‹ Notice sur les travaux scientifiques (volume 2)Chapitre 21 sur 38 · V. - APPAREIL DIGESTIF · texte numérisé non relu

V. - APPAREIL DIGESTIF

75. Observation de stomato-pharyngite pseudo-membraneuse [diphthéritique).

{Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, p. 461 ; 1870.)

Lorsque M. Bergeron eut démontré que la stomatite nlcéro-membraneuse avait été confondue par Bretonneau avec les inflammations diphthéritiques, la plupart des auteurs en ont conclu que la cavité buccale est réfractaire à l’inflammation diphthéritique. Cependant Trousseau et MM. Hardy et Béhier ont admis l’existence de la diphlhérie buccale. Notre observation confirme celle opinion. Toutefois nous ferons remarquer que la production des fausses membranes dans la bouche, et no-

tamiiieiitsiiL-la langue, parait avoir été le résultat de l'extension d’une angine.

La maladie s’est développée dans le cours d’une affection organique dù coeur compliquée d’albuminurie, chez une femmede trente-neuf ans, et s’est caractérisée par des productions pseudo-menbraneuses recouvrant la presque totalité des parois de la bouche, productions adhérentes en certains points et particuliérement à la langue qui, après la guérison, est restée sillonnée de cicatrices. Ce fait très-significatif au point de vue de la localisation buccale de la diphthisie prouve, en outre, que l’inflammation pelliciilaire n’est pas toujours aussi superficielle que certains auteurs font prétendu.

76. Gastrite phlegmoneuse. — Inlilti'ution purulente des parois de testomac, par M. le IV Charles Morel. — Examen de la pièce par M. Hayora.

tBuUeliils Ile la Société anatomique, |). 025 ; 1805.)

Il s’agissait, dans ce cas, d’une infiltration purulente étendue à tout le tissu conjonctif de la paroi gastrique. Le pus infiltrait également les différentes tuniquesde l’estomac sans, former en aucun point de foyer limité.

77. Relation d'une épidémie de (/astro-enléiite ulcéreuse observée à la Charité dans le service de M. Bermitz à la fin du Siège de Paris.

(Comptes rendus île la Société île biologie, p. 7; 1871.)

Ce travail est le complément de la relation d’une épidémie de scorbut, signalée précédemment (n” 64). 'fandis que le scorbut a atteint particulièrement les hommes, la gastro-entérite, qui a régné en même temps que cette dernière affection, a sévi surtout sur le sexe féminin. Dans un certain nombre d’observations on a noté quelques symptômes de scorbut secondaire, comme des pétéchies, des ecchymoses et plus rarement des hémorrhagies dans le tissu cellulaire sous-cutané et les muscles. Tous les malades ont succombé, soit à la pneumonie hypostatique, soit à l’adynamie. Les principales lésions ont été les suivantes : l“une gastrite catarrhale subaiguë, entée .souvent sur un catarrhe

clironique : dans un cas, cette gastrite est devenue phlcgmoneuseï: 2" une entérite simple ou avec eccliymoses dans l’intestin grêle, et ulcé^. reuse et pseudo-membraneuse dans le gros intestin, particulièrement dans scs dernières portions, lésion qiii dans un cas s’est terminée par une perforation. /

Cette gastro-entérite ulcéreuse a été la plus grave des maladies fliméliques qui ont régné à la fin du siège de Paris.

78. Kyste lie l'ovaire avec adhérences multiples, ayant comprimé U rectum et déterminé des signes d'étranglements; dilatation énorme du'gros intestin.

—C’histoirede ia cirrhose s’est enrichie dans ces dernières années d’un certain nombre de faits nouveaux qui ont démontré que cette affection, chronique du foie est plus complexe qu’on ne l’avait cru d’abord. A côté de la cirrhose commune, vulgaire, atrophique, est venue se placer une forme toute particulière d’hépatite interstitielle qui, dès le débutet jusqu’à la fin de la maladie, détermine une hypertrophie de l’organe. Déjà .Requin avait appelé l’attention sur l’hypertrophie du foie dans la cirrhose, lorsque M.' Paul Olivier fit paraître un travail intéressant sur cette question. Depuis lors on a montre que cette cirrhose hypertrophique elle-même pouvait se rattacher à des lésions diverses, et j’ai contribué pour ma part à faire connaître celle de ces formes qui ne s’accompagne pas d’ictère et qui est indépendante do toute altération des canaux biliaires; tandis que, d’autre part, diverses observations, rassemblées par M. Hanoi dans sa thèse, ont fait connaître l’existence d’une cirrhose hypertrophique avec ictère, liée à l’inflammation chronique des canalicules biliaires. J ai moi-même recueilli un cas do ce genre, appartenant a la variété dont MM. Charcot et Gombault ont récemment cherché à établir la pathogéiiic en pratiquant sur des ’animaux la ligature du canal cholédoque.

Dans les deux observalions, il s’agit d un engorgement enormo et chronique du foie avec péritonite partielle et absence d’ascite. Cette affection, à marche lente, d’une durée relativement longue, s’est révélée dans lés deux cas par des symptômes et des complications fort analogues. La lésion du foie présentait des caractères spéciaux qui justifieraient la dénomination d’hépatite interstitielle, diffuse, généralisée.

L’examen microscopique a révélé les particularités suivantes : 1" disparition presque complète do la forme lobulaire; 2» épaississement diffus, non systématique, du tissu conjonctif extra et intra-lobulaire; d" modification profonde dans la distribution vasculaire intra-acineuse, et en général impossibilité de reconnaître la veine centrale du lobule : le tissu cellulaire irrégulièrement épaissi comprime coflâins vaisseaux et laisse les autres libres, d'où dilatation plus ou moins grande du réseau capillaire intra-acineux ; 4” conservation parfaite des cellules hépatiques qui ne sont ni pigmentées ni' graisseuses : toutefois, dans les points où le tissu intra-lobulaire a le plus d’épaisseur, les acini sont divisés en quelques îlots ou groupes cellulaires dans lesquels un certain nombre do cellules sont atrophiées; 5” intégrité des canaux biliaires.

Les malades n’ont eu ni accidents syphilitiques, ni fièvre intermittente, ils n’étaient pas non plus des buveurs avérés, de telle sorte que l’étiologie de cette maladie est restée obscure.

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