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PATHOLO&IE EXPÉRIMENTALE ET BACTÉRIOLOGIE

En 1874, alors étudiant en médecine de première année, grâce au chef de laboratoire, mon éminent ami, le professeur Daslre, je pus entrer dans le laboratoire de Claude Bernard comme élève bénévole, chargé des fonctions du garçon de labo- ratoire qui n’existait pas ; grâce à cela, je fus autorisé à suivre l’enseignement du maître, ce merveilleux enseignement qu’assis à califourchon sur une chaise, il donnait à quelques élèves dans son pauvre laboratoire du Collège de France. C’est là où s’élaboraient ses découvertes, où se matérialisait et prenait un corps expérimental la pensée toute puissante du maître. Chacun apportait à ce travail son idée. J’eus l’honneur de voir, deux ou trois fois, un dispositif expérimental que j'avais proposé, accepté par Cl. Bernard.

En 1880, le professeur Bouchard voulut créer un labora- toire annexé à son cours de Pathologie et Thérapeutique géné- , raies. Je lui tus présenté par le professeur Daslre. 11 me fil l’honneur de me demander mon concours. Ce n’était pas chose facile. Tout était à créer et nous n’avions personne pour nous . guider. Petit à petit, à force de nous remuer,, nous arrivâmes, à créer de toutes pièces ce laboratoire, à constituer tout un outillage, toute une technique qui n’existaient pas auparavant. En dehors des laboratoires de Pasteur et de quelques em- . bryons de laboratoires privés, il n’y avait nulle part d’endroit où l’on pût faire de la bactériologie. Un peu plus lard, aidé par le regretté Charrin qui fut mon préparateur, nous pûmes apporter à notre maître, un actif concours. C’est de notre col-

laboralion à tous trois que datent de très nombreux travaux expérimentaux dont beaucoup ne furent pas publiés, telles les recherches sur le létanos, la morve, le charbon, la pneumonie, la fièvre typhoïde, l’érysipèle (dont nous avions fait la démonstration bactériologique complète, bien avant Fehleisen), la blennorragie, les produits microbiens solubles, les autoloxines, etc. Ces recherches précédèrent nos communications avec le professeur Bouchard et Charrin touchant l’isolement et la culture pure du microbe du pus bleu que Gessart avait découvert, celle sur le microbe des oreillons, celle surtout démontrant irréfutablement la reproduction de la morve au moyen de cultures pures du microbe isolé des tissus morveux. Ces diverses communications eurent assez de retentissement, surtout la dernière (Ac. de Médecine, 1882). C’est d’ailleurs de ce laboratoire que sortirent les grandes découvertes du professeur Bouchard et de Charrin sur les produits solubles d’origine organique ou microbienne. Sans citer nos autres publications avec Charrin et notre éminent maître le professeur Bouchard, je rappellerai ma thèse inaugurale sur les albuminuries transitoires (1883) dans laquelle je résumai le nombre considérable d’expériences que j’avais faites sur ce sujet.

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