RAYONNEMENT CALORIFIQUE
Sur l’emploi du gaz d’éclairage comme source constante dans les expériences de rayonnement ( C /i. Ac Sc , ji mars 1887). — Nouveau mode d’emploi du thermomultiplicateur ( C. ft. Ac. Sc., 12 avril 1887).
A l’occasion de recherches de rayonnement calorifique que j’avais entreprises, je m’étais proposé de remédier aux imperfections de l’emploi du thermomultiplicateur. En raison des incertitudes qui provenaient de la méthode des impulsions, de Réchauffement de la pile, des irrégularités de la source, chaque mesure prise isolément ne représentait réellement pas, à près, la grandeur à mesurer.
On savait que la lampe modérateur est une source régulière de rayonnement calorifique. A l’aide de mesures effectuées avec un galvanomètre à miroir, j’ai reconnu que, bien employée, cette lampe reste très constante pendant 3 ou 4 heures, mais son entretien et son usage exigent des soins minutieux. J’ai trouvé plus pratique de régler un bec à gaz d’éclairage.
Emploi d’un bec à gaz réglé. — J’ai maintenu constante la pression du gaz avec un robinet à pointeau. La constance était observée sur un manomètre métallique très sensible que j’avais construit pour cet usage. C’était une boîte plate, à large surface cannelée, au centre de laquelle était fixé un système articulé analogue à celui du tambour de Marey. En soulevant la surface cannelée, le gaz pousse un levier en aluminium qui porte un miroir concave. En opérant par réflexion, une variation de pression de im,“ d’eau correspond à une course de 25m,n. On arrive aisément à limiter avec un diaphragme une région de la flamme, telle qu’une variation sensible du manomètre ne produise qu’une très petite variation au galvanomètre.
En opérant ainsi, j’obtenais pendant 3 ou 4 heures consécutives des périodes de mesures très constantes. Quand on faisait varier la pression du gaz, une même impulsion au galvanomètre répondait exactement à une même pression.
Le gaz employé était celui de la Compagnie parisienne, tel qu’il sortait des conduites. Un bec ainsi réglé est également une source de lumière constante. Mon procédé peut être appliqué à l’examen du pouvoir éclai-
rant du gaz.
Incertitudes de la règle des impulsions. — Afin d’obtenir une précision rigoureuse, j’employais par réflexion une règle circulaire de om, 5o de rayon, divisée en millimètres; le centre de la circonférence était sur le fil de cocon du galvanomètre. Le galvanomètre et sa règle étaient enfermés dans une cage en bois à plafond de verre, l’oculaire de la lunette sortait seul de la cage.
Avec des galvanomètres de Nobili, les impulsions furent constamment trop fortes d’un côté de l’équilibre et trop faibles de l’autre. Elles duraient environ 3o secondes et il fallait espacer les mesures de 5 en 5 minutes pour un retour complet à l’équilibre. Les galvanomètres à amortissement et à aiguilles Siemens en forme de cloche m’ont paru susceptibles d’une plus grande régularité, mais l’amortissement ne permettait pas d’observer nettement une impulsion. Pour mettre à profit leurs avantages, j’ai limité la durée du rayonnement.
Limitation de la durée du rayonnement. — La chute d’un écran en aluminium laisse passer le rayonnement de la source, la chute d’un second écran l’intercepte après i5 secondes, le jeu des écrans est réglé par des contacts électriques et une horloge. Le temps qui sépare la chute des deux écrans est constant à de seconde environ.
On a alors une impulsion nette au galvanomètre à amortissement; en outre, le refroidissement de la pile est plus rapide. L’intervalle de deux observations est réduit à 3 minutes. La proportionnalité entre les quantités de chaleur et les nouvelles impulsions est presque rigoureuse.
J’ai obtenu, plus lard, une proportionnalité rigoureuse en réduisant à 7 secondes la durée du rayonnement; l’intervalle de deux observations ne dépassait plus guère i minute. Ces derniers résultats n’ont pas été publiés.
Quand la durée du rayonnement a été diminuée, l’impulsion est restée notablement plus forte que si elle avait été réduite proportionnellement.