DÉTEEMINATION DE LA CHALEUR SPÉCIFIQUE DU BORE
La loi de Dulong et Petit ne peut être considérée que comme une loi approchée puisque la chaleur spécifique d’un corps est une fonction de la température; mais les écarts entre la valeur admise 6,4 et le produit fourni par l’expérience ne sont considérables que pour un petit nombre de corps, notamment le carbone et le bore.
Weber, en mesurant la chaleur spécifique de ces corps à des températures élevées, avait cru démontrer que cette chaleur spécifique tendait vers une valeur limite satisfaisant à la loi de Dulong et Petit. Mais, pour le carbone, M.' Monckman a montré que les conclusions de Weber résultaient d’une fausse interprétation de ses expériences. Quant à celles relatives au bore, elles n’ont aucune valeur puisqu’elles ont été effectuées sur du bore cristallisé qui n’est pas un produit pur.
La question de savoir si le bore suit ou ne suit pas la loi de Dulong et Petit se trouvait donc encore à résoudre, et, l’un de nous étant parvenu à préparer le bore pur, nous avons repris la détermination de la chaleur spécifique de cet élément.
Nous avons fait trois séries d’expériences : une première série vers loo”, une deuxième vers 190° et la troisième vers 235°. Les moyennes de ces trois séries de' déterminations ont été les suivantes :
Si l’on se sert de ces nombres pour calculer les quantités de chaleur Q, nécessaires pour porter i de bore de 0° à <°, on trouve :
Ces résultats sont représentés par la courbe en trait plein {fig. 5). Comme on le voit, cette courbe possède une faible courbure, de sorte que es chaleurs spécifiques aux températures moyennes seront très sensiblement
Elles croissent proportionnellement à la température, et, si l’on vient à extrapoler ces résultats, on trouve que là chaleur atomique serait (i,4 à la température de 4oo° environ ; mais en dépassant cette température on aurait un chiffre plus élevé.
En résumé, il ressort de nos expériences que la chaleur atomique du bore ne tend pas vers une valeur fixe comme Weber l’avait avancé.