Notice sur les travaux scientifiques
SUR LE JABORANDI (Pilocarpus PINNATUS). Bulletin de la Société de Biologie , 1875. Bulletin de la Société chimique, tome XXIV 1875.
Mémoire couronné par l’Institut. Prix Barbier, 1876.
Sur le Pilocarpus PINNATUS. Bulletin de la Société S Acclimatation.
Ce Mémoire a reçu un Prix (Médaille d’or) de la Société d’accli-
Action de l’alcaloïde du jaborandi sur la sécrétion des glandes. En collaboration avec M. leD r Bochefon- TAINE. Bulletin de la Société ae Biologie, 1875.
Sur l’action physiologique du jaborandi au point de vue de la sécrétion de l’urée. En collaboration avec M. le D r Ball. Bulletin de la Société de Biologie 1874.
Sur le Pilocarpus pinnatus et le Pilocarpus simplex cultivés en Europe. En collaboration avec M. le D r Bochefontaine. Bulletin de la Société de Biologie 1876.
Ilyaquelques années, le Pilocarpus pinnatus fut introduit dans la thérapeutique sous le nom de Jaborandi. Les propriétés singulières de cette plante excitèrent l’attention générale. On en constatait les effets, mais la nature du principe auquel ils étaient dus restait inconnue.
J’ai montré, que les feuilles de cette plante, contiennent une essence et des alcaloïdes, la pilocarpine et un autre alcaloïde moins important.
L’essence s’obtient en recevant dans un récipient florentin le produit de la distillation des feuilles avec de l’eau. 10 kilogrammes de feuilles m’ont donné 56 grammes d’essence brute. Cette essence soumise à la distillation fractionnée, fournit deux produits : un carbure d’hydrogène le pilocarpène bouillant à 178 degrés, et un deuxième produit dont le point d’ébullition est au-dessus de 250" et qui se prend par le refroidissement en une masse solide, incolore, et transparente.
Le pilocarpène C'°H 1S est un liquide incolore , transparent, plus léger que l’eau. Sa densité est de 0,882 à 18°, sa densité de vapeur trouvée 4, 5, son pouvoir rotatoire
(*) D — + 1,21. Le pilocarpène forme la plus grande partie de l’essence du Pilocarpus pinnatus. Il absorbe rapidement l’acide chlorhydrique, et se transforme en un mélange de deux bichlorhydrates, l’un solide, l’autre liquide.
Le bichlorhydrate solide s’obtient en cristaux par l’action du froid. On le purifie par des cristallisations dans l'éther. Il a pour formule C‘°H le 2HGl.
Le bichlorhydrate liquide surnage les cristaux, il a également pour formule C I0 H ,S 2HC1.
Le pilocarpène ne forme pas de monochlorhydrate.
Par l’ensemble de ses propriétés, l’essence de Pilocarpus pinnatus se rapproche de l’essence de citron. Elle n’a sur l’économie qu’une action faiblement accusée.
J’ai préparé lapilocarpine par plusieurs méthodes fondées sur le principe de mettre la base en liberté et de la reprendre par le chloroforme. C’est une matière incolore, visqueuse, soluble dans l’eau et dans l’alcool. Elle donne des sels cristallisables avec les acides nitrique, chlorhydrique, sulfurique ; j’ai constaté avec M. Bochefontaine que la pilocarpine a sur le cœur et sur les glandes une action physiologique semblable à celle du Jaborandi.
L’injection d’une solution de pilocarpine dans la patte d’une grenouille dont le cœur a été mis à nu, arrête les , mouvements du cœur, et quand ceux-ci sontpresque abolis il suffit, comme après les injections d’extrait de Pilocarpus, d’introduire du sulfate d’atropine dans la patte saine pour les faire reparaître denouveau. Injectée dans les veines d’un chien auquel on a introduit une sonde dans le canal de Warthon, elle amène en 3b secondes un flot de salive qui s’échappe par la canule pendant plusieurs heures ; l’injec-
tion d’un sel d’atropine sous la peau arrête en peu d’instants cette sécrétion morbide.
Quand la mort arrive le cœur s’arrête en diastole.
- Chez l’bomme, cinq à dix minutes après l’injection du chlorhydrate de pilocarpine, quinze minutes au plus, la salivation commence à se manifester ; elle augmente d’une manière continue et atteint son maximum après une demWieure environ, elle diminue ensuite et cesse une demi-heure plus tard. La sudation se manifeste en général lorsque la salivation commence à décroître, elle arrive en une demi-heure à son plus haut dégré d’intensité et diminue dans les trois ou quatre heures suivantes.
J’ai vu quelquefois la salivation reparaître quand la . sueur s’arrêtait.
La salive mixte, qui est sécrétée sous l’influence du chlorhydrate de pilocarpine, a une densité plus grande qu’à l’état normal de 1001-1009 à 1012-1015. Elle devient en même temps plus filante et plus visqueuse.
Une série d’observations prises avec M. Bail nous ont montré que sous l’influence d’une infusion de Jaborandi la quantité d’urée éliminée par les reins est diminuée, et que la sueur contient toujours une certaine quantité d’urée.
Des essais physiologiques faits avec un extrait obtenu • avec des feuilles dePilocarpus simplex cultivé au Muséum m’ont fourni des résultats semblables à ceux obtenus avec le Pilocarpus pinnatus.
Sur l’erythrophlæum guineense et l’erythrophlæum
comminga. En collaboration avec M. le D r Gallois.
Comptes rendus de l’Académie des sciences, tome LXXX.
1875. — Archives de Physiologie normale et pathologique. 1876.
Mémoire couronné par l'Académie des sciences. Prix Barbier,
L’Erythrophlæum guineense est un grand arbre .de la famille des légumineuses. Son écorce est employée en Afrique à empoisonner les flèches et à préparer des liqueurs d’épreuve destinées aux criminels.
J’ai reconnu, en collaboration avec M. Gallois, qu’elle contient un principe actif l’érythrophléine. On obtient cette substance à l’état libre par une suite de traitements basés sur l’emploi successif de l’éther acétique et du chloroforme. Les procédés d’extraction peuvent d’ailleurs
L’Erythrophléine est une matière solide, non cristallisable, basique, qui sature les acides et se dédouble sous l’influence des acides concentrés. Ses sels ne sont pas cristallisés. Le chlorure d’or et d’érythrophléine est une poudre d’une belle couleur jaune.
Nous avons également étudié l’action physiologique de l’érythrophléine avec le concours de M. Bochefontaine.
L’Érytrophléine est un poison du cœur. Deux milligrammes injectés sous la peau de la patte d’une grenouille paralysent le cœur dans l’espace de cinq à huit minutes, selon la vigueur de l’animal. La mort n’est pas immédiate, et quand elle a lieu, pendant plusieurs heures encore, sui-
au passage du courant électrique, tandis que le muscle cardiaque demeure immobile au contact du même courant.
Les Ventricules s'arrêtent en systole, tandis que les oreillettes s’arrêtent ordinairement en diastole. L’atropine n’empêche pas l’empoisonnement; le curare en retarde les effets.
Chez- les animaux à sang chaud l’éry throphléine déter - '«fl mine des secousses convulsives, et une violente dyspnée consécutive aux troubles de l’hématose. La mort a lieu aussitôt l’arrêt du coeur. A l’autopsié on trouve habituellement les ventricules mous et rémplis de sang, et dans ce dernier liquide à l’aide des réactifs, j’ai constaté la pré- • sence de l’alcaloïde.
Des tracés graphiques ont permis de suivre les phases de l’empo'sonnement; j’ai reconnudes alternatives d’accélération et de ralentissement du pouls. Quand les pulsations sont ralenties, elles ont acquis plus d’amplitude ; à là période ultime de l’intoxication, elles sont devenues fréquentes et faibles. Mais le phénomène qui m’a paru le plus , constant est l’augmentation de la tension artérielle sous l’influence de chaque injection d’érythrophléine.
Si l’érythrophléine paralyse rapidement le muscle car- , j diaque, alors que les autres muscles conservent encore pendant de longues heures leur puissance contractile, ces derniers n’en subissent pas moins l’influence du poison J
qui doit être regardé comme un poison musculaire.
Recherches sur le strophantus hispidüs ou inée. En collaboration avec M. le D r Gallois. — Bulletin de la Société philomathique, 1876 .—Journal de pharmacie et de chimie, tome XXV, 1877.
Le strophantus hispidüs ou inée, est une plante grimpante du Gabon, son fru : t est un follicule contenant cent ou deux cents graines surmontées d’un acumen prolongé en tige grêle garni de longs poils soyeux blancs. L'extrait préparé avec les graines agit comme un poison du cœur.
En collaboration avec M. Gallois, j’ai fait l’étude des substances actives de l’inée.
Les graines del’inée contiennent denx substances : l’une la strophantine en constitue le principe actif; l’autre l’inéiue présente les caractères des alcaloïdes et ne paraît pas avoir de propriétés physiologiques bien déterminées.
On obtient la strophantine en reprenant par l’eau l’extrait alcoolique des graines; l’eau évaporée fournit des cristaux que l’on purifie par de nouvelles bristallisations dans l’eau. La strophantine cristallise en lames quadrilatères, qui dérivent d’un prisme orthorhombique. Sa solution dévie à gauche la lumière polarisée. Pour la raie D son pouvoir rotatoire est (a) s 1= — 1,6. Elle est soluble dans l’eau et l’alcool, peu soluble ou insoluble dans l’éther et le chloroforme. Elle est neutre au papier de tournesol, et ne présente pas les réactions des alcaloïdes des végétaux.
Cetle subtance est très toxique et représente la matière active des graines de l’inée. Un cristal, placé sous la peau
de la patte d’une grenouille dont le cœur a été mis à nu, arrête les mouvements de cet organe après quelques minutes, alors que les muscles et les nerfs ont encore conservé leur excitabilité. Elle amène la mort par la paralysie du
L’animal, au moment où le cœur s’arrête, possède encore toute sa vivacité, il peut mouvoir ses membres avec force et sauter avec agilité; ce n’est qu’au bout d’un temps variable, généralement quelques minutes, que les mouvements de locomotion et de respiration deviennent impossibles'par suite de l’interruption do la circulation dans les centres nerveux.
L’inéine s’obtient en faisant macérer les aigrettes ou plutôt la tige grêle qui surmonte la graine avec de l’alcool acidulé. En reprenant l’extrait par l’eau, on obtient des cristaux déliquescents, qui sont sans action sur les mouvements du cœur.
DU TEMPS NÉCESSAIRE AU PASSAGE DE QUELQUES SUB¬ STANCES DANS L’URINE. — Bulletin de la Société de Biologie, 1863.
Sur un malade atteint d’extrophie de vessie et dont l’urine pouvait être recueillie à l’aide de deux petites sondes introduites dans les uretères, j’ai constaté le passage de divers médicaments dans l’urine et noté le temps nécessaire pour leur apparition. Les expériences eurent lieu avec de l’iodure de potassium, les carbonates alcalins ,
lé cyanoferrure de potassium, la rhubarbe, la santonine, le séné. Le temps que ces substances mettent pour apparaître dans. l’urinê est variable pour chacune d’elles. 1 gramme d’iodure de potassium a été retrouvé après 8 minutes. 6 grammes de bicarbonate de soude rendent alcaline l’urine acide primitivement en 30 secondes. 1 gramme de cyanoferrure de potassium dissous dans un verre d’eau a été reconnu après 30 minutes, 10 grammes après 28 minutes, 1 gramme de sulfate de quinine après 7 minutes se retrouvait en quantité considérable dans l’urine. 1 gramme de rhubarbe ingéré dans l’estomac donnait a£rès 20 minutes à l’urine la propriété de se colorer en rose, par l’ammoniaque, en rouge intense après 17 minutes. La santonine faisait prendre à l’urine la propriété de se colorer en rouge par l’ammoniaque, dès la 18 ms minute.
Le séné lui donnait également la propriété de se colorer en rouge par l’ammoniaque dès la 21 me minute.
J’ai cherché ensuite à déterminer les causes qui pouvaient rendre plus ou moins rapide l’apparition de ces diverses substances dans l’urine.
Recherches de quelques matières organiques par la dialyse. — Bulletin de la Société de Biologie, 1863.
J’ai donné dans cette note l’bistorique de la découverte de la diffusion moléculaire et de la dialyse. J’ai appliqué la dialyse à l’analyse de concrétions de l’articulation du genou qui provenaient d’un malade du service de M. Charcot.
J'ai par cette méthode, séparé l’urate de soude des matières organiques qui l’accompagnaient.
J’ai constaté ainsi que les dépôts de nature goutteuse ne sont dus ni à de l’acide urique libre, ni à l'urate de chaux, mais à des urates alcalins mêlés d’une faible proportion d’urate de magnésie.
De la farine d’avoine et de SON ROLE dans l’alimentation du jeune AGE. En collaboration avec M. Dujar- DIN-Beaumetz. Bulletin de la Société médicale des Hôpitaux, 1873.
Dépuis un temps immémorial, la farine d’avoine sert en Écosse et en Irlande à l’alimentation, et particulièrement à celle du jeune âge; depuis plusieurs années cette nourriture s’est généralisée dans l’Angleterre et ses co-
En Écosse cette farine est préparée'd’une manière particulière. En la soumettant à l’analyse nous avons reconnu qu’elle a une composition à peu près analogue à celle qui a été trouvée par Payen pour la farine française. Nous avons ensuite montré expérimentalement le parti avantageux que l’on peut en tirer pour l'alimentation pendant l’enfance.
Note stjr un cas d’urémie. En collaboration, avec M. Du- JARDin-Beaumetz. Mémoire de la Société médicale des Hôpitaux , 1872.
Une femme de 32 ans, présentant tous les symptômes d’une maladie de Bright très avancée, est prise d’accidents aigus caractérisés essentiellement par de la céphalalgie, de la somnolence et du coma, et succombe à des accidents urémiques. On constate en dehors des lésions caractéristiques des reins des épanchements multiples dans les grandes cavités splanchniques. Au plus fort des accidents urémiques, deux jours avant son décès, une saignée de cinquante grammes fut'pratiquée. Ce sang défibriné fut mis dans un vase à fond plat, dans l’intérieur duquel on introduisit une petite capsule imprégnée d’acide sulfurique étendu et parfaitement exempt d’ammoniaque. L’appareil couvert d'une lame de verre fut abandonné à lui-même pendant quelques heures è une température de lSà 20* qui fut portée pendant une heure de 30 à 40°. A l’aide du réactif de Nesler on eut avec de l’acide sulfurique un précipité qui montra que le sang contenait de l’ammoniaque ; uns contre-épreuve avec le sang d’un individu sain nous permit de constater seulement la présence de traces d’ammoniaque. Nous avons conclu de cette observation, que l’ammoqiaque existe normalement dans le sang veineux, que cette quantité d’ammoniaque est notablement augmentée dans les cas d’urémie.
Mémoire sür l’hydrologue de la Guyane française.
En collaboration avec M. Maurel. Bulletin de la Société
de thérapeutique , 1880.
Dans la première partie de ce travail, nous exposons l’hydrologie générale de la Guyane française. Dans la seconde, destinée à l’hydrologie minérale, nous rapportons l’analyse de l’eau des différents fleuves : Rorata, Baduel, Orapu, Counana. Nos analyses montrent l’absence presque complète de chaux dans ces rivières.
Celte observation nous a permis d’expliquer :
L’évolution tardive et la marche lente de l’ossification chez les enfants de la Guyane ;
La fréquence delà carie dentaire chez des populations qui ne prennent que l’eau pour boisson et qui se servent d’une nourriture composée presque exclusivement de végétaux et de poissons de rivière ;
La lenteur de la formation du cal dans les fractures.