XLVI. — Contributions à l'étude des venins
(Soc. de biologie, 1865; Preeeion, p. 9S1.)
Application des méthodes d'analyse physiologique à l’étude de l’action élémentaire de certains venins.
L’activité des venins persiste après la dessiccation, le séjour dans l’alcool concentré, l’action de l’oxygène à haute tension.
A. Venin de Scorpion. — Est un poison du système nerveux. Parait agir spécialement, d’une part, sur l’extrémité périphérique des nerfs moteurs, comme le curare; d’autre part, sur l’excito-motricité de la moelle, qu’il exalte, comme la strychnine. Ces expériences ont été faites avec du venin desséché.
B. Venin d'abeille xylocope. — Est acide, doit son acidité à un acide fixe et paraît contenir, en outre, une base organique.
Ce venin n’agit pas directement sur le système musculaire ni sur le système nerveux. Il parait être un poison du sang; les poumons s’engorgent.
Mes expériences m'ont amené à penser qu’il peut se faire une accoutumance à l’action des venins. Ce serait la meilleure explication des pratiques des psylles.
XLVII. — Sur la résistance des mammifères nouveau-nés d taction de certains poisons.
Il faut, pour tuer avec de la strychnine un chien âgé de trois ou quatre jours, nviron dix fois plus de poison (eu égard à son poids) que pour un chien adulte ;
encore ne peut-on jamais obtenir une mort subite. Mais, chose curieuse, les convulsions arrivent avec des doses identiques (toujours relativement au poids) chez l’adulte et le nouveau-né ; seulement elles ne tuent pas celui-ci.' Mêmes phénomènes pour la digitaline.
Applications à la thérapeutique des enfants nouveau-nés.
XLVIII. — Sur t action élémentmre des anesthésiçues (éther et chloroforme), et sur la période dite Æexcitation qui accompagne leur administration.
La période d’agitation qui accompagne l’administratiou de ces substances ne tient pas à une surexcitation directe des centres nerveux ; mais chez les lapins, à l’effet irritant sur les muqueuses faciales, et peut-être encore chez les animaux plus intelligents, et chez l’homme, à l’effet de sensations perverties.
L’analyse physiologique montre que, quand on les administre par le poumon, les anesthésiques portent dans la moelle épinière leur action seulement sur la réceptivité sensitive, en respectant l’excito-motricité.
XLIX. — Sur l'emploi du protoxyde (tazote comme anesthésique à action prolongée.
(Soc. Ile biologie, 1878.)
Le protoxyde d’azote n’a été employé jusqu’ici que pour obtenir des anesthésies de peu de durée; cela tient à ce que, pour arriver à l’insensibilité, il faut employer le gaz pur, ce qui amène rapidement des menaces d’asphyxie.
J’ai tourné la difficulté en employant, sous la pression d’un quart d’atmosphère, un mélange de trois quarts de protoxyde d’azote et d’un quart d’oxygène : la tension du gaz reste la même et l’asphyxie est évitée.
Dans ces conditions, j’ai pu maintenir des chiens pendant près d’une heure dans un état d’insensibilité complète, qui se dissipait en quelques secondes lorsqu’on revenait à l’air pur.
Pendant tout ce temps, la circulation et ia respiration conservaient leurs rhythmes réguliers, et le système nerveux sympathique échappait tout entier à l’action anesthésique qui dominait le système cérébro-spinal.
Le protoxyde d’azote parait donc présenter des conditions d’innocuité inflniment supérieures à celles des carbures d’hydrogène.
L. —Différences présentées par f asphyxie dans t acide carbonique et dans l'azote par des mammifères nouveau-nés.
(Soc. philomathigue, iS6i.)
Dans l’azote et l’hydrogène, la mort est beaucoup plus lente à survenir que dans l’acide carbonique; ce dernier gaz possède donc une véritable action toxique, fait très-important pour la théorie de la respiration et de l’asphyxie, etsur lequel on avait beaucoup discuté.
L bis. — Action de l’acide carbonique dissous sur les poissons.
lis vivent indéfiniment dans l’eau conleuant 20 pour 100 d’acide carbonique dissous. Us meurent rapidement à 40 pour 100.
(Aad. des scimees, 1873; Soc. de Siolojie. 1874; Pression, p. 98Î-1019.)
Cette étude, très-détaillée, se résume dans les conclusions suivantes :
A. Quand un animal respire on vase clos, soit dans l’air comprimé, soit à la pression normale, mais dans un air suroxygéné, en telle sorte que l’oxygène ne lui fasse jamais défaut, la tension croissante de l’acide carbonique dans l’air maintient une proportion croissante du même gaz dans le sang, eu sorte que l’acide carbonique produit dans la profondeur des tissus reste dans ces tissus. Chez les chiens, le sang arrive à contenir de 110 à 120 volumes d’acide carbonique pour 100 volumes de sang, chiffres voisins de la saturation.
B. 11 résulte de cette accumulation un ralentissement progressif des oxydations intra-organiques; d’où, comme conséquence, un abaissement considérable de la température du corps.
C. Le système nerveux central, dans cette action générale' sur l’organisme, manifeste le premier qu’il est atteint, par la perte des transmissions réflexes' d’abord aux membres, puis à l’œil, puis enfin au centre respiratoire; d’où résulte
D. Aucune agitation, ancnii mouvement convulsif ne précèdent la mort.
Le cœur, tout en ralentissant ses battements, conserve très-longtemps toute sa force et demeure Xultirmn moriens.
Ces deux faits ruinent définitivement les théories qui faisaient de l’acide carbonique, l’une un poison convulsivant, l’autre un poison du cœur.
E. L’anesthésie produite par l’acide carbonique parait mériter d’attirer de nouveau l’altention des chirugiens; elle est complète à un moment où il s’en faut de beaucoup que la vie de l’animal soit en danger. Il faut C6|)endant tenir compte de l’abaissement de la température et des curieuses convulsions de retour.
E. La vie végétale, la germination, le développement des moisissures, la putréfaction sont ralentis, suspendus, arrêtés définitivement par l’acide carbonique sous une tension suffisante,
(1. Ainsi, l’acide carbonique est un poison universel, qui tue les animaux et les végétaux aériens ou aquatiques, de grande taille ou microscopiques ; qui tue les éléments anatomiques isolés ou groupés en tissus. Et tout cela n’a rien d’étonnant, pnisqu’il est le produit d’excrétion universelle de toutes les cellules vivantes; sa présence dans le milieu ambiant empêche cette excrétion, et arrête par conséquent, en y opposant un obstacle terminal, toute la série des transformations chimiques constituantes de la vie, qui commencent par l’absorption d’oxygène, et finissent par le rejet de l’acide carbonique.
Ll — M émoiremr l’action physiologique de tacide phénique.
L’acide phénique {injecté dans l'estomac en dissolution au 30’), à dose mortelle (3 ou 4 grammes pour des chiens de moyenne taille), donne des convulsions avec des trépidations singulières qui sont dues à une excitation des cellules sensibles de la moelle épinière; elles disparaissent en effet parla section des nerfs moteurs et par l’emploi du chloroforme.
La mort est la conséquence de cette excitation exagérée ; elle a pour mécanisme prochain une diminution des mouvements respiratoires et de la pression cardiaque, qui tombe è 2 et 3 centimètres.
A dose plus forte (6 à 7 grammes), l’acide phénique tue subitement sans convulsions, par arrêt des ventricules du cœur; le sang est rouge dans les cavités gauches.
A la dose limite (2 à 3 grammes), les animaux, après des convulsions qui durent trois à quatre heures, reviennent à eux et reprennent les apparences de la santé parfaite; mais fréquemment, au bout de quelques jours, surviennent des pneumonies et des kérato-conjonctivites ; l’œil se vide et l’animal meurt.
Les doses faibles (1 gramme) peuvent être sans aucun inconvénient administrées pendant plusieurs mois.
Il se fait une aocoulumaiice manifeste à l’action de l’acide phénique, mais cette accoutumance ne permet pas de dépasser beaucoup la dose morlelle; nous n’avons pu aller chez les chiens au delà de 6 à 7 grammes.
L1 te. — Sur la prétendue guérison du charbon par tacide phénique.
{Soc. de biologie, 1870.)
Expériences faites en 1865. On ne peut guérir un animal du charbon en lui donnant l’acide phénique à doses élevées, alors même qu’on l’administre avant l’inoculation du virus.
LI ter. — Action de t acide phénique sur divers alcaloïdes en dissolution.
{Soc.phikrnathiqm.im-.Ssc. * biologie. 1865.)
L’agitation d’une solution aqueuse de curare, de strychnine, de digitaline ou de codéine avec quelques gouttes d’acide phénique suffit pour mettre toute la matière toxique sous forme d’une espèce d’émulsion, ce qui permet de la séparer à l’aide du filtre.
Cet etfet a même lieu dans le sang en putréfaction. Application à la médecine légale.
LU.— Sur la persistance des actes réflexes du nerf sympathique pendant lempoisonnement par le curare.
(Arch.dephgmlogie.mil.)
On peut sur un animal bien immobilisé par le poison, et chez qui la respiration artificielle est entretenue, obtenir pendant des heures la dilatation de la pupille, la projection de l’œil en dehors, la contraction des vaisseaux de l’intestin, l’augmentation de la tension artérielle, enfin, fait non signalé jusqu’ici, la contraction de la vessie urinaire, lorsqu’on excite un nerf quelconque de sensibilité.
LUI. — Action de loxyde de carbone sur la respiration musculaire et la contractilité.
^ A. La pré^nce (15 p. 100) d’oxyde de carbone dans l’air ne modifie pas l’absorption d’oxygène par des fragments de muscles qu’on y tient plongés.
B. La contractilité musculaire ne paraît pas diminuée par le séjour dans
l’oxyde de carbone pur, à la pression normale (muscles de grenouilles séparés du corps).
C. Sous la tension de trois ou quatre atmosphères, l’oxyde de carbone pur supprime rapidement la contractilité (muscles de grenouilles séparés du corps).
Gr. — Physiologie comparée.
LIV; — Sur les fonctions du peigne des oiseaux.
Cet organe vient, grâce à de légers mouvements du globe oculaire, se placer comme un écran entre le fond de l’œil et une lumière trop vive.
LV. — Sur le mécanisme et les causes des changements de couleur chez le Caméléon.
{Aad. des sciences, 1875; Soc. de biologie, 1874-1875.)
De l’ensemble des faits contenus dans ce mémoire, on peut tirer les conclusions suivantes :
A. Les couleurs et les tons divers que prennent les Caméléons sont dus au changement de lieu des corpuscules colorés, qui, suivant qu’ils s’enfoncent sous le derme, qu’ils forment un fond opaque sous la couche cérulescente, ou qu’ils s’étalent en ramifications superficielles, laissent à ta peau sa couleur jaune, ou lui donnent les couleurs verte et noire.
B. Les mouvements de ces corpuscules sont commandés par deux ordres de nerfs, dont les uns les font cheminer de la profondeur à la surface, les autres produisent l’effet inverse. Dans l’état d’excitation maximum des deux ordres de nerfs à la fois, ces corpuscules se cachent sous le derme ; il en est de même dans l’état de repos complet (sommeil, anesthésie, mort).
C. Les nerfs qui font refluer les corpuscules sous le derme ont les plus grandes analogies avec les nerfs vaso-constricteurs.
Comme eux, en effet, ils suivent les nerfs mixtes des membres et le grand sympathique du COU) comme eux, ils ne s’entre-croisent point dans la moelle épinière; comme eux, ils ont, pour la tête, leur origine au commencement de la région dorsale ; comme eux, ils possèdent un centre réflexe très-puissant dans la moelle allon-
gée, la moelle épinière tout entière étant un autre centre beaucoup moins énergique; comme eux, ils sont respectés par le curare et empoisonnés par l’ésérine.
D. Les nerfs qui amènent les corpuscules vers la surface sont comparables aux nerfs vaso-dilatateurs ; mais, si l’on est forcé d’admettre leur existence, il est difficile de dire quelque chose de bien net sur leur distribution anatomique et leurs rapports avec les centres nerveux ; très-probablement ils traversent des cellules nerveuses avant de se rendre aux corps colorateurs.
E. Chaque hémisphère cérébral commande, par l’intermédiaire des centres réflexes, aux nerfs colorateurs des deux côtés du corps; mais il agit principalement sur les nerfs analogues aux vaso-constricteurs de son côté et sur les nerfs analogues aux vaso-dilatateurs du côté opposé.
Dans l’état régulier des choses, chaque hémisphère entre en jeu (en outre des excitations venant par la sensibilité générale) sous l’influences des excitations venant par l’oeil du côté opposé.
F. Les rayons lumineux appartenant à la région bleu-violet du spectre agissent directement sur la matière contractile des corpuscules, pour les faire mouvoir et s’approcher de la surface de la peau.
Je me crois autorisé à exprimer l’espoir que ces recherches finiront par jeter quelque jour sur l’histoire si peu connue des nerfs vaso-dilatateurs ; elles me serviront également de point de départ pour étudier l’action que la lumière doit exercer sur la substance contractile dans d’autres circonstances, et particulièrement sur les capillaires sanguins de la peau de l’homme.
LV bis. — Sur le mécanisme de la projection delà langue chez le Caméléon.
(Soe. * bklagie, 1871.)
Solution expérimentale d’un petit problème qui a beaucoup occupé les anato- LVI. — Bespiration cutanée des batraciens dans l'eau.
• Démonstration directe de la consommation de l’oxygène de l’air dissous dans l’eau, par des grenouilles qui y ont été immergées.
LVIl. — Sur le développement des œufs de grenouille à tair libre, sans eau.
A l’air libre, les œufs de grenouille se développent beaucoup plus vite que quand ils sont submergés.
LVIII. — Sur la respiration des jeunes hippocampes dans tœuf.
Les œuls, au nombre de 300 environ, sont renfermés dans une poche qui ne présente qu’une très-petite ouverture. Ils sont serrés les uns contre les autres, et enveloppés chacun par une alvéole très-vasculaire. Ils respirent jà, très-probablement, aux dépens du sang paternel (c’est, en effet, le père qui est ainsi en état d’incubation). '
LIX. — Note sur quelques points de la physiologie de la lamproie marine.
La respiralion se fait toujours par les trous branchiaux. La digestion des matières grasses a lieu par émulsion. Dans l’arc veineux hépato-néphrétique (Gratiolet), le sang va des reins au foie, etc.
Observations et ex
C’est un fait très-remarquable que l’eau douce ayant complètement aboli la contractilité musculaire, celle-ci reparaît après une immersion de quelques heures dans
LXl. — Sur la locomotion chez plusieurs espèces animales,
Observations et expériences sur le rhythnie de la marche chez divers mammifères, sur l’ablation des rectrices ou des différentes rémiges chez les oiseaux, sur le rôle de leurs sacs pulmonaires ; sur celui des nageoires chez les poissons ; sur le rhythme de la marche chez plusieurs insectes et le rôle de leurs différenles paires de pattes ou d’ailes; sur la locomotion des céphalopodes.
LXII. — Reproduction des parties enlevées chez certains animaux.
Constatation de quelques faits nouveaux ou peu connus sur la reproduction des
nageoires des poissons, des membres de crustacés et de larves d’insectes, de la tête et la queue des annélides. Chez ces derniers animaux, M. de Quatrefages {Hist. mt. des annélides, t, I) n’a constaté qu’une seule fois ce phénomène. Dans ma note sont indiquées, chez une même espèce [Diopatra gallica), la reprodnetion de la tête et celle delaquene.
Chez les annélides, comme chez les larves d’insectes et les crustacés, la reproduction des parties se fait suivant les lois du développemént embryonnaire normal.
LXIII. — Mémoire sur la physiologie de la sèche l^Sepia officinalis, Linn.).
Nos connaissances sont maintenant assez avancées en ce qui concerne l’anatomie des mollusques, et notamment des céphalopodes; mais leur physiologie, à l’exception desfaitsquise déd uisent de l’inspection anatomique des parties, nous était complètement inconnue. Je me suis proposé de remplir cette lacune, et j’espérais n’abandonner le sujet que lorsque la physiologie de la sèche, que j’ai prise pour exemple, serait aussi bien connue que celle de la grenouille.
Mon départ de Bordeaux m’a empêché d’aller aussi loin ; j’ai cependant constaté un assez grand nombre de faits nouveaux.
Digestion. — Les deux bras dits à tort tentaculaires, que la sèche porte toujours enroulés dans des poches, sur les côtés de la tête, servent a la préhension de la proie et ne se déroulent qu’à ce moment.
Les glandes salivaires produisent un liquide acide. Le premier estomac est un simple gésier à parois épaisses, qui ne sécrke aucun liquide, et dans lequel cependant se fait la digestion, grâce aux sucs acides qu’y versent et les glandes salivaires et le cæcum spiral. Les aliments ne s’engagent jamais dans celui-ci, qui n’est donc qu’un réservoir sécréteur.
Le tissu du foie est fortement acide, sur le vivant même. Il contient, en outre, beaucoup de sucre.
I.’intestin, d’un bout à l’autre, présente une réaction acide.
Circulation. — Les veines caves, les veines efférentes branchiales, les cœurs veineux et artériels avec leurs oreillettes, sont spontanément contractiles et peuvent être excités: les artères aortiques et branchiales ne sont contractiles ni spontanément ni à l’excitation. Les mouvements vermiculaires des veines caves et branchiales sont aidés par l’action de la peau qui les recouvre.
Les deux cœurs veineux battent ensemble, environ 40 fois par minute; le cœur aortique bat dans les intervalles.
La communication entre les artères et les veines se
fait, dans la peau, dans les
membranes de Vos et jusque sur les parois des grands sinus vasculaires, par un réseau capillaire dont les ramifications ultimes ont environ 0"", -15 de diamètre.
Sary. — Le sang est bianc, légèrement bleuâtre, surtout dans les veines branchiales; au contact do l’air, il prend une belle teinte bleu de ciel. Ce changemen de couleur est dû au sérum, qui est donc, au contraire de ce qui se passe chez les vertébrés, le siège de l’absorption oxygénée respiratoire. Ce sang donne spontanément un très-petit caillot plus lourd que le sérum ; il se coagule en niasse par la chaleur ou les acides. Après la coagulation par l’ébullition, il conserve sa teinte bleue, lorsqu’il a été au préalable exposé à l’air. Sa densité est environ '1010 ; il contient ; eau, 891 ; matières .solides, 109, daus lesquelles : fibrine et globules, 3 à 4 ; albumine, 31. On n’y trouve pas de plasmine.
Urine. — Chez tous les animaux, j’ai rencontré dans les sacs urinaires des agglomérations de cristaux donnant le murexide par les réactifs ordinaires. L’urinefiltrée est acide : l’ébullition y détermine un léger trouble. Je n’ai pu y trouver d’urée.
Liquides de tœil. — Le liquide de la chambre antérieure est filant comme du blanc d’œuf ; cependant il ne se trouble ni par la chaleur, ni par les acides : il laisse 41 pour 1000 de matières solides, qui ne sont presque que des sels.
L’humeur vitrée n’est point filante; elle ne contient pas non plus de matières coagulables, elle lais.se 37 pour 1000 de matières solides semblables à celles du liquide de la chambre antérieure.
Gaz de l'os. — L’os frais contient des gaz qui recueillis sous l’eau ne m’ont donné que des traces d’acide carbonique; le phosphore y absorbe 2 à 3 pour 100 d’oxygène ; le reste est de l'azote.
Articulation du sac locomotetir et de t entonnoir. — L’adhérence des boutons cartilagineux du sac avec les boutonnières de l’entonnoir est due exclusivement à la pression atmosphérique; une piqûre d’épingle suffit à la détruire. De petites fibres musculaires font le même effet, en abaissant énergiquement la petite saillie du sac.
VefttoüS'cs. — Chaque ventouse possède deux muscles : un longitudinal, qui aspire ; un circulaire et marginal, qui fait détacher la cupule.
Contractilité. — Les muscles de la peau extérieure et intérieure au sac, Ceux des chromatophores, les muscles des bras, de l’entonnoir, des branchies, de la poche du noir, du pénis, du sac locomoteur, se contractent à la façon des muscles striés des vertébrés. Au contraire, les muscles du tube digestif, des glandes rénales, de la glande dite pancréatique, présentent des contractions qui ne suivent pas immédiatement l’excitation, et persistent avec propagation vermiculaire.
Los muscles du sac locomoteur ne changent pas de volume pendant la contraction.
Innervation. — Des courants électriques qui sont incapables d’agir directement
sur un muscle le font contracter énergiquement quand ils sont portés sur son nert.
Les nerfs issus des ganglions sous-œsophagiens et palléaux paraissent tout à la fois sensitifs et moteurs. La motricité nerveuse, sur l’animal qui se meurt, se perd du centre à la périphérie.
Les nerfs qui longent la grande veine pour se rendre au cœur artériel et aux cœurs branchiaux arrêtent en diastole ces organes pendant une forte excitation galvanique.
Le ganglion sus-œsophagien est insensible, et son excitation ne produit aucun mouvement. Son ablation totale ne trouble en rien ni les mouvements respiratoires, ni les mouvements de locomotion ; l’animal reste sensible, se meut quand on l’excite, et défend même avec ses bras l’endroit lésé. Mais il a évidemment perdu toute spontanéité et ne manifeste plus nulle intelligence.
La partie antérieure du ganglion sous-œsophagien (ganglion en patte d’oie) est le centre principal de l’accommodation des mouvements des bras à des usages d’ensemble. Les petits ganglions situés à la base de chaque bras et reliés par un nerf circulaire sont aussi les centres d’actions réflexes d’un bras sur un autre; enfin, les nerfs de chaque bras, qui contiennent des cellules nerveuses, sont le lieu d’actions réflexes bornées à ce bras.
Le ganglion sous-œsophagien est sensible et excitable; sa partie postérieure est le centre des mouvements respiratoires; elle enlevée, ces mouvements s’arrêtent aussitôt. L’excitation d’un des nerfs palléaux a pour conséquence, grâce à l’action réflexe sur cette moitié du ganglion, un mouvement dans la branchie, la nageoire et le muscle du sac du côté opposé.
Je n’ai jamais pu obtenir d’actions réflexes dans les gros ganglions étoilés; mais ils jouent le rôle de centres de renforcement. Un courant électrique très-faible, qui ne donne aucune contraction quand on le porte sur le nerf palléal, fait agir le manteau quand on le porte sur le ganglion étoilé. Lorsque l’animal est mort, on peut obtenir des mouvements en excitant le ganglion étoilé bien après que le nerf palléal est devenu inexcitable.
Mort. — Dans la mort par simple exposition à l’air, l’action volontaire disparaît la première ; les fonctions réflexes des centres ne durent guère qu’un quart d’heure ; puis disparaît en une demi-heure la motricité nerveuse, avec conservation, pendant quelques minutes, dans les ganglions étoilés. Les cœurs battent pendant deux heures environ; enfin la contractilité dure de trois à quatre heures, se perdant d’abord aux viscères, et en dernier lieu â la peau. Les cellules chromatophores se meuvent pendant une vingtaine d’heures (température de 20 à 24 degrés).
h^phosphorescmce ne survient que de trente-six à quarante-huit heures après la mort, à moins d’orage; elle n’a lieu que pour la peau, les muscles, les cartilages, la sclérotique, tandis que la peau qui recouvre les viscères, les centres nerveux, les
branchies, le foie, le testicule, l’intestin, le cristallin, exposés à l’air, ne deviennent jamais phosphorescents.
Mort-par la chaleur. — Les sèches naissantes périssent par l’immersion durant deux minutes dans l’ean de 38 à 39 degrés. Elles sont encore contractiles, et leurs chromatophores sont très-excitables. Sur une sèche adulte, il est facile de voir que la chaleur abolit successivement l’action des centres nerveux, les battements du cœur, la motricité nerveuse, puis la contractilité musculaire. Le muscle prend alors une réaction acide. Le sang bleuit encore à l’air.
Mort par teau douce. —Immergée dans l’eau douce, une sèche s’agite violemment et meurt en dix minutes environ. Les chromatophores sont immobilisés en diastole, les muscles de la peau raidis, les cœurs branchiaux arrêtés ; mais les muscles du sac et leurs nerfs sont à peu près intacts.
Poisons. —'La strychine et le curare agissent sur les sèches de la même manière que sur les vertébrés. Seulement il faut, pour les tuer, une dose énorme de curare, tandis qu’elles sont extrêmement sensibles à l’action de la strychnine.
LXIV. — Sur la prétendue action des crochets des ailes des papillons nocturnes.
(Soc. de biologie, 1876.
Ce ne sont pas eux qui, comme on l’enseigne, empêchent le relèvement des ailes des papillons nocturnes. Le mécanisme est bien plus complexe.