I. — RECHERCHES SUR LA COAGULATION DU SANG
MODE D’ACTION DES SUBSTANCES ANTICOAGULANTES (FONCTION ANTICOAGULANTE DU FOIE)
1. De l’action anticoagulante des peptones sur le sang (Soc. de Biol., 21 juin 1884).
Récemment j’ai trouvé (13) que l’extrait aqueux de fraises, dans lequel existe une substance lymphagogue, diminue la coagulabilité du sang. C’est donc un corps de plus à ajouter à tous ceux (peptone, extrait de moules, extrait de muscles d’écrevisse, sérum d’anguille, etc.) qui abaissent la pression du sang, augmentent la quantité de lymphe, diminuent ou suspendent la coagulabilité du sang, etc. On sait que plusieurs de ces corps, ingérés, déterminent chez quelques individus de l’urlicaire. C’est aussi le cas pour les fraises.
II. — ACTION HÉMOLYTIQUE DES SÉRUMS IMMUNISATION CONTRE CETTE ACTION (RECHERCHES SUR LE MÉCANISME DE L’IMMUNITÉ)
En collaboration avec Lucien Camus :
1. De la toxicité du sérum d’anguille pour des animaux d’espèce différente (i’oo. de £iol., 29 janvier 1898).
2. DeTaclion destructive d’un sérum sanguin sur les globules rouges d’une autre f. Ch. Conlejean. Areh. de Phÿsiof., 1895, p. 250. V. aussi Thise peur le doctorat en médecine,
guille, a été publié par H. Kessel (Je Berlin) peu après notre première publication à ce sujet, mais il l’avait découvert de son côté, en même temps que nous.
Dans notre mémoire des Archives de Pharmacodynamie nous avons fait connaître diverses actions du sérum d’anguille non encore observées, ni par Mosso, qui, le premier, étudia la toxicité de ce sérum (1888), ni par les rares physiologistes qui s’en étaient occupés avant nous : son action excito-sécrétoire, son action myotique, la production de secousses fibrillaires dans différents groupes de muscles, les lésions rénales, dont Pettit a fait plus tard une étude soignée (Arch. de Pharmacodynamie, VIII), etc.
m. - L’IODE DU SANG
4 Contribttlion à l'étude des mouvements rythmiques des ventricules cardiaques (Mémoire détaillé : Arch. de Physiol., octobre 1891).
5 Contribution ii l’étude des mouvemenis du cœur chez l'homme [expérience faite sur un supplicié] {Soc. de Biol., 11 octobre 1890).
6. Recherches sur la loi de l’inexcitabilité périodique du cœur chez les mammifères
[Arch. de Pyheiol, moi im). ^ ^ ^ é ' d' d d
fères (Arch. de Physiol, avril 1890).
8. Note sur des phénomènes d’arrêt très prolongé du cœur (Soc. de Biol, 28 juin 1890).
9. Contribution à l'étude du tétanos du cœur (Ibid., 12 Juillet 1890).
23 juillet 1892).
11. Faits de dissociation fonctionnelle des différentes parties dn cœur (Ibid., 30 décembre 1893).
12. Effets des excitations éiectriques sur le cœur du hérisson (Bull du Muséum d'hist. naturelle, 21 décembre 1897).
L’effet des excitations électriques sur les ventricules du cœur est bien connu : sous cette influence, le cœur présente des mouvements violents et irréguliers, que l’on a désignés sous le nom de trémulations ventriculaires-, chez le chien, après l’excitation, les contractions rythmiques ne peuvent plus se rétablir ; la mort des ventricules est définitive ; les oreillettes continuent à battre rythmiquement pendant quelque temps encore.
De l’étude systématique et de l’analyse expérimentale minutieuse à laquelle j’ai soumis ce phénomène sont sortis les résultats suivants :
1“ Vérification de l'expérience que Kronecker et Schmey avaient fait connaître en 1884 : la piqûre d’un point situé à la limite inférieure du tiers supérieur du sillon interventriculaire antérieur, dans le cœur du chien, détermine immédiatement les trémulations ventriculaires et la mort du cœur ;
2“ Constatation de ce fait absolument nouveau, à savoir que le myocarde réagit différemment, suivant l’intensité ou la fréquence des excitations électriques : si en effet on diminue l’intensité ou la fréquence, on détermine une grande accélération du cœur, mais non pas l’arrêt précédé des mouvements trémulatoires ;
3" Contrairement h ce que tous les physiologistes admettaient, la faradisation directe du myocarde peut déterminer les trémulations ventriculaires, suivies de l’arrêt définitif dn cœur, chez le lapin comme chez le chien ; seulement, pour produire cet effet, l’excitation doit être répétée une ou deux fois de suite et prolongée : il y a là un effet de summation manifeste ;
4” Trois séries de faits inconnus avant ces expériences montrent que cette réaction particulière du muscle cardiaque est, au moins en partie, dépendante d’un appareil nerveux intra-cardiaque :
1” série ; l’excitabilité du cœur du chien peut être diminuée par le chloral à haute dose, de telle sorte qu’après une faradisation ayant déterminé les trémula-
ces raisons, il convient de penser que dans la production des trémulations, il s’exerce réellement une influence d’ordre nerveux;
5' Constatation sur le cœur d’un supplicié, examiné quatre minutes après la décapitation, des trémulations ventriculaires,,sous l’influence d’excitations mécaniques.
Plus tard, j’ai trouvé que le cœur des, insectivores (hérissons) se comporte, vis-à-vis des excitations électriques de ta surface ventriculaire, comme celui des rongeurs (lapins, cobayes). La fonction rythmique du cœur est donc douée, chez ces animaux aussi, d’une résistance très grande.
Les recherches sur la phase réfractaire du cœur, chez les mammifères, exposées dans deux mémoires détaillés, publiés dans tes Archives de Physiologie, constituent une étude entièrement nouvelle. J’ai en effet trouvé que la loi de Marey, concernant l’inexcitabilité périodique du cœur, est une loi vraiment générale, s’appliquant aux animaux à sang chaud comme à la grenouille et à la tortue : ainsi le cœur du chien ou du lapin ne réagit pas à une excitation qui coïncide avec la systole. C’est grâce à un artifice expérimental qui, ralentissant le cœur, allonge par suite la phase d’excitabilité, que j’ai pu réaliser cette étude sur les mammifères. La figure t montre combien sont comparables les phénomènes ainsi observés sur le chien à ceux que Marey avait découverts sur le cœur de la grenouille (Voir son tracé classique des variations d’excitabilité du cœur de la grenouille. Joiim. de l’Anat. et de la Physiol., 1877 ; La circulation du sang, Paris, G. Masson, 1881).
Meyer (de Nancy), quelques années plus tard [Arch. de PAÿijo/., 1893), a découvert le phénomène de l’inexcitabilité périodique dans l’oreillette du chien.
Cette phase d’inexcitabilité périodique, plus longue chez le chien que chez la grenouille, comprend toute la durée de la systole; de plus, elle ne disparaît jamais complètement sous l’influence des excitations les plus fortes; enfin, on observe souvent, sous l’influence de ces excitations fortes, un allongement de la systole qui était en train de se taire, avec raccourcissement de la diastole suivante et renforcement des deux ou trois systoles suivantes; d’autres fois, au contraire, on constate, non plus une contraction, mais bien un allongement considérable de la diastole au moment de laquelle l’excitation a eu lieu. J’ai cherché à montrer que ces différences tiennent à des variations dans la phase d’excitabilité du cœur, en rapport elles-mêmes avec les influences d’arrêt qui s’exercent normalement sur ce muscle ; on conçoit, par exemple, que, si les actions inhibitoires sont exagérées, la phase d’excitabilité sera plus malaisée à révéler.
J’ai déterminé quelques conditions dans lesquelles on peut observer des arrêts très longs du cœur, suivis néanmoins de la reprise des battements rythmiques ; ce fait se présente très souvent sur des cœurs de grenouilles empoisonnées par le sulfure d'allyle, sur lesquels j’ai observé des arrêts de plusieurs minutes et même
véritable tétanos
La question de savoir si le muscle cardiaque peut entrer en est toujours en suspens. J’ai montré qu’on peut obtenir aisément sur des grenouilles empoisonnées par le sulfure d’allyle une forme de tétanos du cœur qui ressemble tout à fait à celui des muscles striés ordinaires.
On peut rapprocher de ce fait les deux formes particulières de tétanos rythmique que j’ai décrites dans le cœur du hérisson.
La possibilité de contractions indépendantes de l’une des parties du cœur (dissociation fonctionnelle des parties homonymes du cœur) n’est pas admise par les physiologistes en général. On ne reconnaît que la discordance expérimentale entre les mouvements des oreillettes et ceux des ventricules. Cependant, Chauveau, en 1885, au Congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences, à propos d’une communication de Potain sur le bruit de galop, dit avoir observé la discordance des mouvements de l’oreillette gauche avec les mouvements du veutricule du même côté, et, en 1892, Arloing a présenté au Congrès international de physiologie, h Liège, un cas de dissociation fonctionnelle complète des ventricules chez le cheval. En 1891, j’ai fait connaître (4) un cas de dissociation des ventricules chez le cobaye. Depuis, j’ai publié (11) des cas analogues observés sur six cobayes, un lapin et un chien, et concernant, soit aussi les ventricules, soit les oreillettes.