‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 15 sur 17 · CH>-CH»-CHI-CH · texte numérisé non relu

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corps qui m’a servi plus tard à préparer des amines.

On avait donc ainsi transformé un alcool à chaîne latérale en carbure normal; nous avons observé qu’en appliquant le même procédé à l’alcool butylique normal on ne produit pas inversement du carbure à chaîne latérale. J’ai reconnu postérieurement que la méthode de la bouteille à mercure pouvait servir à faire du propylène presque entièrement absorbable par le brome; il n’y a pas de production de triméthylène {Bulletin de la Société chimique, t. XXXI; p. 49).

Synthèse de l’hexaméthylhenzine.

Bulletin de la Société oliimique, t. XXXI; p. 49. Comptes rendus, t. LXXXVII, p. u6o.

En collaboration avec M. Greene, nous avons appliqué le même procédé à l’alcool méthylique; ici le produit régulier de la déshydratation

devrait être le méthylène, mais comme ce corps n’existe pas on n’obtient que des produits de condensation; nous avons recueilli on effet toute une série de carbures dont le plus remarquable est l’hexaméthylbenzine qui cristallise déjà dans le tube abducteur. Sa formule C“(CH’)'' a été établie par l’analyse et par le point de fusion; le rendement est assez abondant.

AmyUne nouveau.

.4vec l’alcool amylique actif obtenu par mon procédé j’ai préparé

corps qui n’était pas encore connu à l’état pur, quoiqu’il existât peutêtre dans les produits de la décomposition de l’alcool amylique brut par le cblorure de zinc. J’en ai reconnu les propriétés et en particulier la faculté de se combiner à l’acide chlorbydriquc à froid.

Sur l’isomérisation des carbures par la chaleur.

En collaboration avec M. Wassermann, nous avons contrôlé et reconnu exacte une expérience de M. Bouchardat, qui avait obtenu un hydrure d’hexylc à chaîne latérale, en chauffant vers 200° l’iodure d’hexyle normal de la mannite avec l’acide iodhydrique. Ce fait était alors important, car il pouvait faire supposer que la mannite, et par conséquent les sucres, n’etait pas constituée par des chaînes normales. Nous avons supposé qu’il s’était produit une transposition de carbone due à l’influence de la chaleur; pour le prouver nous avons réduit à froid l’iodure de la mannite dans un appareil à hydrogène; le carbure obtenu s’est trouvé identique à l’bydrure d’hexyle nor-

BECHEECHES SUE LES PÉTEOLES MTÏÏEEIS.

Sur l’hydrure d’amyk du pétroie d’Alsace.

En étudiant le procédé de séparation des amylènes, j’avais déjà reconnu précédemment que les amylènes pyrogénés, fournis par décomposiiion des bitumes, renferment deux sortes de produits : les uns normaux, les autres a chaînes latérales; neanmoins, en présence des isomérisations observées précédemment dans les décompositions chimiques faites à haute température, j’ai cru devoir étudier directement la composition de l’hydrure d’amyle naturel. J’ai tiré ce produit des sources que je venais de découvrir en Alsace et, après fractionnement, j’ai chloré le produit distillant entre So" et 35“. Le corps monochloré ainsi obtenu, étant à son tour isolé des produits plus chlorés, a été traité par la potasse alcoolique à ioo“. Dans ces conditions, aucune isomérisation n’est h craindre et cependant on a reconnu, par la réaction de l’acide chlorhydrique à froid, que l’amylène ainsi obtenu est un mélange de carbure normal et iso. Il résulte de là que le pétrole lui-même renferme les deux classes de carbures.

Étude sur le pétrole russe.

C’est un fait connu que les pétroles de Bakou ont une constitution tout à fait différente de celle des pétroles américains; ces derniers renferment principalementdeshydrures saturés tandis que les pétroles russes renferment surtout des carbures cycliques possédant deux atomes d’hydrogène en moins; ils d ilfèrent des corps éthyléniques en ce qu’ils ne se combinent pas au brome. 11 y avait donc h se préoccuper de la question de savoir si l’on avait affaire à des dérivés de la benzine ou à des corps cycliques quelconques. Dans le premier cas l’hydrure de benzine est forcément le premier terme de ces carbures, dans le second cas il peut exister un corps cyclique (CH‘)'=C>H‘».

Ce corps devaitse concentrer dansles parties bouillant entre 30°et40"; j’ai donc isolé cette fraction et je l’ai comparée à la fraction 60°-70“. Or, la fraction 30“-40° était presque entièrement formée par de l’hydrure d’amyle dont elle possédait la densité, tandis que la fraction 6 o“-7o“ était bien plus lourde que l’hydrure d’hexyle et se composait surtout du carbure C'H'“.Dans le pétrole russe examiné, ce terme en C’H'" était donc ou absent ou très peu abondant.

J’ai indiqué aussi un procédé pour isoler et doser la quantité de pétrole américain mélangé à du pétrole russe. Ce procédé est fondé sur l’observation que l’acide sulfurique fumant détruit complètement les carbures particuliers au pétrole russe (hydrures de benzine ou carbures cycliques), tandis qu’il est sans action sur les carbures saturés. Connaissant à l’avance la proportion de résidu fourni par les pétroles russe et américain et dosant directement le résidu fourni par le mélange à examiner, on calculera facilement la composition de ce mélange.

Recherches sur les asphaltènes.

Bullelin de la Société chimique, t. XVH, p. i36.

En collaboration avec M. A. Müntz, nous avons cherché à améliorer la méthode de Boussingault qui préparait l’asphaltène en traitant, par l’alcool, le pétrole évaporé dans l’étuve en couche mince. S’il y a trop de carbures légers on les enlève par un courant de vapeur; on dissout dans l’alcool amylique et précipite par l’alcool ordinaire. On obtient d’abord un bitume très épais qui est dissous une seconde fois par l’alcool amylique mêlé d’éther et reprécipité jusqu’à ce que le principe colorant noir devienne solide. On le lave alors à l’éther, on dissout dans lé chloroforme ou le sulfure de carbone, on filtre et l’on évapore.

L’asphaltène des bitumes liquides de Péchelbronn en Alsace, sur lequel Boussingault avait opéré, ne renferme que de l’oxygène et du soufre, mais aucune matière minérale; aussi fûmes-nous très surpris de trouver un résidu terreux (oxydes ferriques et calciques) en faisant la combustion d’un asphaltène provenant d’un bitume égyptien. Ce fait paraissait isolé; le hasard a mis entre mes mains de nouveaux

asphaltènes renfermant un résidu minéral provenant de pétroles de Wietze (Hanovre) et Kertch (Crimée); enfin l’asphaltène du calcaire asphaltique de Lobsann (Alsace) renferme également des métaux et en outre de la silice qui paraît remplacer le carbone (Bulletin de la Société chimique, 3 ' série, t. II, p. 35 g; i888).

La présence de ces éléments est de nature à fournir un appui expérimental aux idées émises par M. Mendéléjeff sur l’origine du pétrole, dont il attribue la formation à l’action de la vapeur d’eau sur le carbure de fer qui occupe le centre du globe. Les géologues allemands admettent, au contraire, que le pétrole provient d’une fermentation de matières organiques; cette dernière théorie explique bien la présence de l’azote et du soufre, mais elle ne saurait rendre compte de la préseneedes autres principes minéraux, et en particulier du silicium.

Hydrates formés par les carbures pyrogénés.

Comptes rendus, t. LXXI, p. 167.

Dans les premières recherches sur les carbures pyrogénés du pétrole j’ai été vivement frappé de voir les hydrocarbures non saturés se combiner à l’eau et devenir solubles; cette expérience me faisait admettre la possibilité d’une origine pyrogénée des pétroles naturels; j'admettais que la partie non saturée avait été enlevée par l’eau souterraine. Des produits préparés en 1871 sont encore en expérience pour voir si la disparition des carbures non saturés sera complète; mais dès à présent l’existence des asphaltènes métallisés dont il vient d’être question me semble démontrer que les pétroles naturels ne sont des produits ni de distillation ni de fermentation; de plus ,les raisons géologiques invoquées par M. Mendéléjeff militent dans le même sens. J’ai résumé ces discussions dans une Notice sur les gisements de pétrole en Alsace, insérée au Bulletin de la Société géologique de Colmar en i 885 .

Découverte du pétrole jaillissant en Alsace.

^ A l’époque où je dirigeais l’exploitation minière de Péchelbronn, j’ai eu l’occasion d’introduire le matériel de sondage et les procédés

Fauvel ; en poussant les sondages vers le côté où les gaz s’échappaient avec le plus de violence, j’ai découvert, en 1882, la première source jaillissante. J'ai construit un matériel de distillation, fondé sur la décomposition pyrogénée des bitumes lourds ( craquago) et apte à utiliser ce genre de pétrole vierge.

ÉTUDES SUR L'AlCOOl ABTliaUE.

Séparation des alcools inactif et actif.

Comptes rendus, t. LXXVII, p. 1021.

Il me fallait pour mes études optiques de grandes quantités d’alcool amylique actif et je ne pouvais employer le procédé de Pasteur qui exige jusqu’à quarante cristallisations fractionnées de sulfoamylates de baryte. J’ai trouvé un procédé de séparation en remarquant qu'on attribuait au chlorure d’amyle un pouvoir lévogyre alors que le bromure et l’iodure étaient décrits comme dextrogyres; comme cotte exception me semblait peu naturelle, j’ai recherché si ce chlorure faiblement lévogyre n’était pas formé par du chlorure inactif mêlé au reste d’alcool lévogyre, ce qui s’est vérifié. Il résultait de là que dans le mode de préparation, qui consistait à chauffer l’alcool brut avec l’acide chlorhydrique, l’isomère inactif seul s’était éthérifié, et que l’alcool actif devait rester dans la partie non attaquée par l’acide. Ceci fournissait un moyen facile de préparer le chlorure inactif et l’alcool actif. J’ai étudié la façon pratique de réaliser cette opération et me suis arrêté à l’emploi de l’acide chlorhydrique gazeux passant par des ballons remplis d’alcool bouillant. J’ai pu ainsi graduellement enlever l’alcool inactif et pousser le pouvoir rotatoire jusqu’à — pour 1 o'“ (Pasteur était arrivé à — 4 °). On trouve aujourd’hui dans le commerce un alcool actif préparé par mon procédé.

Existence normale de l'alcool amylique dans le vin et dans tes produits de fermentation du sucre de canne.

Bulletin de la Société chimique, t. XXX, p. 474- - Comptes rendus, t. LXXXVIII, p. 912; 1880.

A l’époque où je construisais avec Henninger les premières colonnes à distiller, je résolus de contrôler la puissance de l’appareil sur un vin blanc de Bourgogne, me proposant à la fois de chercher la limite où l’on pouvait pousser la concentration de l’alcool et la présence de l’alcool amylique, que je soupçonnais d’après l’odeur des cognacs purs. J’obtins, en effet, une quantité assez notable d’alcool amylique, mais dépourvu de l’odeur repoussante que possède l’alcool de pomme de terre ou de mélasse.

On admettait bien alors la présence de l’alcool amylique dans les eaux-de-vie de marc, de pomme de terre et de betterave (Gerhardt), mais le fait que j’annonçais était si bien nouveau qu’un grand producteur du Bordelais envoya à M. Henninger un vin rouge de grand cru pour le contrôler; ce vin renfermait aussi de l’alcool amylique quoique en quantité moindre. Mon expérience fut contrôlée encore, en collaboration avec M. Henninger, par une recherche faite sur un vin blanc de nos propres vignes d’Alsace, et plus tard confirmée par MM. Morin, Claudon et Lindet.

Ce travail a élucidé une question importante relative à l’hygiène : l’alcool amylique était alors la substance à laquelle on attribuait toutes les qualités nocives des alcools de betterave et de pomme de terre. Cette supposition comportait comme conséquence pratique qu’il suffisait d’enlever l’alcool amylique par une bonne rectification pour rendre sans danger les dérivés de la betterave et de la pomme de terre; mon expérience prouvait au contraire que les eaux-de-vie très inoffensives pouvaient renfermer de l’alcool amylique et que les mauvaises qualités des alcools industriels résidaient dans d’autres sous-produits.

11 ne suffisait pas de montrer la présence de l’alcool amylique dans le vin, il fallait encore démontrer qu’il est un produit normal de la fermentation du sucre ; c’est ce que j’ai éU\,\\{Comptes rendus, t. XCVl,

p. i 368 ). Ce résultat a été contrôlé par M. Mehring et divers autres savants. J’ai également indiqué la présence de l’alcool araylique dans la bière. On peut toujours supposer que l’alcool amylique est un produit de désassimilation de la levure, mais en tous cas j’ai montré qu’il accompagne toujours l'acte de la fermentation.

Fermentation de la gélatine.

On sait que la putréfaction s’arrête principalement à cause de la production du carbonate d’ammoniaque fourni par l’azote delà matière organique ; je suis arrivé cependant à cultiver, sur une solution de gélatine à I ou 2 pour 100, un bacille de putréfaction et à rendre son évolution complète, en saturant au fur et à mesure par l’acide sulfurique, de façon à laisser toutefois en réaction alcaline. Cette fermentation, comme les décompositions opérées par M. Schûtzenberger, dédouble la gélatine en corps cristallisables. On observe, en effet, d’un côté une production importante d’acides gras volatils, jusqu’au terme valérique inclusivement, et de l’autre un résidu de bases ammoniacales fixes, mais formant des chloroplatinates cristallisés.

Appareils pour la distillation fractionnée.

Bullelin de la Société chimique, t. XVllI, p. 147. — Comptes rendus, l. LXXIX, p. 480.

En collaboration avec M. Henninger nous avons établi un appareil de laboratoire fonde sur le principe du barbotaae des vapeurs. Cet appareil, dont l’usage, à cette époque, s’est rapidement répandu, a rendu de réels services. Son côté faible est qu’il exige une construction très soignée, des plateaux en platine. J’emploie actuellement pour les températures n’excédant pas 120“ ou i 5 o°un serpentin analogue à celui de M. Scblœsing, dont j’ai supprimé le support fixe, de manière à pouvoir l’adapter librement sur les ballons distillatoires. Audessous de iSo" l’appareil à plateaux continue à avoir des avantages à cause de sa moindre surface.

Recherches sur la limite de distillation de l’alcool. i. LXXXVIU, p. 912.

Les chififres donnés par les Traités pour la limite que l’on peut atteindre dans la concentration de Talcool étaient 94 ou gS pour loo. Tai montré qu’elle dépasse 97.

J’ai aussi appliqué la distillation dans le vide avec la colonne, à la séparation des alcools amyliques et j’ai montré qu’on obtiendrait l’alcool inactif pur par des distillations suffisamment répétées. Cet alcool s’accumule dans les dernières parties.

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