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Décret du 30 septembre

du 30 septembre 1884 réorganisant le Comité d'hygiène et mettant dans ses attributions « le régime des eaux an point de vue de la salubrité ».) Circulaire réglant le mode d’application de cette nouvelle attribution

S. — Rapport sommaire sur la pollution des eaux potables.

(Académie de médecine, 28 octobre 1884.)

Quand l’épidémie de choléra asiatique éclata à Toulon et à Marseille en juin 1884, il y avait huit jours que j’avais été nommé président du Comité consultatif d’hygiène. Le mode d’invasion de cette épidémie était très obscur et MM. Proust, Rochard et moi, envoyés à Toulon, n’avions aucun moyen pour enrayer la marche de la maladie.

Nous savions que, en 1866, dans une très remarquable instruction à propos du choléra, le D r Simon, au nom des lords du conseil privé de la Grande-Bretagne, disait : « Ce sont les déjections des malades qui sont les porteurs du principe contagieux. Si ces matières non désorganisées parviennent jusqu’aux sources et aux réservoirs d’eau, elles peuvent en empoisonner des volumes considérables. »

La marche de la maladie à Toulon m’avait paru être en rapport avec ce mode de propagation, les cas étaient disséminés dans toute la ville, et il n’y avait entre les différents malades qu’une condition de vie commune, l’eau.

Des circonstances spéciales ne nous permirent pas alors de faire la preuve de l’origine hydrique de l’épidémie à Toulon et à Marseille.

Mais dès notre retour à Paris, dans l’Instruction concernant les mesures à prendre en temps de choléra, nous indiquions le danger de faire usage d'une eau suspecte, et nous recommandions de boire de l’eau bouillie, ou des infusions faites avec de l’eau bouillante.

Le 15 juillet, je soumettais ces recommandations à l’Académie de médecine. Mais après avoir indiqué, dans le rapport, l’importance du rôle de l’eau, je ne pus la faire figurer dans les prescriptions que je soumettais au vote de l’Académie. Elle n’aurait été que bien difficilement acceptée et il fallait, devant l’émotion provoquée par cette invasion, éviter toute apparence de discussion.

En effet, si on veut savoir quelle était alors l’opinion régnante, on peut lire, dans le Bulletin de VAcadémie, de cette séance (15 juillet), un discours de M. Léon Colin. « Peut-on admettre un autre répartiteur de cette maladie que l’atmosphère ? Les faits dans lesquels on aurait bu de l’eau souillée par des déjections cholériques sont si rares qu’ils ne pourraient rendre compte que de l’infime minorité des cas de propagation de cette maladie. »

M. Peter rejetait l’influence de l’eau comme agent de propagation de la maladie, d’une façon plus absolue encore [Acad, de méd., 19 août 1884); M. Bouehardat protestait également contre ce rôle de l’eau (26 août 1884) ; M. Hardy était encore plus radical : « Il faut rejeter absolument la propagation du choléra par les eaux. » (9 décembre 1884.)

Mais dès le 26 août 1884, sans entrer dans la discussion des opinions, je faisais voter, avec M. Marey, des conclusions demandant que les projets d’alimentation des villes et des villages fussent soumis au Comité d'hygiène, et le 2 septembre, sur notre proposition, qu’une enquête administrative précisât les diverses causes démontrées ou présumées de l’apparition des épidémies cholériques antérieures dans les diverses localités.

Dans cette séance, l’Académie s’était prononcée : elle avait déclaré que les eaux livrées à la consommation devaient être à l’abri de toute souillure.

Conformément à. ce vœu, sur ma demande, M. Hérisson, ministre du commerce, fit rendre un décret (1) par lequel le « régime des eaux, au point de vue de la salubrité, rentrait dans les attributions du Comité d’hygiène ». Depuis cette époque le Comité a eu h étudier 555 projets d’.amenée d’eau pour les villes et les villages.

Le 29 octobre 1885, M. Rouvier, alors ministre du commerce, réglait, par une circulaire, le mode d’application de cette nouvelle attribution.

Le 28 octobre, à l’occasion d’une note lue par M. Daremberg, sur la question des eaux de Paris, je rédigeai, au nom de MM. Bouley et

Bochard (1), un rapport se terminant par les deux conclusions suivantes, qui furent votées par l’Académie :

« 1° L’eau qui sert à l’alimentation doit être exempte de toute souillure, quelle qu’en soit la provenance;

» 2° La contamination de l’eau par les matières fécales humaines est particulièrement dangereuse ; toute projection de cette nature, quelle qu'en soit la quantité dans les eaux de source, de rivière ou de fleuve, doit être absolument et immédiatement interdite. »

Pour se conformer au vœu émis par l’Académie, MM. Marey, Proust et moi rédigeâmes un questionnaire qui fut envoyé à tous les médecins des localités qui avaient été envahies par le choléra. La question de la pollution des eaux d’alimentation était spécialement visée. L’Académie reçut 183 réponses. M. Marey, chargé du rapport, conclut au rôle prédominant des eaux polluées.

Les conclusions du rapport de M. Marey ne furent même pas discutées : les adversaires, si ardents au début, étaient sans doute ébranlés dans leurs convictions; M. Léon Colin s’était franchement rallié.

La preuve expérimentale de la valeur de ces conclusions fut fournie parM. le D'Charrin. Dans l’hiver de 1886, le choléra sévissait en Bretagne : au Guilvinec il y avait eu 70 morts sur 1500 habitants. Envoyé en mission sur ma demande, avec les instructions du Comité de direction, il lui suffit de faire fermer les puits pour arrêter l’épidémie.

La preuve était faite pour les hygiénistes français, mais notre doctrine n’était pas admise à l’étranger. En 1887, MM. Proust, Ballet et moi, nous allttmes au Congrès de Vienne. Dans deux rapports sur l’inflüence de l’eau sur la propagation des maladies infectieuses, les professeurs Ferdinand Ilueppe et Max Gruber, élèves de Pettenkofer, mettaient cette influence en doute et Max Gruber concluait en disant : « Il n’y a pas de preuve d’infection cholérique par l’eau potable ».

La discussion fut vive ; aucune

conclusion ne fut

ment du Congrès ne le permettait pas. Mais l’école allemande resta inébranlable.

Depuis lors, elle est revenue presque partout et la doctrine que nous avons exposée est universellement acceptée.

B. — Fièvre typhoïde.

1. — Enquête sur une épidémie de fièvre typhoïde à Pierrefonds,

en 1886.

(Am laies d'hygiène, 1887.)

2. — Enquête sur les causes de Vépidémie de fièvre typhoïde qui

a régné à Clermont-Ferrand en 1886.

(Par P. Brouardel et Chantemesse, Annales d'hygiène, 1887.)

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