VI. — INNERVATION
ET MOUVEMENTS DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES En collaboration avec Lucien Camus ;
1. Recherches expérimentales sur les nerfs des vaisseaux lymphatiques (avec une planche) {Arch. de Physiol.. avril 1894).
2. Procédés d’inscription des mouvements des grands canaux lymphatiques. Action du nerf splanchnique sur ces vaisseaux (communication faite au U‘ Congrès international de médecine, Rome, avril 1894. Arch. italiennes de Biol, XXII, p. uxxx, 1894).
3. Action du système nerveux sur les principaux canaux lymphatiques {Comptes rendus Acad, des Sc., 1" avril 1895).
4. Influence du sang asphyxique et de quelques poisons sur la contractilité des vaisseaux lymphatiques {Ibid., 6 mai 1895).
6. Recherches expérimentales sur l’innervation du canal thoracique {Arch. de Phtjsiol, avril 1895).
6. Influence du sang asphyxique sur la contractilité du canal thoracique {Ibid.).
1. Recherches concernant l’action de quelques substances toxiques sur les vaisseaux lymphatiques {Arch. de Pharmacodynamie, I, p. 487-511,1895).
Il n’existait dans la science, relativement à l’innervation des vaisseaux lymphatiques, que l’observation isolée de P. Bert et Laffont {Acad. desSc., 13 mars 1882), lorsque nous avons entrepris l’étude systématique de cette question. Cette constatation de visu que l’excitation électrique des nerfs mésentériques amène le resserrement des chylifères, sur le chien en digestion, avait passé pour Ainsi dire inaperçue. Dans aucun traité de physiologie, dans aucune monographie, il n’était parlé de l’innervation des conduits de la lymphe.
Nous avons dû d’abord imaginer une méthode d’inscription des mouvements de ces vaisseaux. Nous avons étudié soit ceux de la citerne de Pecquet, soit ceux du canal thoracique au moyen de plusieurs procédés. Je n’indiquerai ici que celui que nous avons le plus fréquemment employé sur la citerne de Pecquet. 11 consiste essentiellement è. transformer ce réservoir en une cavité close ; les parois
mouvement à un manomètre à eau muni d’un flotteur en bougie, dans lequel la pression s'élève, dans le premier cas, et, dans le second, s’abaisse. La figure cicontre (fig. S) est la représentation, réduite de moitié, du segment d’organe, citerne et tronçon du canal (chez le chien), sur lequel nous agissons.
Les résultats, entièrement nouveaux, qui sont sortis de nos recherches, sont les suivants : les nerfs splanchniques contiennent des fibres dilatatrices pour la
citerne de Pecquet (fig. 6); le cordon thoracique du sympathique contient les mêmes fibres pour le canal thoracique; il y a aussi dans ces troncs nerveux des filets constricteurs, mais dont l’action est beaucoup moins puissante que celle des dilatateurs; les excitations sensitives déterminent plutôt des réactions dilatatrices; l’asphyxie fait contracter la citerne et le canal thoracique (voy. fig. 7); il en est de même de la pilocarpine qui par conséquent ralentit le cours de la lymphe, tandis que l’action de l’atropine est inverse; ici, comme sur tant d’autres organes,
telles que l’influence de la respiration, l’influence des battements de l’aorte, etc., doivent s’ajouter deux causes essentielles, les variations dans la production de la lymphe, probablement de nature sécrétoire (Heidcnhain et ses continuateurs), et la contractilité des conduits lymphatiques régie par le système nerveux (Gley- Camus).
Une autre conséquence de ces expériences, c’est qu’elles établissent l’importance, si longtemps ignorée, qu’il convient d’accorder maintenant à l’innervation des vaisseaux du type veineux ; des recherches réalisées à peu près vers le même temps (Mail, Thompson, Bayliss et Starling, E. Cavazzani et 6. Manca, E. Cavazzani) ont en effet montré qu’il existe des vaso-moteurs veineux. Histologiquement comme physiologiquement, les lymphatiques sont des vaisseaux du même type.
SECONDE PARTIE