IV
Sur la paragonite schistofibreuse de Changé (Mayenne).
Même publication, 3” série, t. X, p. 3g6.
Cette matière, qui forme une bande pincée entre le carbonifère supérieur et le dévonien à Changé (Mayenne), avait été regardée par Blavier comme une stéatite quartzeuse. Les caractères physiques sont en effet ceux des matières talqueuses; majs l’analyse chimique y accuse des traces seulement de magnésie.
La partie la plus pure de cette roche est formée de silice, 47,2; alumine, 37,7; soude, 6 , 4 ; potasse, 3 , 6 ; eau, 5,2 (total, 100,1). C’est une variété de paragonite dont la formule est voisine de (Si 0 î ) î Al s 0 3 (K* 0 , Na 1 0 , H'O).
Optiquement, j’y ai reconnu les caractères des substances orthorhombiques.
Sur la beauxite de la Guyane française.
J’ai analysé plusieurs échantillons de cette matière provenant des alluvions de la crique Boulanger, une des petites haies de la rivière Comté, près Cayenne. C’est un mélange d’hydrate d’alumine(gibbsite) et de sesquioxyde de fer, tantôt anhydre et tantôt hydraté, formant des masses de forme irrégulière, en partie compacte, en partie concrétionnée, de texture souvent pisolithique. M. Stanislas Meunier avait déjà signalé l’existence de la beauxite dans celte contrée.
Sur les roches cristallisées de la Guyane française et sur le gisement primitif de l’or de cette contrée.
Bullelia do la Société géologique do France, 2' série, t. XXIV, p. 684.
L’auteur fait ressortir l’analogie des terrains d’une partie de la Guyane française et des provinces de Maranhas et de Minas-Geraës (Brésil). On y observe une succession de gneiss, de micaschistes et J. 6
Sur la formation du silex cacholong dans les silex de Champignj
Parmi les bancs siliceux irréguliers de silex alternes avec des lits de calcaire siliceux, à Bry-sur-Marne, près Champigny, j’ai rencontré des fragments criblés de cavités qui étaient remplies d’une matière presque pulvérulente, formée de silice soluble dans la lessive de potasse. A l’air sec, cette poudre perd son eau; elle devient friable extérieurement; mais elle se condense au contraire, à la longue, à l’intérieur, en une masse solide, blanchâtre, à peine translucide, semblable à ce qu’on appelle cacholong. A-t-elle été déposée pulvérulente, ou n'est-ce pas plutôt une désagrégation du silex? Nous penchons pour cette dernière opinion.
Sur les minerais de fer pisolithiques des environs de Paris.
Aux environs de Rochefort, en allant de ce village vers Limours (Seine-et-Oise), à laBâte. auguéd’Aune, on rencontre des exploitations d’argile plastique. Sous la glaise de la Bâte, j’ai observé des nodules d’ocre jaune souvent ronds comme des billes, creux ou pleins et analogues à beaucoup do minerais de fer pisolithiques.
J’ai aussi étudié les globules pisolithiques de fer carbonaté disséminés dans les argiles d’Issy et de Vanves. Ils sont formés d’une croûte qui est composée de limonite et de fer carbonaté terreux et qui entoure un noyau de fer oligiste.
Sur l'existence de la néphéline dans les blocs d’oligoclase ponceux, à Denise, près le Puy (en collaboration avec M. Des Cloizeaux).
M. Des Cloizeaux a observé que les blocs de substance blanche empâtés dans le basalte de Denise, près le Puy (Haute-Loire), malgré
leur analogie, se distinguent en deux variétés : l’une à faciès altéré, où se reconnaissent du quartz, quelques grains de cordiérite et des fragments clivables d’orthose et d’oligoclase; l'autre à structure analogue à la ponce, présentant les caractères optiques de la néphéline ou de l’élœoiite ; j’ai pu, après des triages minutieux, confirmer ces prévisions par l’analyse chimique. Les nodulesponceux ont pour élément principal la néphéline, qui paraît enfermée dans de l’oligoclase.
Sur le pyroxène vert des mines diamantifères du Cap.
Le pyroxène d’un beau vert des mines du Cap, où M. Des Cloizeaux a observé les caractères optiques d’un diopside, en a aussi la composition. La coloration verte en est due à 2,8 pour 100 d’oxyde de chrome.
Sur un sulfate de cuivre et de cobalt hydraté trichro'ique Cu O SO> -1- 2 ( Co O SO* ) -1- 21 H* O.
Mémo publication, t. VI, p, a.
En étudiant le sulfate double de cuivre et de cobalt obtenu par M. Étard, j’ai constaté qu’il appartenait au système asymétrique.
Sur des pierres taillées en statuettes, etc., du haut Mexique (en collaboration avec M. L. Michel).
Même publication, t. VI, p. 34.
M. Hamy nous a confié la détermination d’objets en pierre travaillés par les anciennes peuplades du Mexique.
La matière première de deux de ces échantillons provenant de Oaxaca est fibreuse et présente les caractères chimiques et optiques d’une serpentine.
Un troisième échantillon deTeotihuacan a la composition chimique, la densité et les caractères optiques d’une variété d’albite.
Sur la buratite du Laurium.
Même publication, t. VIII, p. 43.
J’y ai trouvé i 5,45 acide carbonique; 14,75 eau; 18,07 protoxyde de fer; 5 o ,45 oxyde de zinc; o, 5 o résidu (total, 99,22).
Les houppes soyeuses de cette matière sont formées de fibres qui s’éteignent obliquement à leur longueur en lumière polarisée.
Note sur la chrysocole de Boléo (Californie).
Même publication, t. IX, p. an.
A Boléo la ch rysocole accompagne un oxyde de manganèse qui donne lieu à un dégagement de chlore, quand on le traite par l’acide chlorhydrique. Elle est intimement mélangée à de l’opale et conserve d’ailleurs elle-même sa composition chimique ordinaire :
Cu O Si O*+2 H* O.
Au microscope, en lumière polarisée parallèle, elle a une structure sphérolithique; elle forme des courbes emboîtées les unes dans les autres et offre perpendiculairement aux couches des fibrilles extrêmement ténues, qui s’éteignent parallèlement à leur longueur. La manière dont le mica quart d’onde y fait monter le tondes couleurs montre que ces fibres doivent être optiquement négatives. J’ai retrouvé ces caractères dans les chrysocoles de Sibérie et du Chili.
Analyse chimique et optique de l’urauite de Madagascar.
Ayant eu à ma disposition un petit échantillon de cette matière, rapportée de Madagascar par M. Grandidier, j’en ai soumis un fragment à l’analyse et j’ai pu y constater la composition 3 ( 11 * 0 *, Fe, Ca)0P*0‘H-i2H*0.
Les caractères optiques y sont les mêmes que dans l’autunite où uranite d’Autun (Saône-et-Loire); système cristallin orthorhombique et bissectrice aiguë négative, perpendiculaire au plan de clivage
Sur un nouveau gisement de schéelite.
Cette matière offre la composition chimique, la densité, les clivages et tous les caractères de la schéelite ou tungstate de chaux. Elle provient de Saint-Lary, vallée d’Aure (Hautes-Pyrénées).* 4 **
Sur la génite des Pyrénées.
Même publication, t. XI, p. 206.
C’est une roche exploitée comme marbre dur à Génost, vallée de Louron (Hautes-Pyrénées). Elle a une structure schisteuse et paraît se relier aux schistes ardoisiers verts de Génost.
La couleur en est d’un rouge lie de vin irrégulièrement veiné de blanc pur et de vert clair assez vif.
Le fond rouge de la roche est formé d’un schiste siliceux et ferrifère; les veines verdâtres contiennent un peu de chlorite et les blanches sont composées de : carbonate de chaux 3 i, 3 ; carbonate de magnésie 5 ,g 3 ; carbonate de fer 8,02 et siiice 54,7; celles-ci ont pour densité 2,7 et ne sont pas rayées par la pointe d’un burin; cette belle roche a été appelée génite.
Sur la pharmacolite de Sainte-Marie-aux-Mines (Alsace-Lorraine).
Même publication, l. XI, p. 212.
En dosant les acides, les bases et l’eau, j’ai trouvé que cette matière a la composition
i(Ca 0 )As ! 0 s , 6 H' 0 .
Sur la
Chili.
J’ai analysé des gros blocs provenan t des environs du filon cuprifère de la mine Llanca, district La Higuera, département de Coquimbo ; ils ont la densité, la forme et les clivages prismatiques, ainsi que les caractères chimiques et optiques du dipyre de Pouzac; on doit donc les rapporter au groupe des wernérites.
Sur la dioptase du Congo français.
Dans les minéraux rapportés de cette région par M. Thollon, j’ai rencontré des dioptases associées au quartz et à la chrysocole.
Les échantillons que j’ai eus entre les mains ne m’ont pas permis une étude cristallographique aussi complète que j’aurais voulu de ces échantillons, qui offraient d’ailleurs les formes de la dioptase de Sibérie, signalées pour la première fois par M. Des Cloizeaux dans les fragments rapportés du Gabon. Mais j’ai pu m’assurer que les caractères.optiques, de ces cristaux doivent les faire rapporter au système rhomboédriquc et non au système orthorhombique, comme il a été dit depuis. Sur les lamelles obtenues par clivages parallèlement aux faces du rhomboèdre primitif, on observe déjà latéralement, en lumière polarisée convergente, les courbes isochromatiques caractéristiques des cristaux optiquement uniaxes et, sur des lames taillées perpendiculairement à cet axe dans les cristaux limpides, le doute n’est pas possible. La dislocation de la croix noire tient évidemment dans les échantillons qui la présentent à un groupement et ce sont au contraire les cristaux simples qui présentent les phénomènes optiques les plus symétriques.
Sur l'argent natif du Congo français.
Même publication, t. XIV, p. 65.
L’auteur a observé sur certains points des échantillons de dioptase des petits cristaux d’argent natif et, comme l’a fait remarquer M. Des Cloizeaux, c’est la première fois qu’on a signalé de l’argent natif dans les minéraux de cette contrée.
Sur la turquoise dite de nouvelle roche.
Les analyses chimiques et optiques montrent que la couleur bleue de ces pierres est bien due au phosphate de fer, qui se colore de plus en plus avec le temps.
ir le feldspath orthose des basaltes de Royat.
L’auteur a étudié un grand nombre des échantillons de ce feldspath qu’il a recueillis à Royat. 11 y a reconnu tous les caractères chimiques et optiques de l’orthose, malgré les dérangements souvent irréguliers de leurs éléments constituants. La disposition v est hori/.ontale et l’angle des axes assez petit.
Sur l’historique du blanchiment du diamant.
Même publication, t. XIV, p. 65.
L’auteur établit que ce procédé de blanchiment du diamant au moyen d aniline, expliqué par Ghevreul, était déjà pratiqué au xvu e siècle en
Sur le talc de Madagascar.
Même publication, même tome, p. 60.
Ün des très curieux échantillons rapportés de Madagascar par M. Catat est une jolie pseudomorphose d’actinote transformée en talc, comme le montrent la composition chimique et les caractères optiques.
Sur d’autres matières minérales de Madagascar.
Les échantillons obtenus par M. Grandidier, à l’Exposition de 1889, pour le Muséum, se composent de zircons et de saphirs, dont la couleur et les formes rappellent complètement celles des pierres de même composition qu’on recueille dans le gisement célèbre d’Expailly (Haute-
Sur la matière colorante des calcaires noirs des Pyrénées.
Les calcaires noirs des Pyrénées doivent leur couleur à une variété de carbone, que ses caractères physiques et chimiques doivent faire regarder comme de l’anthracite.
Sur le grenat pyrénéite.
Même publication, même tome, p. ia 7 .
Le grenat noir des environs de Barèges est coloré, comme le calcaire qui le renferme, par de l’anthracite. Ce grenat n’est pas un grossulaire pur ni une mélanite simple : c’est un grenat complexe! sa densité le rapproche des mélanites.
combinaisons ne s’effectuent qu’en très petites proportions du premier
Quant aux cristallisations obtenues par M. Spring, je n’ai pu les reproduire. Toutes les substances pulvérulentes ainsi comprimées à des pressions qui pouvaient atteindre 8ooo ,tm , n’ont formé que des agrégats qui i° sont friables, lorsque les éléments sont résistants (le marbre et la plupart des matières cristallines pulvérisées) et qui 2° sont assez consistants, et prennent une structure schisteuse, lorsque leurs éléments sont plastiques et s’écrasent facilement (talc, argile plastique, argent, cuivre).
M. Le Chatelier vient d’ailleurs de démontrer par de belles expériences (Bulletin de la Société minéralogique, t. XV, séance du io novembre 189a) que la compression ne peut que hâter les combinaisons, et qu’elle ne peut les réaliser sans l’action de la température.