‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 7 sur 9 · SUR L’ÉLECTROLYSE · texte numérisé non relu

SUR L’ÉLECTROLYSE

t. CVIII, p. 284; 1889.

La décomposition de l’eau par un courant énergique est accompagnée de phénomènes lumineux et calorifiques signalés, il y a plus de quarante ans, par MM. Fizeau et Foucault. En reprenant ces expériences avec une ma-

Une augmentation graduelle du courant nous a permis d’observer sur l’électrode négative successivement :

i° Le dégagement ordinaire d’hydrogène, en bulles serrées;

2 0 Une gaine lumineuse séparant le fil négatif du liquide et dans laquelle se dégage exclusivement l’hydrogène ;

B° Un déchirement de la gaine en bulles crépitantes.

Gaine lumineuse. — Le courant étant suffisant pour former la gaine, si l’on enfonce lentement le fil négatif, elle s’étale en pénétrant dans le liquide avec le fil, jusqu’à une certaine profondeur proportionnelle à l’énergie disponible. Plus bas, la gaine disparaît et le dégagement ordinaire par bulles recommeiice. Le passage de la gaine aux bulles est accompagné d’une sorte d’explosion. De même, si l’on supprime le courant, la gaine ne disparait pas immédiatement et un bruissement se produit quand le liquide arrive au contact du métal chaud. Il n’est pas douteux que la caléfaction contribue puissamment à l’entretien du phénomène.

Bulles crépitantes. — La gaine étant établie sur une certaine longueur,

si l’on fait croître progressivement la différence de potentiel entré les deux électrodes, le liquide s’élève autour de l’électrode négative, la gaine s’élargit et se déchire en grosses bulles avec une vive lumière et un bruit strident ; la partie immergée de l’électrode rougit et peut même fondre. A cette forme bruyante de l’électrolyse correspond une désagrégation superficielle de l’électrode négative : bientôt le liquide se charge d’une poudre noire, très lourde, que l’analyse par le vide au-dessus de 4oo° nous a montrée être un hydrure de platine correspondant à la formule IV H.

Page 1