VIII. Les eaux de Saint-Sauveur
(Ad. Delahaye, Paris, 1865. - Vol. in-8«, 200 pages.)
Nous avons cherché à donner sous ce titre une monographie complète des eaux de Saint-Sauveur. Les recherches que contient cet ouvrage est le résumé de quatre années d’observations, faites à cette station thermale. Nous examinons dans ce livre quel est l'état climatérique du pays, quels en sont les changements atmosphériques (ozone, température, direction des vents, hauteur barométrique). Nous recherchons quelle est la nature de ses eaux; quelle en est la constitution; quelles en sont les indications thérapeutiques.
IX. Étude physiologique et thérapeutique sur l’acide cyanhydrique par les D rs Lecorché et Meuriot. ^
Lorsqu’on lit des observations relatives à l’empoisonnement par l’acide cyanhydrique, on est frappé de la différence que présentent souvent certaines d’entre elles. C’est pour étudier la cause de cette, diversité déjà signalée par d’autres auteurs que nous avons entrepris ce travail. Or, il résulte, de nos recherches qu’il existe deux formes très-distinctes d’empoisonnement par l'acide cyanhydrique. Tantôt la mort est instantanée, et c’est à peine si l’on constate la présence de quelques convulsions. A l’autopsie, il n’existe alors aucune lésion. D’autres fois, la mort est plus lente à
se produire; parfois même elle n’a pas lieu et l’empoisonnement se termine par la guérison. Ici les symptômes sont nombreux ; ils intéressent la motilité et la circulation. Les lésions anatomopathologiques sont alors constantes.
L’examen spectral du sang donne dans les deux cas des résultats différents.
La mort qui, lorsqu’elle Survient, ne se produit pas dans les deux cas de la même manière, nous paraît due, dans les cas d’empoisonnemènt à marche suraiguë, à un arrêt du cœur par excitation du nerf vague, tandis que dans les cas d’empoisonnement à marche pius lènte, elle serait le fait de l’asphyxie, conséquence naturelle de la formation dans le sang du cyanhydrate d'hémoglo-
X. Étude physiologique , clinique et thérapeutique du phosphore.
{Archives de physiologie normale et pathologique, 1868-1869.)
Pas plus pour le phosphore que pour l’acide cyanhydrique il n’existe d’uniformité dans la marche de l’intoxication. Dans l’empoisonnement par le phosphore, comme dans l’empoisonnement par l’acide cyanhydrique, la mort peut être lente ou rapide. C’est à cette conclusion que conduisent les travaux de Falck, de Tardieu et de Gubler. C’est dans le but d’étudier la cause de cette diversité que nous avons fait lés reChèrbhes contenues dans cë travail, v De ces recherches, basées sur des expériences physiologiques et sur des observations cliniques, il résulte qu’il existe- en effet deux -formes bien-.distinctes d’intoxication phosphorée, Tune aiguë . ou suraiguë, l’autre subaiguë. Nous pensons que dàns le premier
cas il s’agit d’une intoxication due à la formation dans l’estomac d’hydrogène phosphoré, et que dans le deuxième cas l’intoxication tient à la formation dans le sang ou dans l’estomac d’acide phosphorique.
Cës intoxications ne se produisent pas dans les mêmés conditions. La première ne survient que lorsqu’au moment de l’ingestion du phosphore, l’estomac est en état de vacuité, tandisque la deuxième a besoin pour se produire que l’estomac contienne des aliments au moment de cette ingestion. C’est alors, et seulement dans ces conditions, que le phosphore trouve l’oxygène qui lui est nécessaire pour passer à l’état d’acide phosphorique.
Les symptômes sont, du reste, très-différents dans les deux cas ; les lésions sont dissemblables et le mécanisme de la mort parait distinct.
Dans les cas d’intoxication lente ou subaiguë, la mort nous semble due aux altérations multiples et variées que cause sur les différents organes l’action de l’acide phosphorique. Dans les cas d’intoxication suraiguë, elle nous paraît résulter de l’action de l’hydrogène phosphoré sur les globules sanguins qu’il prive de leur oxygène. La mort serait, dans ce dernier cas, le fait de l’asphyxie. Tout porte à croire qu’il n’y a pas d’action'directe de l’hydrogène phosphoré sur les centres nerveux.