Éloge d’Étienne Geoffroy Saint-Hilaire
Cet éloge a été inséré, avec quelques modifications, portant sur la forme plutôt que sur le fond, dans la Biographie univers elle Michaud.
Personne, je l’espère, ne se méprendra sur la nature du senliment qui me guide, en transcrivant ici une lettre que je garde très précieusement dans mes Archives, comme un souvenir qui m’est bien cher, comme un des témoignages d’estime et de sympathie auxquels je tiens le plus, et qui m’honorent au plus haut point.
Voici ce que m’écrivait la noble veuve d’E. Geoffroy Saint-Hilaire, la digne mère d’Isidore, après avoir tu le manuscrit de mon travail :
» À la lecture des belles pages que vous voulez bien nous communiquer, mes
eufants et moi éprouvons le même sentiment: la reconnaissance pour, celui qui vient
ainsi honorer une chère mémoire, pour celui dont le cœur et les hautes facultés,
Mais comment vous dire, Monsieur, l’émotion causée en nous par cette appréciation si élevée de tout ce qui a distingué M. Geoffroy. Vous faites connaître à tous son cœur, son génie, et, à nous, vous nous le rendez tel que nos plus tendres et pro¬
fonds souvenirs le voient encore, dans ce passé perdu à jamais. En vous exprimant
très vraie, combien je suis pénétrée, combien je suis heureuse de l’hommage rendu par vous à M. Geoffroy ; car la noblesse, la droiture de voire caractère, de votre âme,
Des Mémoires plus ou moins imputants sur Y Acclimatation, la Sériciculture et les Insectes nuisibles, ajoutés à ceux que j’ai publiés sur la Zoologie proprement dite, témoignent que je n’ai pas négligé les applications de cette science au bien-être de
Cheval, est Y équivalent des deux grands doigts du porc et des Bisulques.
Quant à Y Anatomie et à la Physiologie comparées , je citerai ma Thèse de médecine sur les analogies qui existent entre le sang, le lait et le contenu de l'œuf et de la graine
amené à établir l’adage :
‘ Mes Recherches sur le lait, couronnées par l’Académie royale de Médecine de Belgique, et mentionnées très honorablèment par M. Longet, dans sa Physiologie ’, .
Mes observations, confirmatives de celles de M. Natalis Guillot, sur le Développement des dents et des mâchoires ; sur la graisse d’Éléphant; sur la résistance vitale de certains Mollusques d la congélation ; sur Y Hyper métamorphose des OEstrides ; mes expériences sur moi-même, au moyen des inhalations èthèrées, etc. ;
Enfin, mes Recherches sur l'origine, le développement et la fructification de la levure de bière, recherches qui se rattachent tout naturellement à la fameuse question des
sorte d tco ment à M.
spontanée,
que résolue par nos adversaires. Nous croyons même, avec M., Pouchet, le défenseur si honnête, si courageux, si convaincu et, par cela même, parfois si éloquent de Y Hétérogénie, que le triomphe de cette doctrine, posée à tort comme un épouvantail, ne saurait être longtemps douteux. Il sera dû très probablement aux physiologistes, et non pas aux chimistes, qui n’ont rien, ou du moins très peu de chose à yoir sur le domaine de l’Embryogénie. Or, la question dont il s’agit est essentiel' lement et avant tout une question d'Embryogénie.
Nous mentionnerons encore nos Recherches historiques, zoologiques, anatomiques et paléontologiques sur la Girafe, objet d’un Rapport très favorable fait à l’Institut par M. Is. Geoffroy Saint-Hilaire ; nos Éludes sur la Caridina Desmarestii, qui nous ont donné l’occasion de prouver, contre l’assertion de presque tous les zoologistes de cette époque (1843), la réalité des métamorphoses chez les Crustacés décapodes ; nos expériences peur démontrer la non-existence d’une circulation pér.trachéenne chez les
tri on physiologique
par les vers à soie que l’on nourrit avec des feuilles saupoudrées d'indigo, de garance ou de chica;
Les résultats que nous avons obtenus en mêlant de la garance aux aliments d’un Chien, dont, non-seulement les os, mais encore les dents elles-mêmes, et, dans ces dents, Y émail, offrent une teinté rose très-prononcée. Des poules, soumises à ce régime, nous ont donné des œufs légèrement teintés en rouge , soit à l’extérieur, soit à l’intérieur (■ vitellus et albumen), et nous ont montré cette même teinte beaucoup plus prononcée sur les membranes muqueuses du jabot, du gésier, de Foviducte, etc., résultats en tout opposés à ceux qu’avait d’abord annoncés un illustre physiologiste contem •
à l’opinion de MM. Audouin et Payen, que ce petit Crustacé ne contribue en rien à la rubéfaction des marais salants méditerranéens, rubéfaction qui doit être attribuée, non pas à des végétaux d’un ordre inférieur ( Protococcus et Hœmatococcus salinus), ainsi que l’ont avancé MM. Dunal ct Turpin, mais bien à d’innombrables infusoires, auxquels nous avons donné le nom de Monas Dunalii ;
Enfin, nos expériences sur les mouvements du Camphre, expériences qui nous ont
en physique et en physiologie, par l’illustre auteur de la découverte de l’Endosmose.
Nous ferons valoir, comme un de nos titres les plus sérieux,, nos Contributions (Beitrag, comme disent les Allemands), à ia Tératologie, c’est-à -dire à l’établissement de sept genres nouveaux, tous approuvés par M. Is. Geoffroy Saint-Hilaire. La
jeter un nouveau joui* sur le système digital, encore si mal compris, des Equidés;
Un veau Anencéphale anoure, seul exemple authentique, croyons-nous, de cette monstruosité chez les animaux ;
Enfin, un Nosencéphale humain, adhérent par la face à son placenta, cas des plus rares et des plus précieux tout à la fois pour l’explication des anomalies dues réel-
NoUs ne parlerons pas de nos travaux én Botanique, puisque nous n’avons guère
»nts précieux, qui rendent
temporalité de l'homme avec certaines espèces éteintes , contemporanéité déjà si bien établie, ce nous semble, par les remarquables travaux de MM. Boucher de Perthes, Lyell, Prestwich, Falconer, et tout récemment encore par M. Noulet, notre savant confrère,, et surtout par notre éminent paléontologiste, M. Lartet. .
Nous ne saurions complètement passer sous silence les Eloges ou articles biographiques que nous avons publié,s.sur Dugès, Esquirol, Gleizes, Sennefelder, Etienne
comme une des actions importantes de notre vie, et nous les avons consacrés au développement de quelque vérité utile ou qui nous a semblé avoir ce caractère, ,, ii ,
, Tel est le bilan de mes travaux scientifiques. Puisse-t-il être jugé suffisant pqur. me donner quelques droits légitimes au glorieux, mais, hélas ! trop précoce héritage auquel j’ose aspirer en ce moment. Elève des deux Geoffroy Saint-Hilaire, imbu de leurs vastes et magnifiques doctrines, désignées r la famille elle-même pour raconter
devoir en m’inscrivant au nombre des compétiteurs qui se présentent pour succéder à l’auteui* de,l 'Histoire naturelle générale des w$organi&w> soit à l’Institut, où
précieuse compensation, la pensée que je suis demeuré fidèle à la maxime que j’ai choisie poui^ épigraphe et pour guide. Je serai amplement dédommagé par l’espé- . rance, pour moi bien douce, que, à défaut d’un plus grand théâtre, je pourrai continuer à enseigner, à Toulouse, devant un auditoire choisi, nombreux et sympathique, des doctrines qui me sont chères et qui sont ici admirablement comprises et