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Notice sur les travaux scientifiques

Le bore est de tous les métalloïdes celui dont le poids atomique est connu avec le moins de certitude, car peu de composés de cet élément se prêtent facilement à une détermination de ce genre.

Les premières déterminations de ce poids atomique dues à Berzélius et à Laurent, de même que celle déduite par Dumas d’expériences antérieures de Wôhler et Deville, ne peuvent inspirer une confiance absolue en raison de la présence reconnue de petites quantités d’impuretés dans les produits qui ont servi à ces déterminations.

Ce n’est que dans ces dernières années que la question fut reprise, en Angleterre, tout d’abord par Abrahall. La méthode suivie par ce savant consistait à évaluer le poids d’argent nécessaire pour précipiter le brome dans un poids donné de bromure de bore ; mais le bromure dont il est parti renfermait certainement de l’acide bromhydrique d’après son mode de préparation. Il en résulte que la valeur (10,84) donnée par Abrahall doit être un peu faible.

Un peu plus tard William Ramsay et Mrs. Aston, dans un important

difficulté d’obtenir du borax dans ue ne permet pas, a priori, de régi lieux désigné pour conduire à une

me pensé que cette question mentait e les belles recherches de M. Moiss; ique l’ont conduit à un procédé de était là une matière première tout ii es-uns de ses composés susceptibles e son poids atomique, iployé à nos déterminations quatre i ; et bromure de bore, puis le bromui

Le sulfure de bore était décomposé par une solution étendue de soude; on oxydait ensuite par l’eau de brome et l’on précipitait par le chlorure de baryum. Nous avons obtenu ainsi, pour le poids atomique, la valeur moyenne 11, o41, avec une erreur probable de ± o,o 17.

Borure de carbone. — Celui-ci a été préparé au four électrique par la méthode de M. Moissan, en chauffant un mélange.de bore amorphe et de charbon de sucre en présence du cuivre.

Pour analyser ce borure, nous l’avons décomposé par le chlore, et le carbone résidu a été pesé d’abord à l’état libre, puis ensuite à l’état d’acide carbonique. La grosse difficulté de cette analyse consistait à éviter soigneusement le contact du borure chauffé au rouge avec la moindre trace d’oxygène ou de vapeur d’eau. Nous y sommes parvenu en employant du chlore liquide desséché au préalable par un contact prolongé avec du chlorure de calcium fondu. La moyenne de ces déterminations nous a conduit au

Bromure de bore. — Ce bromure a été obtenu par l’union directe du brome et du bore. Le brome a été purifié au laboratoire et nous ne l’avons employé qu’après avoir vérifié qu’il ne renfermait ni iode ni chlore. Le produit brut de la réaction, mélange de brome et de bromure, a été débarrassé de la majeure partie du brome non combiné par une première rectification dans un appareil entièrement en verre et l’on a achevé la purification par une seconde distillation en présence d’argent réduit. Cette dernière distillation, effectuée sur environ 2'“*, a fourni un produit distillant à point fixe et ne renfermant pas de composés du silicium ou du fer.

Pour l’analyse, on en pesait une certaine quantité contenue dans une ampoule scellée à la lampe, on décomposait ce bromure par l’eau et, dans la solution, on dosait le brome à l’état de bromure d’argent. Nous avons ainsi obtenu, comme moyenne d’une dizaine de déterminations, le nombre 11,021 avec une erreur probable de ± 0,006.

Chlorure de bore. — La préparation et la purification de ce composé ont été conduites comme celles du bromure, mais en raison de la grande volatilité du chlorure nous avons dCi opérer pendant l’hiver. La distillation ■finale, en présence d’argent réduit, a été effectuée sur 1.5oo®’environ ; elle nous a fourni un liquide tout à fait limpide et incolore dans lequel nous n’avons pu constater la présence d’aucun autre composé.

Ce chlorure a été analysé par une méthode semblable à celle suivie pour le bromure; il nous a conduit, pour le poids atomique du bore, au nombre I t,oi I avec une erreur probable de ±. 0,008.

Conclusions. — Nous avons entrepris, pour fixer le poids atomique du bore, quatre séries de déterminations. Chacune de ces séries nous a fourni les moyennes suivantes ;

Le sulfure de bore, que nous avons été le premier à appliquer à la détermination du poids atomique du bore, nous a montré que ce poids atomique

Le borure de carbone, corps stable à très haute température, obtenu au four électrique, composé très différent du sulfure, nous a fourni un chiffre un peu plus faible, mais qui venait encore nous démontrer que le poids atomique était bien voisin de 11.'

Enfin, nous avons repris, dans de nouvelles conditions, la préparation de notables quantités de bromure et de chlorure de bore, dont nous avons vérifié la pureté absolue. Bien que le poids moléculaire de ces composés soit assez élevé par rapport au poids atomique qu’il s’agit de déterminer, nous pensons que, dans l’état actuel de la Science, ce sont encore les mieux désignés pour cette détermination, en raison del’état de pureté sous lequel ils peuvent être obtenus.

La moyenne des valeurs trouvées en partant du chlorure et du bromure conduit, pour lepoids atomique du bore, au nombre i i,oi6;c’estceluique nous proposons d’adopter.

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