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DÉPERDITION ÉLECTRIQUE PAR UNE SOURCE INCANDESCENTE

Nouvelle conductibilité unipolaire des gaz ( C. B. .-le. Sc., 4 avril 1892). — Sur la conductibilité d’un gaz compris entre un métal froid et un corps incandescent ( C. B. Ac. Sc., 27 juin 1892). — Sur la conductibilité électrique des gaz {Bull. Soc. fr. Phys., avrilnovembre 1892). — Déperdition électrique par l’illumination de corps médiocrement conducteurs ( C- B. Ac. Sc., 16 avril 1895). — Sur la propriété de décharger des corps électrisés, produite dans les gaz par les corps incandescents et par les étincelles électriques {C. B. Ac. Sc., 26 octobre 1896).

Déperdition par les gaz des étincelles. — On savait que les gaz d’une flamme déchargent les corps électrisés, il devait en être de même pour les gaz qui entourent les étincelles électriques. Je l’ai reconnu en faisant éclater des étincelles au-dessous d’un tube coudé; les étincelles n’éclairaient plus le disque électrisé, les gaz étaient dirigés sur le disque par une aspiration due à un vif courant d’air. On constatait que le courant d’air seul ne produisait aucune déperdition, mais il donnait lieu à une déperdition rapide quand il était mêlé aux gaz entraînés de l’étincelle et cette déperdition était la même pour les deux électricités. Le disque électrisé avait été fixé sur le bouton d’un électroscope à isolant de soufre; la déperdition spontanée de l'électroscope ainsi isolé était absolument nulle pendant la durée des expériences.

Déperdition par les mêmes gaz refroidis. — En assujettissant le tube d’aspiration à la partie supérieure d’un long serpentin en cuivre entouré d’eau et en faisant éclater les étincelles au-dessous d’un entonnoir fixé au bas du serpentin, les gaz aspirés et projetés sur le disque y arrivent froids. Je faisais remarquer que, d’après cela, ce n’était pas à la température élevée des gaz qu’il convenait d’attribuer leur action.

Déperdition par les gaz qui environnent un corps incandescent. — Je n’ai constaté aucune trace de déperdition en projetant sur un disque électrisé un courant d’air ou d’hydrogène très fortement chauffé. Mais il y a déperdition si le courant de gaz lancé sur le disque a rencontré sur son trajet une surface portée au rouge.

Ainsi un fil de platine porté au rouge par un courant électrique provoque la déperdition d'un corps électrisé. On peut disposer le corps électrisé audessous du fil de platine rougi. La déperdition a encore lieu quand on a refroidi les gaz en les faisant passer dans le serpentin entouré d’eau et qu’on les projette sur un disque électrisé. Au fil de platine on peut substituer une lame de platine ou de tôle rendue incandescente par un chalumeau à gaz.

Déperdition unipolaire par un corps incandescent. — Les gaz des étincelles électriques, les gaz d’une bougie, d’une lampe à alcool, d’un bec Bunsen produisent les deux déperditions, soit quand ils agissent directement, soit quand ils sont aspirés et projetés.

Au-dessous du rouge vif, une plaque incandescente ou un fi 1 de platine incandescent produisent surtout une déperdition négative.

Il est remarquable qu’on obtient encore la déperdition unipolaire en aspirant les gaz chauds qui entourent le fil de platine incandescent, en les refroidissant par leur passage à travers le serpentin entouré d’eau froide et en les projetant refroidis sur un disque électrisé. J’ai cité des nombres très démonstratifs.

Les deux déperditions croissent avec l’incandescence du fil; au rouge vif, elles tendent à devenir égales.

Par des expériences électrométriques très variées, j’ai rendu apparent pour les deux métaux en présence le mécanisme des passages électriques. Le corps incandescent est isolé et lui-même est mis en communication avec un électroscope qu’on peut charger. J’établis nettement le passage de l’électricité négative du corps froid au corps incandescent ou encore de l’électricité positive du corps incandescent au corps froid, ce qui revient au même. La conductibilité inverse est insensible tant que le corps incandescent est au rouge sombre. Le passage a lieu dans les deux sens lorsque le corps incandescent est porté au rouge vif.

La déperdition unipolaire peut changer de sens avec la nature du corps incandescent. — En assujettissant sur f électroscope différents disques métalliques ou médiocrement conducteurs électrisés, la déperdition unipolaire ne m’a pas paru changer de sens avec la nature du disque froid. M ais elle a changé de sens avec certaines surfaces incandescentes.

Pour manifester rapidement le sens des déperditions, j’ai fait usage d’une lampe à gaz dont je remplaçais le verre par un tube de métal qui était de cette façon porté à l’incandescence. Avec le laiton, le cuivre rouge, le platine, la déperdition est négative; elle est positive avec le nickel. L’état physique du métal joue un rôle.

On a des déperditions analogues avec des corps incandesents non métalliques. Un conducteur négatif se décharge vivement quand on lui présente un tube de verre chauffé au rouge à l’une de ses extrémités (on a introduit dans l’axe du tube, jusqu’à irni de l’extrémité rougie, un fil métallique qui laisse écouler l’électricité enlevée). Au contraire, au rouge sombre, un

morceau de charbon de bois soutenu par un fil métallique décharge rapidement un corps positif. Des enduits de métaux en poudre ou d’oxydes appliqués par fusion sur des tubes de verre portés au rouge donnent lieu à des déperditions tantôt positives, tantôt négatives.

Les expériences précédentes ont été effectuées par des procédés électrométriques. Ces procédés sont sensibles et commodes. Je les ai confirmées par quelques mesures galvanométriques.

Mesures galvanométriques. — Une couche d’air était interposée entre une plaque de platine rendue incandescente en son milieu et une plaque métallique maintenue froide. Les deux plaques, très larges, étaient réunies respectivement aux deux pôles d’une pile. Un galvanomètre très sensible faisait partie du circuit du condensateur à air. La couche d’air comprise entre les deux plaques laissait passer un courant lorsque le platine était porté au rouge. On obtenait une déviation fixe; elle était d’abord incomparablement plus forte lorsque la plaque froide était négative. La déviation augmentait avec l’incandescence et la conductibilité cessait en même temps d’être unipolaire.

Pour une distance des deux plaques de quelques millimètres, la pile employée était une pile de 2Ô0 éléments. En diminuant suffisamment la distance, j’ai pu réduire le nombre des éléments à 10.

Persistance de la conductibilité unipolaire pour de fortes différences de potentiel. — J’ai démontré cette persistance par la comparaison des distances explosives entre une lame de platine et deux sphères, quand le platine est ou n’est pas chauffé.

Les deux sphères étant les deux pôles d’une petite machine électrique en activité, la distance explosive était différente quand l’une des sphères était en face d’une partie incandescente du platine ou en face d’une partie non chauffée.

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