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Puisque, d’après cela, les parties très réfrangibles du spectre d’absorption de l’hémoglobine n’offrent pas d’intérêt, la lumière électrique pouvait être remplacée par la lumière Drummond; celle-ci est maintenue aisément constante, en réglant les débits d’oxygène et de gaz d’éclairage.

Les spectropbotomètres peuvent être à lumière naturelle ou à lumière polarisée. Je les ai employés successivement.

Spcctrophotomèlre à lumière naturelle. — Contre une fente verticale éclairée, on applique une auge à deux compartiments séparés par une cloison horizontale. La cloison partage la fente en deux parties de petite hauteur, peu écartées. Un collimateur rend parallèles les faisceaux issus des deux demi-fentes. La fente et le collimateur forment la première partie du spectroscope ; la seconde partie comprend un prisme à arête verticale et une lunette.

On voit deux spectres l’un au-dessus de l’autre; ils ont le même éclat si les deux compartiments de l’auge sont remplis par des solutions d’hémoglobine également étendues. Avec des solutions inégalement étendues, les éclats sont différents. Pour comparer les quantités d’hémoglobine des deux solutions, on ramène les éclats des deux spectres à l’égalité, en faisant varier soit l’épaisseur des deux compartiments de l’auge, soit la largeur des deux demi-fentes. C’est dans la région des deux bandes d’absorption et du vert intermédiaire qu’un changement d’éclat correspondant à une petite variation d’hémoglobine dans l’une des solutions s’apprécie le mieux.

L’emploi d’un spectropbotomètre à lumière polarisée est plus sensible.

Spectrophotomètre à lumière polarisée. — Les pièces de polarisation sont intercalées entre les deux parties du spectroscope; ce sont : un prisme biréfringent de Rochon à arête horizontale et un nicol. Par le Rochon, chacun des deux spectres est dédoublé, et l’on a quatre spectres avec leurs bandes d’absorption alignées verticalement. En tournant le nicol, on amène à l’égalité d’éclat l’image extraordinaire d’une demi-fente et l’image ordinaire de l’autre. Cette égalité s’apprécie mieux si les deux spectres à comparer sont juxtaposés. On y arrive pour un dédoublement convenable du Rochon.

Il est préférable que le dédoublement du Rochon superpose en partie les deux spectres au lieu de les juxtaposer. Quand on a tourné le nicol pour arriver à l’égalité de ces deux spectres, la lumière des parties superposées se comporte comme de la lumière naturelle. On le reconnaît avec un pola-

riscope, qui est ici un quartz parallèle. L’interposition du quartz introduit des cannelures verticales dans les spectres ; les cannelures obscures de l’un des spectres couvrent les cannelures lumineuses de l’autre. Si la plage commune est naturelle, les cannelures n’y sont plus visibles. C’est dans la région des deux bandes d’absorption qu’il faut la plus petite rotation du nicol pour faire succéder l’apparition des cannelures à leur disparition.

Pour faire une mesure, on introduit une solution titrée d’hémoglobine dans l’un des compartiments de l’auge qui est appliquée contre la fente; l’autre compartiment reçoit la solution de sang dont on cherche la teneur en hémoglobine; on tourne le nicol jusqu’à obtenir la disparition des bandes dans la partie commune aux deux spectres.

Il a été souvent commode de remplacer l’auge à deux compartiments par deux cuves prismatiques à angle très aigu et à arête réfringente verticale, disposées l’une au-dessus de l’autre. La solution titrée d’hémoglobine étant versée dans l’une des cuves et la solution étudiée dans l’autre, on fait avancer horizontalement l’une des cuves jusqu’à obtenir la disparition des bandes. J’ai reconnu ainsi qu’une solution d’un sang quelconque pouvait être remplacée par une épaisseur équivalente d’un autre sang et que les bandes disparaissaient à la fois dans toutes les couleurs du spectre.

Ayant fait cette constatation avec du sang humain, des sangs de bœuf, de chien, de cheval, de coq, de carpe, j’en ai conclu l’identité spectrale de la matière colorante du sang chez les divers Vertébrés.

La constatation de cette identité permettait d’évaluer la richesse d’un sang en matière colorante d’après sa comparaison avec une solution titrée d’une hémoglobine quelconque préparée pure. J’ai rapporté mes déterminations à une solution titrée d’hémoglobine de chien.

J’ai effectué un certain nombre de mesures relatives à la durée de conservation du sang, aux variations de l’hémoglobine à la suite des hémorragies, aux variations à la suite d’injection d’eau dans les veines et aux variations clans différents cas pathologiques.

Sur l’électrolyse des tissus animaux ( C . R. Ac. Sc., 3 juin 1901 ).

Il s’agit d’une observation qui avait été faite par Apostoli dans sa pratique électrothérapique et que j’avais souvent répétée avec lui. Voici comment il la présentait :

« Deux aiguilles de platine étaient enfoncées perpendiculairement d’environ rm dans un bloc de viande fraîche, à une distance l’une de l’autre d’environ 2cœ; on faisait passer un courant tel que l’intensité fût de 5o à 80 milliampères. Quand on renversait le courant, l'intensité s’abaissait à quelques milliampères pour remonter à peu près à sa valeur par un retour au premier sens et tomber de nouveau au renversement. La durée des passages du courant dans chaque sens était voisine de 2 minutes. »

J’ai reproduit exactement le même phénomène en plongeant de la même manière les deux aiguilles de platine, en l’absence de tout tissu, dans un électrolyte visqueux, tel qu’une solution de gomme arabique dans l’eau légèrement salée; c’était un liquide très résistant. Par le passage du courant, les deux électrodes se recouvrent d’une gaine mousseuse qui adhère beaucoup plus à l’électrode positive qu’à la négative. Les apparences observées tiennent à ce que l’électrode positive se dégage moins vite de sa gaine que la négative. Pour un faible voltage, on comprend que l’intensité soit peu différente aux deux passages en sens contraires; avec un voltage élevé ou une plus grande durée de passage, la chute est au contraire très forte dans les deux sens. Les conditions expérimentales de l’effet à expliquer étaient intermédiaires.

Assimilation de la conductibilité nerveuse à la conductibilité électrique des substances discontinues ( C. B. Ac. Sc., 27 décembre 1897; Arch. Éiect. méd., i5 février 1898),

Dès les premières recherches sur le fonctionnement du système nerveux, on a admis une ressemblance entre la conductibilité nerveuse et la conductibilité électrique; on regardait alors les filets nerveux comme continus. Depuis, des recherches histologiques ont présenté le système nerveux comme formé d’éléments discontinus, appelés neurones , n’ayant que des rapports de contiguïté. L’assimilation du système nerveux à un ensemble de conducteurs métalliques n’est plus alors possible; mais n’y a-t-il pas lieu de penser à une analogie avec un conducteur discontinu, un neurone jouant le rôle d’un grain métallique dans un conducteur discontinu?

Cet essai d’assimilation suggère des comparaisons qui offrent de l’intérêt.

Nous voyons un choc affaiblir et même supprimer la conductibilité d’un conducteur discontinu ; de même un traumatisme peut déterminer l’anesthésie et la paralysie hystériques, dues à une suppression de la transmission, soit sensitive, soit motrice de l’influx nerveux, peut-être par défaut de contiguïté des terminaisons nerveuses.

Si les décharges électriques établissent la contiguïté des conducteurs

discontinus, ne guérissent-elles pas clans certains cas l’anesthésie et la paralysie hystériques, en établissant la contiguïté des éléments?

Le parallélisme entre les effets du choc et des étincelles sur les radioconducteurs et sur le système nerveux hystérique se poursuit dans la sensibilisation par un premier effet, c’est-à-dire dans la susceptibilité de réagir sous une action faible après qu’une action forte a produit un premier effet.

Les décharges de haute fréquence rendent conducteurs les conducteurs discontinus; si elles agissent favorablement sur des affections causées par le ralentissement de la nutrition, ne peut-on pas supposer qu’elles rétablissent entre les éléments nerveux une contiguïté devenue insuffisante?

Après avoir fait agir d’abord sur des conducteurs discontinus une pile de grande force électromotrice, il suffit ensuite d’employer une pile moindre pour arriver au même effet ; n’y aurait-il pas lieu de rechercher si, dans les affections nerveuses où les courants continus agissent, leur mode d’action n’est pas analogue?

Ces aperçus ne se rapportent qu’à une analogie d’effets incertaine; néanmoins, ils sont susceptibles de guider dans la question obscure du choix des mo les électriques à employer dans différentes applications de l’électrothérapie.

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