Révision du genre Catalpa
La plupart des espèces de ce genre sont cultivées dans les jardins particuliers et dans les jardins botaniques; mais elles y figurent d’ordinairè sous de faux noms; elles ont été prises les unes pour les autres par des botanistes pourvus de renseignements insuffisants, et les catalogues des
horticulteurs ont encore augmenté la confusion. Il était d’autant plus utile de faire une révision spéciale du genre et d’en établir les sections, que, par la présence de ses espèces exclusivement dans l’hémisphère nord, par leur répartition en Asie et en Amérique, et par la coexistence, avec le même type floral, d’arbres à feuilles caduques, adaptés aux régions tempérées, et d'autres à feuilles coriaces, exclusivement tropicaux, il est un des plus intéressants à connaître au point de vue de l’origine des formes végétales et de leur répartition actuelle sur le globe. L’auteur, en raison des confusions existantes, a dû donner un grand développement à la synonymie. Une des planches est consacrée à une. espèce nouvelle, G. Fargesi, qui sera, il y a lieu de l’espérer, une acquisition importante pour l’horticulture.
11. — Études sur les genres Reyesia et Monttea Cl. Guy, et observations sur la tribu des Platycarpèes de M. Miers.
(Bulletin de la Société botanique de France, 1863, t. X, p. 38.)
M. Miers (Observations on the Bignoniaeeœ, in The Annals and Magazine of natural Ilistory, vol. VII, n° 3fl, p. 166), bien que n’ayant pas eu occasion de voir en nature les genres Monttea et Reyesia , les réunit au genre Oxycladus, décrit par lui-même, ainsi qu’aux genres Platycarpum et Henriquezia, pour en former, dit-il, une tribu naturelle de l’ordre des Bignoniacées, sous le nom de Platycarpeæ. Le caractère dis- . tinctif de cette tribu serait, suivant M. Miers, d’avoir un ovaire formé de deux feuilles carpellaires portant des ovules sur leur nervure médiane, et réunis dos à âos de manière à former un ovaire à deux loges.
L’auteur a pu, sur des échantillons authentiques, faire une étude complète de tous ces genres, sauf YOxycladus. Il montre que l’opinion de M. Miers est contraire, non seulement aux faits fournis par l’analyse, mais encore aux lois générales qui président à la disposition et au développe-, ment des organes de la fleur. Le pistil des genres en question ne présente rien qui puisse faire supposer que ses carpelles constituants aient une position différente de celle qu’ils occupent dans la généralité des plantes gamopétales à ovaire biloculaire.
Non seulement la tribu des Platycarpèes de M. Miers ne se distingue pas par une structure particulière de l’ovaire, mais elle est en réalité composée de genres qui appartiennent à des familles différentes.
Les Henriquezia et Platycarpum sont pourvus de stipules, et leur ovaire est infère. Ils doivent former, à eux seuls, la petite tribu des Platy-
carpées, qui sera transportée dans l’ordre des Rubiacées, où elle se distinguera par son fruit en partie supérieur au calice, par l’existence de quatre ovules dans chaque loge et par ses fleurs résupinées, le calice ayant tou- ' jours un de ses cinq lobes tourné du côté de la bractée.
Les genres Reyesia et Montlea appartiennent à l’ordre des Scrofularinées. Le premier se range dans la tribu des, Salpiglossidées; le second forme avec YOxycladus une petite tribu nouvelle, caractérisée par la présence d’une seule graine dans le fruit, résultant de l’avortement de tous les ovules moins un, et par l’absence d’albumen dans cette graine.
L’auteur donne une description complète du Monttea et du Reyesia, et insiste sur les particularités remarquables que lui ont offertesi’androcée et le gynécée dans ce dernier genre. Il y a quatre étamines didynames : les deux courtes sont antérieures et les deux grandes latérales. G’est le contraire de ce qui sé voit ordinairement. La brièveté des étamines antérieures est due à une cause mécanique, à la pression qu’exerce sur elles le style dilaté .et recourbé à son sommet. On doit, au contraire, attribuer à une action physiologique l’inégalité quejarésentent les loges des anthères de ces mêmes étamines ; les logés antérieures, dont le pollen peut s’échapper sans toucher aux papilles stigmatiques, sont comme atrophiées, tandis que les loges postérieures, en contact intime avec le stigmate, sont très grosses. Leur pollen doit servir d’une manière très efficace à la fécondation, et leur volume est en rapport avec l’importance de leur fonction. Ce volume ne peut guère avoir d’autre cause que le contact immédiat et permanent de; l’organe femelle et la plus grande énergie vitale qui en est la conséquence, - Cette réaction de la fonction sur l’organe, fréquente dans le Règne animal, mérite d’être notée en botanique, car lé Règne végétal en fournit très peu d’exemples.
12. — Prodromus systematis naturalis Regni vegetabilis, t. XVII, 1873.'
Moraceœ.
La famille desMorées n’avait jamais été l’objet d’un travail monographique. Les plantes qui lui appartiennent se trouvaient décrites dans une" quantité de publications différentes, et l’auteur a dû se livrer à de nombreuses recherches bibliographiques. Cette famille naturelle, dont les limites étaient jusqu’ici assez vaguement définies, se sépare des Urticées. par l’ovule suspendu, et des Artocarpées par les étamines infléchies dans là préfloraison. En outre, les feuilles sont condupliquées et non enroulées
autres, dans les genres Malaisia et Fatoua, qui ne contiennent plus qu’une espèce, et surtout dans le genre Morus. Le Mûrier blanc (Monts alba), comme la plupart des plantes cultivées depuis une haute antiquité, a donné naissance à de très nombreuses variétés. C’est à lui qu’il faut rapporter les formes décrites par divers auteurs sous les noms de Morus Tatarica, Italica, Constantinopolitana, Indica cuspidata, stylosa, atropurpurea, mullicauhs, lævigata, etc. La nomenclature des Morus avait donné lieu à une synonymie compliquée que l’auteur s’est efforcé d’éclaircir.
13. —Prodromus systematis naturalü Regni vegetbbihs, t. XVII, 1873. Artocarpaceœ. Conspectus tritmum et generum.
Tableau donnant les caractères essentiels des vingt-neuf genres qui composent la famille, et suivi d’une synonymie complète de ces genres . ' ' spèces qu’ils renferment.