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IV. - COMBUSTION DES MÉLANGES GAZEUX ET DES EXPLOSIFS

Ayant été chargé, en collaboration avec M. Mallard, de faire, sous le patronage de la Commission du grisou, des expériences propres à éclairer les exploitants sur la meilleure manière de conjurer les explosions dans les mines, nous avons profité des moyens de travail mis à notre disposition pour étudier, d’une façon générale, les phénomènes de combustion, sur lesquels on ne possédait auparavant presque aucune donnée précise. Nous avons étendu nos déterminations numériques, qui devaient primitivement être limitées au formène ou grisou, à un certain nombre d’autres gaz combustibles ; hydrogène, oxyde de carbone, gaz d’éclairage, sulfure de carbone, etc.

Au cours de ces recherches, nous avons déterminé la température d’inflammation de différents gaz mêlés en proportion variable; nous avons reconnu, dans le cas du formène, un retarda l’inflammation, auquel est due la sécurité relative que présentent les lampes à simple toile métallique et certains explosifs.

Nous avons mesuré la vitesse de propagation de la flamme dans les mélanges explosifs et étudié les trois modes distincts de propagation : propagation normale, mouvements vibratoires et onde explosive.

Des expériences sur la détonation en vase clos des mélanges explosifs nous ont fourni des données précises sur la pression et température d’explosion, sur la vitesse de refroidissement des gaz brûlés. De l’étude des courbes de refroidissement, nous avons tiré des indications certaines sur la dissociation de l’acide carbonique, qui sont venues confirmer les résultats des anciennes expériences de H. Sainte-Claire Deville. Enfin, de l’ensemble de ces expériences, nous avons pu déduire la loi exacte des variations des chaleurs spécifiques des gaz.

Ces dernières données numériques permettent aujourd’hui de calculer avec certitude les températures de combustion dans les circonstances les plus variées. Avant nos expériences, la solution d’un semblable problème était impossible; le calcul donnait des résultats tellement disproportionnés avec la réalité des faits que l’on avait complètement renoncé à toute tentative de cette nature. On expliquait généralement ce désaccord en faisant intervenir les phénomènes de dissociation ; M. Berthelet, cependant, avait prévu que la variation des chaleurs spécifiques du gaz pouvait avoir le même effet, sans qu’il soit besoin de faire intervenir la dissociation. C’est bien là la conclusion à laquelle nousontconduits nos expériences. Aux température-sinférieures à 1600'’, que l’on ne peut pas pratiquement dépasser en alimentant la combustion seulement avec de l’air, la dissociation de l’acide carbonique et de l’eau ne dépasse pas quelques centièmes, si même elle at-

L’accroissement que nous avons trouvé pour les chaleurs spécifiques de tous les gaz, même des gaz parfaits, est la seule cause qui limite la température de combustion des mélanges combustibles formés avec l’air. C’est la même cause qui limite encore la température de détonation des explosifs proprement dits. Malgré une température beaucoup plus élevée, la dissociation est encore négligeable, en raison de la haute pression à laquelle sont soumis les gaz. Au cours d’expériences sur l’emploi des explosifs dans le grisou, nous avons pu vérifier l’exactitude des températures et pressions d’explosion calculées, a priori, en partant des chaleurs spécifiques déterminées au moyen des expériences sur la combustion des mélanges gazeux.

La possibilité de calculer ainsi a priori les températures de combustion est appelée à rendre de réels services dans l’étude' des foyers industriels.

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