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TRANSMISSION DU RAYONNEMENT ÉLECTRIQUE

Une euveloppe métallique ne se laisse pas traverser par les radiations hertziennes ( c. R Ac. Sc., 4 juillet 1898; J. Phys., janvier 1899). — Télégraphie sans fil et collisions en mer (C. P. Ac. Sc., 18 juillet 1898). — Sur l’absorption des ondes hertziennes par des corps non métalliques ( En commun avec M. Gustave Le bon, C. R. Ac. Sc., 4 avril 1899). — Absorption des ondes hertziennes par les liquides ( C. R. Ac. Sc., 3o octobre 1899 ).

Enceinte métallique. — J’avais trouvé en 1891 que, lorsqu’un tube à limaille était entouré avec son circuit par une enveloppe métallique fermée, l’enveloppe ne se laissait pas traverser par le rayonnement d’une étincelle. J’avais fait un grand nombre d’expériences qui m’avaient paru très concluantes. Un peu pins tard, il me fallut parfois une double enveloppe pour arrêter le rayonnement. D’autres expérimentateurs trouvèrent à leur tour qu’une double enveloppe n’était même pas toujours suffisante. On pouvait penser, d’après cela, à un rôle de l’épaisseur de la caisse en métal.

J’ai repris la question en 1898, avec la collaboration de M. Gustave Le Bon. J’ai reconnu que le rayonnement électrique d’une étincelle était toujours arrêté par une enveloppe métallique, même extrêmement mince, si elle est hermétiquement close. En outre, la cause des incertitudes antérieures s’est nettement manifestée.

L'intérieur d'une caisse en bois a été tapissé d’une feuille d’étain qui avait moins de de millimètre d’épaisseur. La boite était fermée sur une de ses faces par une porte recouverte intérieuremenl d’étain; la porte était bien ajustée et maintenue rigoureusement appliquée par des écrous sur les bords de l’ouverture.

A l’intérieur de la boite se trouvait un tube à limaille avec son circuit. Ce circuit comprenait un galvanomètre. Un index solidaire du cadre mobile déterminait au moment de la déviation la fermeture du circuit d’une sonnerie. Ce tube à limaille était assez sensible pour devenir conducteur à l’air libre, sans antennes, à ioo,n d’un excitateur à étincelles de 2mm. La boîte étant fermée et l’excitateur fonctionnant à quelques centimètres des parois, le tube restait isolant. Sa conductibilité se manifestait, même à une grande distance de l’excitateur, dès qu’on desserrait un peu les écrous de fermeture de la porte.

L'action protectrice exercée par une enceinte métallique peut être présentée de différentes manières. On remplace la porte de fermeture de la

caisse métallique par une plaque de métal assez épaisse pour qu’on puisse y implanter une lige conductrice pénétrant à l’intérieur de 3ocm environ et sortant à l’extérieur d’une longueur quelconque. Le circuit d’un tube à limaille, renfermé dans la caisse, est relié directement à la partie intérieure de la tige conductrice ; si l’on met en communication avec un excitateur à étincelles en activité la partie extérieure de la tige, le radioconducteur n’est pas influencé.

L’excitateur à étincelles, la bobine d’induction et les accumulateurs, dont l’ensemble constituait le poste de transmission, furent à leur tour enfermés dans la caisse métallique; ils n’exercèrent aucune action sur un circuit à radioconducteur extérieur à la caisse.

La continuité absolue des parois de la caisse métallique n’est pas indispensable; une enceinte en toile métallique à mailles suffisamment serrées offre la même garantie qu'une enveloppe parfaitement continue.

On a vu précédemment des joints mal assurés formant des fentes laisser passer l’action des étincelles; ici, de petites ouvertures, très nombreuses, de surface totale ouverte importante, sont imperméables. Cette différence d’effets m’a conduit à poursuivre la comparaison des effets des fentes et des ouvertures. Pour une fente, la direction, la longueur, la largeur sont à considérer.

L’action est très vive si la fente est perpendiculaire à l’axe de l’étincelle: par conséquent, avec une fente verticale, lorsque les tiges de l’excitateur sont horizontales; l’action diminue considérablement lorsque la fente est horizontale.

La fente étant perpendiculaire à l’axe de l'étincelle, sa longueur est la dimension qui importe le plus; une fente fine pratiquée avec un rasoir exerce un effet qui n’est pas beaucoup plus faible que celui d’une fente de même longueur, et d’une largeur de imm.

L’importance de la continuité de la longueur de la fente est manifeste. Ainsi, l’axe de l’étincelle étant horizontal, deux fentes verticales de iocmde longueur et de iIum de largeur étaient séparées par un intervalle conducteur de omin,5. L’étincelle de l’excitateur cessait d’agir quand on la reculait à 2m. Après qu’on eut coupé le pont conducteur et réuni ainsi les deux fentes de iocm, la même étincelle ne cessa d’agir qu’à 5m,5o.

Des ouvertures rondes se laissent difficilement traverser quand leur diamètre est petit; il faut un grand nombre de petites ouvertures rondes, de surface totale importante, pour offrir un passage aussi facile qu'une simple fente de rocln pratiquée avec un rasoir.

Murs. — Le rayonnement électrique, d’après les expériences réalisées sur une enceinte métallique, trouve un passage facile à travers des fentes fines des parois de l’enceinte. Cette observation pouvait faire douter, à l’égard d’un certain nombre de substances, de la transparence admise pour les radiations utilisées en télégraphie sans fil. On ne peut pas dire qu’une radiation traverse un mur si elle passe par les jointures des portes. Il était logique de reprendre quelques essais avec les précautions minutieuses qui venaient d’être prises dans le cas d’une enceinte métallique. C’est ce qui a été fait pour des blocs de ciment, des pierres, des caisses de sable.

Une cavité ayant la forme d’un cube de iocm de côté était ménagée au centre du bloc. Ce réduit était fermé sur cinq de ses faces par les parois du bloc ; la sixième face était protégée par une porte métallique carrée, soigneusement ajustée et fixée à l’aide de vis et d’écrous. Cette porte livrait passage au circuit révélateur d’ondes, composé d’une pile, d’un tube à limaille et d’une sonnerie. Le tout occupait la cavité du réduit; il n’y avait pas d’antenne.

Le tube à limaille, très sensible, contenait une fine limaille d’un alliage d’or et de cuivre. Un radiateur, actionné par une bobine d’induction de i5cm d’étincelle, était disposé en face du milieu de la paroi du réduit, à l’opposé de la porte métallique.

A l’air libre, le radiateur rendait conducteur le tube à limaille à une distance supérieure à /jom, distance maxima dont on disposait. Après avoir placé le radiateur aussi près que possible du bloc, on l’éloignait progressivement jusqu’à ce que le silence de la sonnerie indiquât que les ondes électriques n’agissaient plus. Aux distances auxquelles le radiateur ne traversait plus la paroi, il suffisait de desserrer les écrous de la porte en métal pour que le tube fût influencé de nouveau.

Bloc de ciment. — Les parois du réduit avaient 3ocm d’épaisseur. 1 2 heures après la construction, le bloc étant encore très humide, l’opacité était complète, même pour une étincelle éclatant à quelques centimètres de la paroi. Après quelques jours, il fallait reculer le radiateur à 70e"1.

Pour un bloc de même matière et un réduit de iocm de parois, 12 heures après la construction, le radiateur cessait d’agir à 7“. Après quelques jours, il fallait reculer le radiateur à i2Iu.

Pierre blanche. — La pierre était sans défaut, le réduit avait 4oem de parois. Sèche, la pierre se laissait traverser lorsque le radiateur était à plus de 4om. Elle fut mouillée pendant quelques jours, l’action cessa à 2.5,u.

Des résultats analogues furent obtenus avec du sable sec etdu sable saturé d’eau.

En résumé, pour ces substances, l’opacité croissait avec l’épaisseur et avec l’humidité.

Liquides. — Le liquide exposé au rayonnement était contenu dans une caisse cubique de 6oc,D de côté dont la face supérieure restait ouverte. Les parois du fond de la caisse et de trois des faces latérales étaient en verre épais; la quatrième face latérale était une forte plaque de zinc offrant en son centre une ouverture carrée de 2oc,a de côté qui donnait accès à une boite en bois où on logeait le récepteur.

Par le liquide versé dans la caisse, la boite centrale était entourée d’une couche de 2oc,n d’épaisseur, sauf sur la face d’entrée qui était hermétiquement close par un couvercle métallique assujetti par des écrous. D’après cela, l’absorption étudiée était celle qui était exercée par des couches gazeuses ou liquides de 2ocm d’épaisseur.

Un radiateur était disposé en face de la paroi de verre opposée à la face métallique.

Un radioconducteur était enfermé avec son circuit et une sonnerie dans la boite centrale; la sonnerie se faisait entendre lorsqu’un effet était produit.

L’air et une huile minérale (valvoline) se comportaient de la même façon. L’eau distillée et l’eau de source exerçaient une absorption bien supérieure à celle de l’air et de l’huile.

Sous l’épaisseur de 20cm, une eau salée renfermant 2kg de sel marin pour 1 851 d’eau distillée exerçait une absorption complète. L’eau de mer, qui contient un poids de sel marin plus de deux fois supérieur, doit donc arrêter complètement les radiations électriques sous une épaisseur notablement inférieure à 2o‘m.

Le sulfate de zinc, le sulfate de cuivre, le sulfate de soude exerçaient des absorptions comparables à celles du chlorure de sodium.

On s’assurait que la fermeture de la porte métallique était hermétique en plaçant le radiateur en face de cette porte et à une très courte distance, lorsque la cuve contenait une solution qui exerçait une absorption complète.

TÉLÉMÉCANIQUE SANS FIL.

Distribution et contrôle d’actions produites à distance par les ondes électriques ( C. fi. Ac. Sc., 20 mars iç>o5 ) . — Appareil de télémécanique sans fil de ligne ( C. fi. Ac. Sc., 26 juin 1905 ). — Appareil de sécurité contre les étincelles accidentelles dans les effets de télémécanique sans fil (C. fi. Ac. Sc., 22 octobre 1906). — Établissement, entre un poste transmetteur et un des postes récepteurs d’une installation de télémécanique sans fil, d’une correspondance exclusive, indépendante de la syntonisation (C. fi. Ac. Sc., 5 novembre 1906). — Appareil de sécurité contre les étincelles perturbatrices ininterrompues, en télémécanique sans fil (C. fi. Ac. Sc., 20 juillet 1908).

La télégraphie sans fil n'est pas la seule application possible de la conductibilité intermittente des radioconducteurs. La déviation d’un galvanomètre pour la vue d’un signal ou l’attraction du contact d’un électro-aimant pour l’inscription du signal ne sont pas des effets privilégiés et tout autre effet du courant peut être déterminé à distance, à un instant donné, par le jeu d’un radioconducteur. La commande d’effets à distance, sans fil de ligne, constitue la télémécanique sans fil.

Pour un effet commandé qui sera un effet du courant: calorifique, lumineux, magnétique ou, par l’intermédiaire d’électro-aimants, un effet quelconque, les conditions qui conviennent à la propagation des courants oscillatoires de l’étincelle entre le poste transmetteur et le poste récepteur sont les mêmes qu’en télégraphie sans fil.

On peut affirmer, d’une manière générale, que tout appareil qui obéit à un courant par des fils de ligne est susceptible, quel que soit l’agencement de ses organes, de fonctionner par étincelles, sans modification essentielle dans sa construction. Car le passage d’une commande avec fils à la même commande sans fil n'exige qu’un changement de courant. Au courant qui suit les fils de ligne on substitue le courant oscillatoire d’une étincelle pour le parcours de l’espace compris entre les deux postes. Tout se passe comme si ce courant oscillatoire voyageait de l’une à l’autre des antennes des deux postes à travers l’éther qui les sépare. Arrivé à l’antenne réceptrice, le courant oscillatoire se communique au circuit du radioconducteur. Le radioconducteur détermine le déclanchement qui, dans la commande avec fils, était effectué directement par le courant qui parcourait les deux fils de ligne.

Cet aperçu fait comprendre que la télémécanique sans fil est susceptible

d’applications aussi nombreuses que la télémécanique avec fil qui est si répandue.

On peut opérer de diverses façons pour produire un phénomène à distance. Supposons qu’il s’agisse d’un phénomène à plusieurs phases.

Lne première méthode se présente : on réalisera à distance une première phase par l’éclatement d’une étincelle du poste transmetteur, cette première phase en provoquera une seconde, soit directement, soit par des électroaimants, la seconde en suscitera une troisième et ainsi de suite. L’émission d une étincelle unique suffira ainsi pour entraîner un système complexe par des actions qui se suivent pour ainsi dire en cascade, à des intervalles qui peuvent être réglés par des retardateurs d’exécution.

Il m’a semblé que la division du travail, ou la production indépendante des phases du phénomène par des étincelles spéciales à chaque phase, offrirait plus de sécurité. J'ai voulu que l’opérateur fût renseigné sur le moment précis où il convient de lancer une étincelle pour agir sur un poste qu’il ne voit pas et sur le succès ou l’insuccès de sa commande.

A l’aide de dispositifs appliqués à deux postes que j’ai installés dans mon laboratoire, j’ai essayé de résoudre le problème général de la télémécanique sans fil.

Plusieurs effets ont été préparés à un poste récepteur, chacun avec un circuit particulier possédant la source d’énergie de son courant, de telle sorte qu’il suffit d’un simple déclanchement pour réaliser un effet. L’opérateur du poste transmetteur agit sur le poste récepteur où personne n’est nécessaire, produit les différents effets dans un ordre dont il est le maître, les laisse persister pendant un temps arbitraire et les suspend à volonté.

Postes de télémécanique sans fil.

Le poste récepteur réclame une description détaillée. Son organe principal est un distributeur qui localise l’action d’une étincelle sur un des effets préparés.

Distributeur. — Le distributeur est un axe en acier sur lequel sont centrés et fixés des disques métalliques isolés les uns des autres et de l’axe. Certains de ces disques sont interrupteurs, d’autres sont avertisseurs.

Chacun des disques interrupteurs a pour mission d’ouvrir ou de fermer un circuit. Pour cela, un de ces disques présente sur un secteur de sa circonférence une saillie qui appuie sur une goupille flexible pendant une fraction

de tour de l’axe et livre alors passage à un courant spécial à un effet auquel le disque est affecté.

L’axe distributeur est installé sur la face supérieure d’une cage métallique qui abrite un radioconducteur et son circuit; ce circuit comprend un relais. Actionné à l’occasion d’une étincelle du poste transmetteur, le relais, par le déplacement de sa bobine mobile et le rapprochement des contacts qui en résulte, ferme un circuit de travail qui suit à l’extérieur de la cage divers chemins qui lui sont successivement offerts par les contacts des saillies des disques interrupteurs et des goupilles correspondantes qui émergent légèrement du plafond de la cage.

Chaque circuit de travail comprend les deux contacts du relais, le contact d'un secteur et d’une goupille et l’électro-aimant d’un déclancheur.

Lin déclancheur ferme à son tour un circuit qui produit l'effet voulu.

Il y a en définitive trois sortes de circuits : i° le circuit unique du radioconducteur et de la bobine mobile du relais, complètement intérieur à la cage; 2U les circuits de travail ou circuits des électro-aimants des déclancheurs, ayant, d’une part, une partie commune intérieure qui comprend une pile et les deux contacts du relais et, d'autre part, des parties extérieures distinctes ; un de ces circuits est fermé si une étincelle éclate au moment d'un contact secteur-goupille; 3° les circuits fermés par les déclancheurs, entièrement extérieurs et distincts.

Le circuit du radioconducteur est animé par une pile très faible; les circuits de travail par uue pile de quelques volts commune à tous les circuits; les courants fermés par les déclancheurs peuvent être intenses.

Un effet particulier ayant été produit, on peut l’arrêter après un ou

plusieurs tours de l’axe distributeur, en raison des deux positions opposées que prend alternativement le levier d’un déclancheur. L’arrêt a lieu par une étincelle du poste transmetteur éclatant pendant que le disque interrupteur correspondant à cet effet appuie par son secteur en saillie sur sa goupille.

Dans 1 intervalle de temps restreint où, à chaque tour, l’opérateur est maître de provoquer ou de suspendre un effet, aucun autre des effets préparés au poste récepteur ne peut se produire, car les autres circuits de travail sont interrompus, leurs secteurs et leurs goupilles n’étant pas en contact.

Télégraphe automatique avertisseur. — L’opérateur du poste transmetteur esL prévenu des temps où il peut agir par des radiotélégrammes qui s’inscrivent sous ses yeux sur une bande à dépêches. Les signaux B.

émanent d une bobine d’induction dont le circuit primaire se ferme temporairement et automatiquement au poste récepteur.

Celte télégraphie automatique sans fil se fait par l’intermédiaire d’un disque spécial appelé disque des temps. Ce disque est muni sur son pourtour de groupes de dents étroites. Ces groupes sont équidistants, nous en supposerons cinq; le premier n’a qu’une dent, le deuxième en a deux. . ., le cinquième en a cinq. Les contacts des dents avec un ressort ferment le primaire de la bobine d’induction et font éclater à chaque tour de l’axe cinq groupes d'étincelles. C’est pendant les intervalles de temps qui sont compris entre les groupes d’étincelles et qui correspondent chacun à un déroulement de plusieurs centimètres de la bande à dépêches que l’opérateur appuiera sur son manipulateur pour lancer des étincelles.

Pour fixer les idées, nous choisirons quatre effets à produire : i° la détonation d’un revolver, localisée dans l’intervalle 1-2, entre l’étincelle sim et l’étincelle double, par la position de la saillie de son disque interrupteur; 20 la mise en mouvement d’un ventilateur, dans l’intervalle 2-3; 3° un allumage de lampes, dans l’intervalle 3- i ; 4° l’attraction d’un boulet, dans l’intervalle 4-3.

L’axe distributeur est entraîné par un moteur électrique dont le circuit se ferme par un déclancheur. Son entrainement ou son arrêt est un cinquième effet. C’est le cinquième effet possible pour un disque des temps à cinq groupes de dents; il est possible dans l’intervalle 0-1 par un disque affecté au moteur.

Si, par les signaux du télégraphe automatique, l’opérateur connaît les temps auxquels chaque effet peut être provoqué ou suspendu, il est prévenu des résultats par des signaux spéciaux, dus à des disques de contrôle portés par l’axe distributeur. Un disque de contrôle est adjoint à chaque effet; il est muni de deux larges dents qui ferment, en appuyant contre un ressort, le circuit primaire de la bobine d’induction du télégraphe automatique.

Nous avons vu qu’il n’y avait qu’un radioconducteur au poste récepteur. Les circuits des électro-aimants déclancheurs rayonnent autour du circuit du radioconducteur et du relais. La cage métallique doit mettre le circuit du radioconducteur à l’abri des étincelles d’avertissement du télégraphe automatique.

Au poste transmetteur, le radioconducteur adjoint au Morse qui inscrit les signaux du télégraphe automatique est enfermé dans une cage qui doit le préserver des étincelles que lance l’opérateur.

Rôle alternatif des antennes. — Il y a une antenne à chacun des deux postes. A chaque poste, la même antenne est amenée à remplir deux fonctions distinctes.

Au poste transmetteur, l’antenne est, par le jeu même du manipulateur, antenne d’émission pendant l’éclatement des étincelles, puis elle reste antenne réceptrice pour l’inscripteur Morse.

Au poste récepteur, l’antenne est reliée par un mécanisme spécial à l’exploseur du télégraphe automatique, au moment de ses étincelles, et elle est alors antenne d’émission; elle devient antenne de réception quand les secteurs appuient sur les goupilles. Ce rôle lui est assuré par un disque à cinq secteurs égaux en saillie qui alternent avec des creux.

Ensemble des disques. — Les disques forment deux séries. La première série comprend sept disques appuyant par des secteurs en saillie sur des goupilles émergeant légèrement, par de petites ouvertures, du plafond de la cage. Ce sont : i° le disque de l’antenne, à cinq secteurs égaux, alternant avec des creux; 2° un second disque identique ayant constamment ses secteurs en saillie et ses creux dans les mêmes positions que le disque de l’antenne; à ce disque, que j’appelle disque commun, aboutissent les cinq circuits des électro-aimants déclancheurs des quatre effets et du moteur; 3° cinq disques interrupteurs; chacun présente un secteur unique qui a constamment la même position que l’un des secteurs des deux premiers disques. A chacun de ces cinq disques aboutit un des cinq circuits qui se rejoignent au disque commun.

La seconde série comprend six disques, sans communication avec l’intérieur de la cage. Ce sont : i° le disque des temps, avec ses groupes équidistants de dents étroites; un intervalle quelconque, tel que 2-3, correspond à un secteur en saillie et à un vide consécutif du disque de l’antenne et du disque commun et, à cause de cela, se décompose en deux parties : une première partie, pendant laquelle le secteur du ventilateur appuie sur sa goupille en même temps qu’un secteur du disque de l’antenne appuie sur sa propre goupille et rend l’antenne réceptrice; une seconde partie, quicorrespond au passage d’un vide devant les goupilles aussi bien pour le disque du ventilateur que pour le disque de l’antenne; l’opérateur peut agir pendant la première partie d’un intervalle, il reçoit des signaux pendant la seconde partie; 2° quatre disques de contrôle, offrant chacun deux larges dents situées, l’une avant le début d’un intervalle, tel que 2-3, l’autre à la fin de cet intervalle ; au disque des temps, aussi bien qu’à chacun des disques de

contrôle, aboutit un des cinq circuits qui ferment le primaire de la bobine du télégraphe automatique par les contacts des dents et des ressorts; 3° un disque commun auquel se rejoignent les cinq circuits précédents.

Pour éviter l’usure qui résulterait d’étincelles à l’échappement des dents contre les ressorts, les cinq courants des temps et des contrôles sont faibles et actionnent un relais extérieur qui ferme le circuit à fort courant du primaire de la bobine d’induction.

Mise en marche de l'axe distributeur. — Il est indispensable que le moteur qui entraîne l’axe distributeur puisse être mis en marche à tout instant. Ce résultat est obtenu à l’aide d’un électro-aimant vertical fixé, comme l’axe distributeur, sur le dessus de la cage métallique.

A cet effet, le noyau de l’électro-aimant est mobile; il porte à sa partie inférieure un anneau en ébonite qui repose par trois pointes métalliques sur trois goupilles du plafond de la cage; une des goupilles relie le circuit du radio-conducteur à l’antenne. Les deux autres livrent passage au courant de l’électro-aimant du déclancheur du moteur quand le relais intérieur fonctionne à l’occasion d’une étincelle. Dès que le moteur commence à tourner, le courant qui l’entraîne se met à circuler dans la bobine de l’électro-aimant vertical, aspire le noyau et maintient les pointes écartées des goupilles pendant tout le temps de la marche du moteur.

Le moteur n’est susceptible d’être arrêté que dans l’intervalle 5-i.

Fonctionnement général. — A un moment donné, une étincelle éclatant au poste transmetteur, le moteur du poste récepteur se met de lui-même brusquement en marche; par la rotation de l’axe distributeur, les étincelles des temps donnent des signaux également espacés qui s’inscrivent au poste transmetteur sur la bande à dépêches. Si les effets à provoquer sont indépendants, comme ceux que j’ai choisis, et si le premier intervalle qui se présente à l’opérateur est l’intervalle 2-3, on lance une étincelle au commencement de cet intervalle et le ventilateur tourne. Un signal de contrôle est reçu à la fin de l’intervalle 2-3. Dans l’intervalle 3-4, on procède de même à l’allumage des lampes, et ainsi de suite.

Si les effets à effectuer font partie d’un phénomène complexe, comme on connaît les intervalles qui se rapportent à chaque phase du phénomène, on lance les étincelles dans l’ordre qui convient, en ayant soin de ne commander une phase que si la précédente est signalée effectuée par une étincelle de contrôle.

— (il

Quand tous les effets ont été réalisés, on peut les laisser persister; on arrête le moteur et l’axe distributeur par une étincelle lancée du poste transmetteur dans l’intervalle spécial affecté à l’arrêt du moteur.

On peut désirer s’assurer, à un moment donné, du bon fonctionnement général. Par une étincelle, on met en marche le moteur cl l’axe distributeur. Les signaux des temps s’inscrivent; chacun d’eux est précédé et suivi d’un signal de contrôle qui témoigne de la continuité des effets. On arrête encore le moteur dans l’intervalle habituel.

Enfin, lorsqu’on juge l’arrêt opportun, on agit par des étincelles du poste transmetteur lancées dans les parties des intervalles où les effets ont été provoqués. L’absence des signaux de contrôle prévient graduellement de la cessation des effets. On arrête le moteur par une dernière étincelle.

Chacune des opérations s’effectue par un petit flux d’étincelles au lieu d’une étincelle unique. De petites imperfections de l’appareil sensible aux ondes sont ainsi moins à redouter.

Appareils de sécurité.

Malgré ses perfectionnements, la syntonisation par accord électrique n’apporte pas en télémécanique une garantie suffisante. Un puissant exploseur agira toujours s’il est voisin du poste récepteur; d’ailleurs on peut faire passer l’exploseur, à des intervalles rapprochés, par l’accord spécial au poste visé. Des étincelles de passage peuvent aussi accidentellement vibrer avec la période en usage.

Pour ces raisons, j’ai construit des appareils de protection, indépendants de la syntonisation, remédiant à ses imperfections.

J’ai résolu le problème en deux fois. Je me suis d’abord proposé de préserver de l'action des étincelles accidentelles; ce sont les seules contre lesquelles la télémécanique aura à se défendre si elle est réglementée. Je me suis occupé ensuite des perturbations prolongées.

Perturbations accidentelles.

Une étincelle accidentelle ayant fermé le circuit du radioconducteur et le relais ayant rapproché ses contacts, un effet aura lieu si le circuit de l'électro-aimant d’un déclancheur est alors fermé par un contact secteur-goupille. Pour éviter cette coïncidence, l’électro-aimant du déclancheur est remplacé

— Cri —

dans le circuit que ferment à la fois les contacts du relais et le contact secteur-goupille par un autre électro-aimant qui préside à l'entrainement d’une roue interruptrice ou interrupteur rotatif, et il faut, pour que l'effet soit effectué, que l’interrupteur rotatif ait effectué un tour.

Interrupteur rotatif. — Le déclanchement de l’effet dépend d’une came que la roue entraîne avec elle. Dans la position de départ de la roue, la came est au-dessous de l’une des branches d’un levier déclancheur. Après nn tour de la roue, la came arrive au-dessus de la branche du levier au lieu d’être au-dessous comme au début, elle fait basculer le levier et l'effet est réalisé.

Le pourtour de la roue est isolant, sauf sur des touches conductrices très étroites qui ferment le circuit de l’électro-aimant de la roue en réunissant transversalement deux balais flexibles parallèles. Une étincelle éclatant, une touche étant en contact avec les balais dans la position de départ de la roue, le circuit de l’électro-aimant est fermé. Le petit moteur spécial qui entraîne la roue est déclanché et entraîne la roue. Si, au moment où une seconde touche vient à passer sous les balais, une nouvelle étincelle n’éclate pas, le moteur de la roue s’arrête par le jeu d’une goupille, et, par un mécanisme électrique automatique, la roue et la came sont ramenées solidairement tà la position de départ.

Quand une seconde étincelle éclate au moment où les balais s'appuient sur la seconde touche, la roue et la came continuent leur rotation.

S’il y a cinq touches et si une étincelle a éclaté à chacun des passages, la came a fait un tour comme la roue et produit le déclanchement. La roue et la came reviennent ensuite automatiquement à la position de départ.

En somme, pour qu’un déclanchement ait lieu pendant le passage du secteur d’un disque sur sa goupille, il faut qu’il n’ait pas manqué d'étincelle à chacune des cinq fermetures successives qu’un tour entier de la roue établit dans le circuit de l’électro-aimant. Dans les conditions de la construction, c’est impossible, s’il s’agit d’étincelles vraiment accidentelles.

L’interrupteur rotatif devient un intermédiaire forcé pour l’opération. On la réalise, dans l’intervalle de temps où elle est possible, en lançant du poste de transmission, avec un exploseur rapide, un jet ininterrompu d’étincelles serrées.

L’emploi de l’interrupteur rotatif a l’inconvénient de ralentir les opérations, puisque le contact du secteur d’un disque avec sa goupille doit être supérieur à la durée de la rotation de la roue.

Les communications ont été établies pour que le même interrupteur rotatif servit pour toutes les opérations; il est alors placé à l’intérieur de la cage métallique.

Correspondance exclusive entre deux postes. — L’interrupteur rotatif permet d’obtenir à volonté une correspondance exclusive entre le poste transmetteur et chacun des postes récepteurs d’une installation de télémécanique sans fil. On arrive à ce résultat en introduisant un élément de concordance entre le poste transmetteur et les différents postes récepteurs, par l’introduction au poste transmetteur d’une roue mobile II' qui n’entre pas dans la composition même du poste et à laquelle j’ai donné le nom de roue témoin.

Le moteur spécial qui entraîne l’interrupteur rotatif R, d’un poste doit être assez régulier pour qu’un tour de la roue ait lieu dans un temps à peu près fixe, à i seconde près sur 20, par exemple. On peut beaucoup mieux. On dispose au poste transmetteur la roue R', qui est mise en marche par un moteur à la façon de R,, par la fermeture d’un électro-aimant. R' n’a ni touches, ni balais, ni came, ni mécanisme de retour; il s’arrête après un tour par le jeu d’une goupille, et la vitesse de rotation de son moteur est la même que pour R, au degré d’approximation indiqué.

Au moment où l’opérateur lance une étincelle en abaissant un manipulateur, le jeu du manipulateur ferme le circuit de l’électro-aimant de R' et R' se met à tourner.

L’étincelle met, en même temps, R, en marche au poste récepteur.

R, et R' sont partis ensemble et font un tour dans le même temps. Si des rayons de même orientation au repos ont été tracés sur les deux roues, leurs directions se maintiennent parallèles pendant un tour. La roue R' fait ainsi connaître à l’opérateur les positions successives de R,, malgré l’éloignement. La coïncidence des orientations cesserait assez vite après un certain nombre de tours; elle est complète pour un tour en partant du repos.

Les roues R, devront avoir la même vitesse dans tous les postes. Elles différeront par la distribution des louches du pourlour. Ces distributions sont figurées sur la roue R'.

On conçoit que, suivant qu’on voudra agir sur tel ou tel poste, on lancera du poste transmetteur des flux qui se succéderont conformément à la distribution spéciale à la roue du poste sur lequel on veut agir.

Perturbations prolongées.

L’appareil de sécurité destiné tà préserver une opération contre les risques d’étincelles perturbatrices prolongées se compose de solénoïdes de même axe, aspirant des tronçons de fer doux espacés sur une tige non magnétique qui les supporte el glisse dans l’axe commun des solénoïdes.

Description. — Les solénoïdes ont des circuits distincts qui se ferment séparément. Nous les supposerons au nombre de trois; sur deux d’entre eux, bt et ô3, le sens du courant fait avancer la tige mobile suivant l’axe; elle recule par l’action de b2.

La tige mobile peut prendre trois positions, 1, II, III : I est le point de départ, III la position d’arrivée pour laquelle a lieu le déclanchement de l’effet voulu, II est une position intermédiaire.

b , aspire la tige de I cà II, b3 l’aspire de II à III, b2 la fait reculer de II ou de III à I.

Un réglage particulier des enroulements et de la position des tronçons de fer doux permet à b3 d’aspirer la tige mobile de 11 à III, mais la laisse sans effet si la tige mobile est en 1. Par conséquent, b3 ne pourra agir qu’après b , et sera sans action si b{ n’a pas agi ou si une action de b2 a été intercalée.

Pour simplifier l’exposé et relier l’usage de l’appareil à l’axe distributeur, je supposerai que les fermetures des trois circuits de ôt, b2 et b3 sont des effets réalisables dans les intervalles des signaux des temps du télégraphe automatique. Par exemple, b{ agira dans l’intervalle 1-2, b2 dans les intervalles 2-3 et 4-5, b3 dans l’intervalle 3-4; l’intervalle 5-i est réservé à l’arrêt du moteur.

Pour éviter des mises en marche fortuites, l’interrupteur rotatif contre les étincelles accidentelles est intercalé dans le circuit qui permet le déclanchement à tout instant du moteur d’entrainement de l’axe distributeur.

Fonctionnement normal. — Le moteur ayant été mis en marche du poste transmetteur avec le flux que l’interrupteur rotatif exige, on lance une étincelle ou quelques étincelles rapprochées dans l’intervalle i-:>; alors b{ aspire la tige mobile de I à II; on est prévenu du résultat par une étincelle de contrôle. On laisse passer l’intervalle 2-3. Par quelques étincelles

dans l’intervalle 3-4, b3 aspire la tige de II à 1 II ; une étincelle de contrôle en prévient. Un courant spécial que ferme la tige arrivée en 111 déclanche reflet cherché. Le résultat est signalé par une étincelle de contrôle. Dans l’intervalle 4-5, on fait agir b2 qui repousse la tige de III à I. On arrête le moteur dans l’intervalle 5-i.

Fonctionnement en cas cV étincelles prolongées. — C’est le cas où le moteur d’entrainement de l’axe distributeur est parti sans commande voulue, malgré la protection de l’interrupteur rotatif.

L’opérateur du poste transmetteur est prévenu de la rotation par une sonnerie et par l’inscription des signaux du disque des temps. Un signal de contrôle apprend que la tige mobile a pris la position II; il ne faut pas qu’elle aille à III. Comme l’opérateur ignore si la perturbation persistera dans l'intervalle 2-3, il agit lui-même sur b2 dans cet intervalle, ce qui ramène la tige en I. Alors, la position III ne peut plus être prise, puisque l’action de b3 n’est efficace que si la tige est déjà dans la position IL

En résumé, la position du repos est assurée par l’opérateur ou par les étincelles perturbatrices elles-mêmes.

Les perturbations ne pourront ainsi en définitive causer aucun dommage. On devra toutefois attendre qu’elles aient cessé pour faire quelque chose d'utile.

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