fait modernes !
J’ai expliqué (99) comment il importe, particulièrement en matière de fouilles paléontologiques et préhistoriques, de n’attribuer aucune valeur absolue à l’épaisseur des couvercles de calcite ; ils ne doivent jamais être considérés comme un élément de chronologie dans les cavernes.
Concrétions ex-centriques. — Une forme spécialement bizarre de concrétions n’a pas encore été bien expliquée : c’est celle où la calcite figure des saillies ou pointes obliques renversées et même horizontales, souvent très proéminentes. C’est en Amérique, à la Wyandotte-Cave (Indiana), que M. Collett parait les avoir signalées le premier (1878) ; le D' Brezina les expliquait par des changements de sens des courants d’air (1), qui poussent tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, les gouttelettes d’eau soumises à l’évaporation. Mais cette interprétation est contredite par l’existence et la croissance actuelle de ces concrétions ex-centriques (tel est le vrai nom adéquat à leur défaut d’axe vertical) en des endroits dépourvus de tout courant d’air ; dans les autres cavernes où on les a constatées (bien plus fréquemment qu’on ne le croit), il semble même que le calme absolu de l’atmosphère souterraine soit nécessaire à leur foimation.
Selon M. Van den Broeck, celles de la grotte Rabozée (Belgique) semblent « avoir été soustraites aux lois de la pesanteur, en présence d’une lutte entre celles-ci et les forces de l'action cristallisante, qui Ta emporté
Feu W. Prinz a développé cette théorie d’une prédominance de la force de cristallisation.
h’état capillaire des suintements, att début de la formation de ces concrétions arborescentes ou filifoimes, ne doit pas y être non plus sans influence. Mais il y aurait lieu de rechercher surtout si Ton n’est point ici en présence d’un phénomène colloïdal, ou d’un effet i’osmose. L’aspect déconcertant de ces accidents cristallins impose fatalement l’idée d’un rapprochement avec les végétation? cellulaires artificielles de Leduc, Burke,
le lit des rivières torrentielles (47, 49, 68) ; au passage, j’ai eu à modifier les idées en cours sur le profil en long des cours d’eau ; l’examen des acci-
sions nouvelles et précises sur leur genèse ; enfin, ces mêmes observations dans les Alpes, les Pyrénées, le Caucase m’ont obligé à de sérieuses critiques contre les théories actuellement en vigueur sur les phénomènes glaciaires et le creusement des vallées.
Inégalité de l’érosion torrentielle et des profils en long. — En matière d’érosion par l’eau courante, on savait que l’intensité de l’afiouillement dépend, à la fois et solidairement, de la vitesse d’écoulement et de la nature des roches attaquées ; on pensait que l’inégalité de résistance des divers terrains d’un thalweg peut faire obstacle ù, l’établissement régulier d’un profil d’équilibre continu ; et on admettait que les schistes tendres, par exemple, sont aflouillés plus rapidement que les roches stratifiées des calcaires.
L’étude des rivières torrentielles, effectuée, non pas par à peu près, depuis les rives ou berges, mais avec précision dans leur lit même, au milieu de l’eau et des manifestations variées qui entravent son travail, permet de bien confirmer la première des trois propositions ci-dessus, de généraliser considérablement la seconde et de tenir la troisième pour tout à fait
que maintenant, est irréfutablement établi par les faits matériellement constatés, en tous pays, parmi les lapiaz chaos, et calions calcaires.
Il résulte même de mes observations en Bohème (1898) et 4 Fontainebleau (1904-1903), que cette règle est applicable aussi aux grè,s parisiens (56, 57, 76) et aux quadersandstein de la Suisse Saxonne, de Werkelsdorf et d’Adersbaoh (La Nature, n»’ 1373 et 1375).
La fissuration naturelle de ces grès les a, en eflet, prédisposés tout spécialement à l’action des érosions hydrologiqùes tant superficielles que
— ïô —.
avers toute l’Europe, jusqu’au Car Tonal de Abdalaùs, près Anteqo
occidental (37) (61). L’ancieni
constatation i l’Andalousie
glacières naturelles ou puits
!iué (68, 73, 74) comment certaines grandes résurgences (Fontaine- Var ; la Bidouze et la Nive, Basses-Pyrénées, etc.), pourraient être 'essais de serrements destinés à régulariser leurs écarts, roblème de Vunderflow, ou sous-écoulement des rivières, se pose aussi
en France comme en Ainérique (129), O’ai expliqué à propos des Alpines (72), comment on peut l’étudier pour la Durance.
Les assainissements de marécages peuvent être réalisés en bien des endroits, au grand profit de l’agriculture et de l’hygiène publique, par des désobstructioiis de points absorbants colmatés.
Le gouvernement autrichien a accompli, avec succès, depuis 1886, un grand nombre de ces travaux dans le Karst, en Carniole, Bosnie et Herzégovine (11).
Après ma visite de 1891 aux katavolhres du Péloponèse (160), le gouvernement grec avait confié la suite des explorations et les travaux d’assainissement à M. Sidéridès, ingénieur en chef. La guerre de 1896 a malheureusement suspendu cet effort. (V. fig. 43.)
En France, le Jura présente plusieurs localités où pareilles entreprises devront être tentées. '
Elles sont comprises dans le'lprogramme d’une trentaine de questions d’hydraulique souterraine que j’ai soumis, sur sa demande, à la Direction de l'hydraulique agricole. Quelques-unes ont déjà reçu une heureuse solution. Avec les crédits, encore trop restreints, dont on peut disposer, plusieurs années sont nécessaires pour les résoudre tonies; et bien d’autres, d’incontestable utilité publique, pourraient être posées dès maintenant ou surgiront à bref délai.
Matériellement; les explorations souterraines sont pour longtemps encore un champ largement ouvert aux recherches scientifiques de toutes’sortes ; pratiquement et spécialement, on n’est qu’à l’aurore des applications utilitaires (I) (alimentation, drainage, irrigation, force motrice) de l'hydrologie souterraine et toirentielle, dont la présente notice résume les découvertes et les progrès depuis 1888!
F. — Géographie locale et régionale.
En dehors des explorations et découvertes souterraines proprement dites, relatées dans Les Aôimes (il), l'Irlande et les Cavernes anglaises (Ul), La Spéléologie [11), Padt'i’dc (VI), La Spéléologie au XX" siècle (Sül), L’Kvolutioii souterraine (IX) et les Cavernes de Belgique (XIV), j’ai fait connaUre, dans la région des Causses (France), uu grand nombre de sites et [ihénomènes naturels ignorés, et décrits dans Les CéVennes et la région des Causses (1890, 10 éditions) (I).