RECHERCHES DE PHYSIQUE
Les travaux effectués par M. Fouqué en dehors du domaine de la Géologie sont au nombre de deux :
i° Une Thèse pour l’obtention du grade de Docteur en Médecine, intitulée : Recherches sur un mode particulier d'emploi du thermomètre en Médecine;
2° Un Mémoire inséré dans les Annales de l’Observatoire impérial, ayant pour titre : Détermination de l’indice de réfraction des dissolutions salines à des températures variées, comprises entre zéro et 15o degrés, et recherches sur les relations qui existent entre la composition, la densité et le pouvoir réfringent des dissolutions salines.
Mode particulier d'emploi du thermomètre en Médecine.
(Thèse de Médecine, i858.)
Les faits principaux à signaler dans cette Thèse sont l’emploi des thermomètres à fond plat, pris à une température fixe et appliqués sur la peau, de manière à y subir une élévation de température plus ou moins rapide, et la détermination du temps qui s’écoule jusqu’au moment oit la température du thermomètre devient stationnaire. Tandis que la température finale d’un thermomètre mis en contact avec la peau varie peu chez les différents individus, la rapidité du réchauffement des thermomètres à fond plat, appliqués comme nous venons de le dire, varie considérablement d’une personne h une autre. Les courbes indiquant la marche du réchauffement sont très-différentes les unes des autres, surtout dans les cas de maladie, et leur considération peut servir, dans certains cas, comme un élément précieux de diagnostic. Ainsi, par exemple, d’une manière générale, leur courbure paraît bien plus prononcée dans les inflammations que dans les fièvres.
Mémoire sur les indices de réfraction des dissolutions salines.
(Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, tome LX1V, page 666.
- Annales de l’Observatoire impérial, année 1867.)
Ce Mémoire est le résultat d’un travail de deux années passées dans les caves de l’Observatoire et effectué à l’aide d’instruments appartenant 'a cet établissement. La purification des sels employés, le titrage et la détermination de la densité de leurs dissolutions ont été opérés dans le laboratoire de Géologie du Collège de France.
Dans la mesure des indices de réfraction, la déviation mesurée a été celle des raies de l’hydrogène et celle de la raie d du sodium.
Dans les expériences à basse température, M. Fouqué a tiré un grand parti de la lumière des tubes de Geissler, dont il s’est servi pour lire la graduation du cercle mesureur et celle des thermomètres, sans avoir à craindre d’élévation notable de température. Les expériences à températures plus ou moins élevées ont été faites à l’aide d’une étuve percée de deux fenêtres fermées par des glaces à faces parallèles et traversées par des courants de vapeur d’eau, d’alcool, d’esprit-de-bois, d’éther ou de sulfure de carbone, de manière à obtenir des températures constantes. Elles ont-porté sur cent vingt-trois dissolutions différentes et sur quelques liquides carburés.
Les résultats numériques consignés dans ce Mémoire conduisent aux conclusions suivantes :
i° L’indice de réfraction des liquides varie considérablement avec la température. Dans l’intervalle compris entre 10 ét g5 degrés, la variation de l’indice, pour les dissolutions salines, atteint toujours lé chiffre des centièmes.
2 0 La variation de l’indice est d’autant plus grande pour une même élévation de température que la liqueur est plus concentrée; ■ hu
3°. Le pouvoir réfringent de toutes les dissolutions salines diminue quand la température s’élève. Le coefficient moyen, qui représente cette variation du pouvoir réfringent, diminue le plus souvent quand le degré de concentration d’une dissolution augmente; quelquefois il reste stationnaire; d’autres fois, au contraire, il augmente aussi.
4° La dispersion diminue quand la température s’élève; la différence entre les indices des raies,» et (3 du spectre dp l’hydrogène diminue d’environ o,oo3 entre les limites de 16 à 95 degrés, pour l’eau et lès dissolutions aqueuses. La diminution semble plus grande pour les dissolutions concentrées que pour les dissolutions étendues.
5° A une même température, le pouvoir réfringent des dissolutions d’un même sel est d’autant-.moindre: que:ces dissolutions sont plus concentrées. Pour chaque sel dissous, le maximum du pouvoir réfringent est égal à celui de l’eau distillée, qui est 0,7,8™ à la température de 4 degrés. A mesure que la concentration augmente, le pouvoir réfringent va sans cesse en diminuant; mais la diminution se fait plus ou moins rapidement, et des dissolutions également concentrées sont lbin d’avoir le même indice.
Les dissolutions de chlorure de lithium présentent à cette règle une notable exception. Elles possèdent un pouvoir réfringent supérieur à celui de l’eau distillée, et d’autant plus grand que les dissolutions de ce sel présentent un plus haut degré de concentration. De plus, ces dissolutions, contrairement à celles de tous les autres sels examinés, ont un coefficient de dilatation inférieur à celui de l’eau distillée, qui change très-peu pour des variations considérables dans le titre des
6° Biot et Arago ont établi que le pouvoir réfringent d’un mélange gazeux était égal à la somme des pouvoirs réfringents des gaz simples qui entrent dans la composition du mélange; de telle sorte que, si l’on désigne par P le poids d’un mélange de deux gaz, par N son indice, par D sa densité, et si l’on appelle p, n, d,p', n', d 'le poids, l’indice et la densité de chacun des éléments du mélange, on a
M. Fouqué s’est assuré que cette formule ne pouvait s’appliquer rigoureusement aux dissolutions salines, qu’elle était seulement satisfaite approximativement, et qu’employée ainsi elle pouvait cependant fournir encore, pour chaque sel, un nombre assez voisin de celui qui représente son pouvoir réfringent déterminé directement.