ANATOMIE ET EHYSIOLO&IE PATHOLOGIQUES
Les occasions de faire des analyses chimiques du sang ne se présentent plus que fort rarement dans la pratique, et il serait impossible de les multiplier de façon à rendre possible l’étude des modifications successives ((ue peut éprouver ce liquide dans les divers étals morbides.
D’ailleurs, une analyse chimique, quelque complète qu’elle soit, ne donne aucun renseignement sur l’état -morphologique des éléments et ne permet pas de suivre l’évolution organique de leurs altérations.
L’examen microscopique vous permet de constater, au contraire, l’état des diflérents éléments du sang, en vous révélant les caractères relatifs à la forme, au volume, ii la couleur, au nombre et k la proportion relative de ces corpuscules.
En outre, et c’est là un point de mes recherches resté jusqu’à présent inédit, l’examen microscopique peut encore vous faire constaler, à l’aide de certains réactifs, diverses modifications qualitatives d’ordre chimique.
L’avenir do l’hématologie pathologique est donc lié à l’application et au perfectionnement des procédés qui n’exigent qu’une quantité insigrii- ' fiante de sang, et parmi ceux-ci, à côté des procédés microscopiques, il faut egalement ranger les méthodes chromométriques de dosage de l’hémoglobine, entrées récemment dans la pratique et qui complètent la série des procédés cliniques applicables à l’étude quotidienne du sang des malades.
Dirigées vers ce côté pratique de la question, mes recherches d’hématologie comprennent deux parties distinctes : la première, essentielle-
ment technique, a trait au perfectionnemeut des procédés d’examen du sang, la seconde comprend une série d'études d’anatomie normale et pathologique exécutées à l’aide de ces nouveaux procédés.
Plus loin j’aurai l’occasion de montrer, par des exemples, le parti que l’on peut tirer de cette nouvelle technique pour la solution de certains problèmes de thérapeutique.
TOciiU pour compter les ejlobules du s
{Comptes rendus de l
93. Sur h numération des globules du sang, leçon clinique recueillie par M. Dupérié.
{Gazette hebdomadaire de médecine et de chirunjk, p. 291, mars 1875.)
Les procédés de numération des éléments du sang imaginés par Vierordt, Welcker, Cramer, étaient délaissés ou même tombés dans l’oubli lorsque M. Potain se préoccupa de celte question et inventa, en 1867, le mélangeur qui porte son nom. M. Malassez, poursuivant les essais tentés par son maître, ne tarda pas à nous faire connaître son capillaire artificiel.
Le procédé que nous avons imaginé, .\1. Nachet et moi, met pour la première fois à l’abri des erreurs dues a la capillarité. 11 consiste à employer une simple cellule de hauteur calculée à l’aide du sphéromèlre et dans laquelle on dépose une goulte du mélange sanguin sans la remplir. On obtient ainsi une lame de liquide de hauteur connue; l’oculaire quadrillé délimitant, dans cette couche liquide examinée au microscope, un carré dont le côté est égal à la hauteur de la cellule, il est facile de compter les éléments compris dans un cube parfaitement déterminé.
Ce procédé extrêmement simple et très-correct a rendu facile, expéditive, et par conséquent pratique, la numération des éléments du sang.
J’ajouterai pour compléter ces détails de technique que la plupart de mes recherches sur l’anémie ont été faites avec un sérum artificiel dont j’ai donné la formule dans mon récent travail sur l’évolution des hématies. Ce liquide fixe parfaitement les globules du sang en conservant leur forme et leur coloration, et jamais il n’en dissout un seul, même dans les cas où ils sont le plus altérés, résultats qui sont loin d’avoir été obtenus avec les sérums dont on s’est servi jusqu’alors pour faire la numération des globules.